Paul Buessard, Le poëme philodéonique
“ Ah! pitié qu'un orgueil Qui ne fait point un pas sans trouver un écueil ! Ce corps si beau, si fier des ressorts qui l'animent N'est qu'une machine à douleurs Qu'un peu d'air, que des riens dérangent et suppriment, Dont chaque organe souffre et s'use dans les pleurs. Notre cœur àussi qu'est-ce? Une plaie ulcérée Par les griffes du mal chaque jour lacérée, Et mon œil, pénétrant dans ce dédale affreux, 1 Lit sur tous ses replis ce seul mot : Malheureux ! L'égoïsme, le moi, c'est toute sa nature, Ne trouvant bon autrui qu'à servir de pâture. Dans mon destin maudit, ô Julie ! ”
