“ Tu sais que ce n’est pas une veuve oublieuse, mais une épouse fidèle qui s’éloigne de ta demeure, et qu’elle t’emporte à jamais dans son âme. Adieu, Albert ! tu l’as dit, la mort passe entre nous, et ne nous sépare en apparence que pour nous réunir dans l’éternité. Fidèle à la foi que tu m’as enseignée, certaine que tu as mérité l’amour et la bénédiction de ton Dieu, je ne te pleure pas, et rien ne te présentera à ma pensée sous l’image fausse et impie de la mort. Il n’y a pas de mort, Albert, tu avais raison ; je le sens dans mon cœur, puisque je t’aime plus que jamais. ”
George Sand
Résumé
Consuelo, roman de George Sand publié en 1843, raconte les débuts d’une chanteuse espagnole d’origine bohémienne, Consuelo, dans l’Europe du XVIIIe siècle. À travers ses triomphes artistiques et ses tribulations sentimentales, notamment avec le comte Albert, l’œuvre aborde les thèmes de l’art, de la misère et des conflits sociaux.
Réhabilité comme chef-d’œuvre après des décennies d’oubli, le roman, suivi de La Comtesse de Rudolstadt, combine récits historiques et réflexions philosophiques, mettant en lumière la force transformative de la musique et des émotions.
Citations de Consuelo (George Sand)
“ Elle se croyait à Venise ; elle priait la Madone de bénir son amour pour le beau fiancé que lui avait donné sa mère, et qui priait avec elle, main contre main, cœur contre cœur. Albert était sorti sans qu’elle s’en aperçût, et l’air était plus léger, le crépuscule plus doux autour d’elle. Tout à coup elle sentit à la fin d’une strophe les lèvres ardentes de son premier fiancé sur les siennes. Elle retint un cri ; et, se penchant sur le clavier, elle fondit en larmes. En ce moment le comte Albert rentra, entendit ses sanglots, et vit la joie insultante d’Anzoleto. ”
“ Aucun autre art ne réveillera d'une manière aussi sublime le sentiment humain dans les entrailles de l'homme; aucun autre art ne peindra aux yeux de l'âme, et les splendeurs de la nature, et les délices de la contemplation, et le caractère des peuples, et le tumulte de leurs passions, et les langueurs de leurs souffrances. Le regret, l'espoir, la terreur, le recueillement, la consternation, l'enthousiasme, la foi, le doute, la gloire, le calme, tout cela et plus encore, la musique nous le donne et nous le reprend, au gré de son génie et selon toute la portée du nôtre. ”
