Résumé

Portrait de René Doumic René Doumic Revue des Deux Mondes

Je vous l’ai dit assez, cher ami, que je n’étais qu’une bonne femme et qu’il ne fallait m’aimer que parce que je vous aime. Mais quand on aime comme moi, quand on aime comme Elvire et moi jusques à en mourir — n’est-on donc qu’une femme pleine de cœur ? Mais pourquoi mal interpréter ce mot ? Ce n’est pas vous, mon amour, qui l’avez dit et peut-être devrais-je l’entendre autrement. Combien avec autant d’amour n’a-t-on pas de cœur en effet ! Comme le mien bat dans ma poitrine ! Comme il brûle ! Comme il est à la fois dans mon esprit, dans mon imagination et dans l’amour ardent qui m’enflamme !
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L’unique sentiment à la peinture duquel Maupassant est sans cesse revenu, l’amour, dans lequel il voit aussi bien l’unique attrait de la vie, c’est de même qu’il l’a dépouillé de tout idéal. Il le vide de toute idée ; et, tel qu’il nous le montre, à peine est-ce encore un sentiment. L’humanité, habile à se tromper, rêve d’union des âmes dans l’amour, d’oubli de soi, de désintéressement et d’abnégation, d’unions mystiques, étrangères aux nécessités de la matière, supérieures aux surprises des sens et qui survivraient seules durables dans l’anéantissement et dans la destruction de tout.
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La charité qui met le public dans la confidence de ses aumônes, la piété qui s’affiche, la pitié qui s’étale, l’austérité qui se drape, la gravité qui pontifie, le désintéressement qui se proclame, l’abnégation qui se fait valoir, la résignation bruyante, le désespoir qui se raconte, la douleur qui fait saigner ses plaies sous l’œil des indifférens, autant de variétés du cabotinage, sans parler des passions de l’amour, où le cabotinage a si bien sa place qu’il semble leur être naturel, et qu’à peine est-ce s’il nous choque quand nous l’y rencontrons.
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