Résumé

La Nouvelle Revue Française

C’est le langage retenu, frissonnant, de quelqu’un qui grelotte pour avoir trop pleuré.
Ces sentiments que nous venons de dire, sentiment de la souffrance, de la mort, d’une humble fraternité, font que Baudelaire est, pour le peuple et pour l’au-delà, le poète qui en a le mieux parlé, si Victor Hugo est seulement le poète qui en a le plus parlé. Les majuscules d’Hugo, ses dialogues avec Dieu, tant de tintamarre, ne valent pas ce que le pauvre Baudelaire a trouvé dans l’intimité souffrante de son cœur et de son corps. Au reste, l’inspiration de Baudelaire ne doit rien à celle d’Hugo.
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La Nouvelle Revue Française

À la terre de la beauté M. Suarès n’a voulu apporter que de la beauté, il en a créé, versé, fait tournoyer à profusion, et, comme un prince de la Renaissance, il ne vit ici que dans les fêtes flamboyantes du style. Il y a des phrases où l’on mord comme dans des fruits, des phrases d’or, de parfums, de cristal... Mais ces phrases vives ne sont point vides, un cœur ardent les alimente. « Je n’ai pas mangé depuis trente heures. La lumière nourrit. » C’est cela, la phrase boit à torrents une nourriture qui lui verse la vie, et qui ne l’alourdit jamais.
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La Nouvelle Revue Française

ARTHUR RIMBAUD
Arthur Rimbaud fut un mystique à l’état sauvage, une source perdue qui ressort d’un sol saturé. Sa vie, un malentendu, la tentative en vain par la fuite d’échapper à cette voix qui le sollicite et le relance, et qu’il ne veut pas reconnaître ; jusqu’à ce qu’enfin, réduit, la jambe tranchée, sur ce lit d’hôpital à Marseille, il sache !
« Le bonheur ! Sa dent, douce à la mort, m’avertissait au chant du coq, — ad matutinum, au Christus venit [1] — dans les plus sombres villes » ! — « Nous ne sommes pas au monde ! »
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