Albertine

Définition et enjeux

Portrait de Marcel Proust Marcel Proust,  Albertine disparue (1925)

“ Une telle richesse de souvenirs empruntés au répertoire de sa vie, une telle profusion de sentiments évoquant, impliquant sa vie, semblaient rendre incroyable qu’Albertine fût morte. Une telle profusion de sentiments, car ma mémoire, en conservant ma tendresse, lui laissait toute sa variété. Ce n’était pas Albertine seule qui n’était qu’une succession de moments, c’était aussi moi-même. Mon amour pour elle n’avait pas été simple : à la curiosité de l’inconnu s’était ajouté un désir sensuel, et à un sentiment d’une douceur presque familiale, tantôt l’indifférence, tantôt une fureur jalouse. ”
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Portrait de Marcel Proust Marcel Proust,  Albertine disparue (1925)

“ Comme je suivais les allées séparées d’un sous-bois, tendues d’une gaze chaque jour amincie, le souvenir d’une promenade où Albertine était à côté de moi dans la voiture, où elle était rentrée avec moi, où je sentais qu’elle enveloppait ma vie, flottait maintenant autour de moi, dans la brume incertaine des branches assombries au milieu desquelles le soleil couchant faisait briller, comme suspendue dans le vide, l’horizontalité clairsemée des feuillages d’or. ”
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Portrait de Marcel Proust Marcel Proust,  Albertine disparue (1925)

“ Parfois ma jalousie renaissait dans des moments où je ne me souvenais plus d’Albertine, bien que ce fût d’elle alors que j’étais jaloux. Je croyais l’être d’Andrée à propos de qui on m’apprit à ce moment-là une aventure qu’elle avait. Mais Andrée n’était pour moi qu’un prête-nom, qu’un chemin de raccord, qu’une prise de courant qui me reliait indirectement à Albertine. C’est ainsi qu’en rêve on donne un autre visage, un autre nom, à une personne sur l’identité profonde de laquelle on ne se trompe pas pourtant. ”
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