Anonyme

Résumé

Anonyme Un été à la campagne (1868)

Combien de temps cela dura, ce que je souffris, je ne saurais le dire ; tout à coup, je ressentis une douleur aiguë, profonde, tout sembla se déchirer en moi ; je poussai un cri aussitôt étouffé sous mille baisers, puis je n’eus plus conscience de rien...
Quand je repris mes sens, Lucien, inquiet, désolé, m’appelait des noms les plus doux ; il murmurait à mon oreille ce que l’amour peut inspirer de plus passionné.
Tu crois peut-être, ma chère Albertine, que je vais être fâchée contre lui ; pas du tout, je l’aimais plus encore que tout à l’heure, si c’est possible
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Anonyme Un été à la campagne (1868)

Je suis aussi une sincère admiratrice de sa vertu. Jeune comme elle est, belle comme tu me l’as dépeinte, ayant les passions vives, on n’en saurait douter d’après ce que tu as vu, aller s’enfermer dans une solitude, se soustraire aux empressements de nombreux adorateurs, et se contenter, au lieu d’une séduisante réalité, d’une grossière, d’une grotesque imitation de la nature ! N’est-ce pas là de l’héroïsme en fait de fidélité conjugale, et ton oncle — le vrai ! — n’est-il pas un mari privilégié, le plus heureux de tous les maris ?
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Anonyme Un été à la campagne (1868)

Je suis mariée, chère Albertine, et tout s’est passé on ne peut mieux. Mes pudiques alarmes ont eu un tel cachet de naturel, j’ai si bien eu l’air de ne céder qu’à bout de forces, j’ai si habilement simulé la souffrance, que l’ombre même d’un soupçon n’a pas traversé l’esprit de mon mari.
Mon triomphe a été si complet, que, dans un transport de joie tenant du délire, il s’est écrié, en me couvrant de baisers : « Adèle, mon cher ange, tu me rends le plus heureux des hommes ! »
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