Comtesse de Ségur

Comtesse de Ségur

Résumé

Portrait de Comtesse de Ségur Comtesse de Ségur Quel amour d’enfant !

Hé bien, ma tante, c’est que je n’aime pas beaucoup papa ; il me gâte tellement que je n’aime pas à être avec lui ; je n’aime pas à me promener avec lui de peur de rencontrer mes amies, qui se moquent de ses gâteries. Je ne peux pas venir à bout de l’aimer ; il m’aime trop, et je sens qu’il me fait du mal. »
Mme de Monclair ne répondit pas ; elle resta quelques instants le visage caché dans ses mains ; Giselle crut l’entendre dire à mi-voix : Quelle punition !
« Et ta mère, dit enfin Mme de Monclair, ta pauvre mère, l’aimes-tu, Giselle ? »
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Portrait de Comtesse de Ségur Comtesse de Ségur Quel amour d’enfant !

Il est trop tard ! Je l’avais bien dit ! Est-ce ainsi qu’un bon homme de votre âge guérit les peines du cœur ? Vous savez bien qu’il n’est jamais trop tard ! Est-ce que le bon larron de l’Évangile n’était pas plus vieux que Giselle ? Ne s’est-il pas converti ? N’a-t-il pas été en paradis avec Notre-Seigneur ? Pourquoi Giselle ne ferait-elle pas comme le bon larron ? Voyons, répondez, qu’avez-vous à dire ?
m. tocambel. Que je ne suis pas Notre-Seigneur ; que ni Léontine, ni vous, ni moi, nous n’avons, comme lui, la puissance de changer les cœurs.
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Portrait de Comtesse de Ségur Comtesse de Ségur Quel amour d’enfant !

Isabelle regarda Georges d’un air malin, saisit une poignée de muguet et s’enfuit du côté de sa bonne. Georges courut après elle pour lui arracher les fleurs ; Isabelle, se voyant prise, les cacha dans les plis de sa robe en criant :
« Au secours, ma bonne ! au secours ! »
La bonne savonnait dans un cabinet à côté ; elle accourut aux cris d’Isabelle, et la trouva luttant de toutes ses forces contre son frère, qui, sans lui faire de mal, la secouait, la culbutait, en cherchant à ravoir le muguet : Isabelle le défendait, en tenant sa robe à deux mains.
« J’en veux, je te dis. »
la bonne.
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