“ Isabelle de Saint-Auréol ! Isabelle ! J’imaginais sa robe blanche fuir au détour de chaque allée ; à travers l’inconstant feuillage, chaque rayon rappelait son regard, son sourire mélancolique, et comme encore j’ignorais l’amour, je me figurais que j’aimais et, tout heureux d’être amoureux, m’écoutais avec complaisance. ”
Isabelle
Définition et enjeux
Isabelle, nom fréquent dans la littérature, incarne une silhouette complexe, oscillant entre fragilité et résilience, mysticisme et engagement. À travers les œuvres de Mme Tarbé des Sablons, qui la dépeint comme une âme troublée par l’angoisse et l’espoir divin, ou Simone Ratel, qui met en lumière sa force et ses rapports avec autrui, Isabelle apparaît comme un reflet des tensions humaines.
Lucie Delarue-Mardrus, quant à elle, la place dans un cadre idyllique, où l’enfance et la poésie nourrissent son âme. Ces perspectives diverses, s’étendant de la spiritualité à la solidarité, révèlent une personnalité versatile, liée à des thèmes proches comme l’amour, le sacrifice ou la lutte contre le destin.
Citations sur “Isabelle”
Simone Ratel,
Isabelle Comtat
(1932-1935)
“ Un soleil nouveau lui donnait des forces. Tous remporteraient la victoire, elle en était sûre : Isabelle chaleureuse et fertile, Lise qui faisait briller la vie, Laurent, riche de trésors enfouis, et moi, et moi, qui suis moi ! ”
Mme Tarbé des Sablons, Isabelle, par Mme Tarbé Des Sablons (1846)
“ A l'instant même où votre pauvre Isabelle, tremblante, désolée, lit son arrêt dans vos yeux et se sent défaillir par l'excès de son angoisse, une lumière brille à ses yeux, une voix divine pénètre au fond de son âme, et les chagrins qui m'accablent sur cette terre s'apaisent aux promesses que me fait l'avenir. ”
Lucie Delarue-Mardrus,
Comme tout le monde
“ C’est pourquoi des petites Anglaises élevées avec elle ont été, pour Isabelle, comme des sœurs. Charmantes promenades au bord de la mer ou dans les chemins creux du printemps et de l’automne, jolies chansons, contes, légendes, toute la féerie de l’enfance britannique a mis dans l’âme quelconque d’Isabelle un petit trésor de poésie. ”
Mme Tarbé des Sablons, Isabelle, par Mme Tarbé Des Sablons (1846)
“ Calme-toi, mon Isabelle : le curé est plein de charité, d'amour pour les pécheurs, il n'a pas quitté la pauvre malade.... Oh! si tu savais quelle révolution la mort de ta mère vient d'opérer en moi !... Je ne croyais pas, je crois.... Jamais je n'avais arrêté ma pensée sur ce que l'on peut craindre de l'avenir, et me voilà redoutant le châtiment et n'aspirant qu'après la céleste récompense... Chère amie, bientôt, je l'espère, je serai digne de toi. Oui, j'irai confesser mes fautes, les réparer, et je vivrai de la vie angélique de mon Isabelle. ”
Jean-François Regnard,
Le Panthéon populaire illustré…
(1852)
“ Isabelle. CARLIN bas à Léandre, Clarice. LÉANDRE. A pour moi mille charmes; L'amour prend dans ses yeux ses plus puissantes armes ; Isabelle est. CARLIN bas à Léandre. Clarice. LÉANDRE. A mes yeux un tableau De tout ce que le ciel fit jamais de plus beau. CLARICE à Carlin. Qu'entends-je ? Justes diéux! ton maître est infidèle; Son erreur me fait voir qu'il adore Isabelle. Je suis au désespoir, et je sens dans mon cœur Mon amour outragé se changer en fureur. LÉANDRE sortant de sa rêverie. Quel sujet tout à coup vous a mise en colère, Madame ? Ce maraud a-t-il pu vous déplaire ? ”
William Shakespeare,
Mesure pour mesure
(1623)
“ ANGELO. Comprenez bien, je vous aime ! ISABELLE. — Mon frère a aimé Juliette, — et vous me dites qu’il mourra pour cela. ANGELO. — Il ne mourra pas, Isabelle, si vous m’accordez votre amour. ISABELLE. — Je sais que votre vertu s’arroge le privilège — d’assumer l’apparence du vice — pour éprouver autrui. ANGELO. Croyez-moi, sur mon honneur, — mes paroles expriment ma pensée. ISABELLE. — Ah ! pour donner pareille chose à croire, il faut avoir peu d’honneur — et une bien mauvaise pensée !... Hypocrisie ! hypocrisie ! — Je te dénoncerai, Angelo, prends-y garde. ”
Théophile Gautier,
Le Capitaine Fracasse
“ Adorable Isabelle, chaque mot que vous dites, s’écria Sigognac, me fait sentir davantage mon indignité; j’ai méconnu ce cœur d’ange; je devais baiser la trace de vos pas. Mais ne craignez plus rien de moi; l’époux saura contenir les fougues de l’amant. ”
Simone Ratel,
Isabelle Comtat
(1932-1935)
“ Isabelle, les larmes aux yeux, contemplait tendrement cet enfant de sa race. Lise admirait sa ressemblance avec la figure androgyne de l'ange de Reims, au céleste sourire paysan. Et le Corbiau, voyant la lumière du couchant nimber cette tête charmante, pensait : « Demain peut-être, il sera mort, carbonisé, tout noir. Et personne ne peut rien pour empêcher cela. Ni sa mère, ni sa maîtresse, ni moi, qui l'aimons. » ”
Lucie Delarue-Mardrus,
Comme tout le monde
“ Isabelle en fut secouée jusqu’au fond de son âme endormie d’ennui, cette âme fanée et comme poussiéreuse que la vie, à la longue, lui avait faite. Pauvre petit Léon tant grondé la veille ! Une énergie inconnue dresse notre Isabelle en face du mal qui vient d’atteindre l’un des siens. Elle se sent pleine de courage et d’une sorte de défi. Son dévouement de mère n’est-il pas là pour tout combattre ? ”
Mme Tarbé des Sablons, Isabelle, par Mme Tarbé Des Sablons (1846)
“ « Seigneur, jugez son coeur et non ses oeuvres. » Mon ami, continua Isabelle avec un redoublement de douleur et d'agitation, retournons vers ma mère... Un éclair de raison peut briller encore; il faut que je sois là, voyez-vous, pour lui dire : Ma bonne mère, pensez à Dieu ; et Dieu permettra que la voix de la pauvre Isabelle descende jusqu'à son coeur, et porte la lumière dans les ténèbres de son intelligence. Elle me regardera, ma mère, et en me voyant tout en larmes, elle s'attendrira , et me dira : Je ferai tout ce que tu désires. Car elle m'aime, ma mère, oh ! oui, elle m'aime... ”
Galerie des femmes de Walter Scott… (1839)
“ Isabelle, vous êtes à moi ! et, alors, que deviendra le serment qu'elle a fait en secret, dans ses prières du soir, tète-àtête avec Dieu, de n'appartenir jamais qu'à Patrick ? Elle est belle, elle est jeune, elle aime, la fille de Richard Vere : beauté, jeunesse, amour, tout ce qui fait la parure du visage et de l'ame, va se flétrir, elle le sait bien, sous sa triste couronne de mariée. Comment survivra-t-elle à la douleur quand, de ses propres mains , il lui faudra arracher jusqu'à la racine l'espérance qu'avec tant de joie elle cultivait dans son coeur ? ”
Oscar Lessinnes, La rentrée d'Isabelle II à Madrid (1869)
“ Eh bien, jamais la Reine Isabelle, si bonne et si généreuse, n'a exprimé le moindre ressentiment. Peut être une larme a-t-elle quelquefois coulé silencieuse le long de ses joues, larme de martyre qui regrette d'être incomprise et injuriée, mais que Dieu récompense par le courage dans l'adversité et par la consolation d'avoir toujours fait son devoir. ”
Mme Tarbé des Sablons, Isabelle, par Mme Tarbé Des Sablons (1846)
“ « Quel magnifique spectacle ! s'écriat-elle; et ma mère n'en jouira plus, et ses yeux resteront fermés aux splendeurs du ciel !... Mon ami, prions pour elle.» Isabelle fit le signe de notre rédemption, et Henri l'imita avec gaucherie : ses lèvres ne s'entr'ouvrirent pas pour s'adresser à l'Eternel, et son coeur resta fermé à l'aspect de la nature, qu'un torrent de lumière venait inonder et faire briller d'un, ravissant éclat. Enfin le comte était déjà presque retombé dans cette torpeur d'une âme qui n'a d'action que lorsqu'elle est ébranlée par une émotion imprévue. ”
Jean-François André, Histoire de sainte Isabelle de France… (1855)
“ La vie entière de sainte Isabelle semble se résumer dans cette parole du Psalmiste : Toute la gloire de la fille du roi vient de son coeur, et est intérieure (1) . Douée des plus nobles qualités naturelles de l'âme, elle les agrandit encore sous l'action de la grâce divine. Mais ce qui fera d'elle un modèle accompli de la perfection évangélique, c'est son humilité, sa modestie, son amour du recueillement et du silence. Un jour, Eude de Rosny, son confesseur, voulut connaître la raison de sa prédilection pour la vertu de silence. ”
Théophile Gautier,
Le Capitaine Fracasse
(1863)
“ Le petit bruit continuait toujours, et Isabelle, ne ménageant plus rien, haussait la voix pour le couvrir. À ces mots audacieux, Vallombreuse pâlit de rage, ses yeux lancèrent des regards vipérins ; une légère écume moussa aux coins de ses lèvres ; il porta convulsivement la main à la garde de son épée. L’idée de tuer Isabelle lui avait traversé le cerveau comme un éclair ; mais, par un prodigieux effort de volonté, il se contint et se mit à rire d’un rire strident et nerveux en s’avançant vers la jeune comédienne. ”
Mme Tarbé des Sablons, Isabelle, par Mme Tarbé Des Sablons (1846)
“ Il avait voulu voir Isabelle, admirer encore une fois, disait-il, la sainte et belle femme, Oui, elle était sainte cette jeune âme que la. mort avait pu frapper et non surprendre, qui n'avait pas une action, une pensée à expier, et qui s'envola radieuse et belle d'une virginale blancheur. Lorsque le chevalier eut jeté les yeux sur cette fleur décolorée, touchante et gracieuse jusque dans son dernier sommeil, il ne put retenir ses larmes. ”
Hachem, Essais, oeuvres et passe-temps poétiques… (1887)
“ Mais si tu n'es pourtant qu'une simple mortelle, Si de tes heureux jours le terme est limité, Donne-moi ton amour; en échange, Isabelle, Je veux te conquérir une immortalité. Si tu voulais m'aimer comme je t'aime, mie, Développant en moi les germes du génie, Tu serais l'âme de mes vers, Et ton nom, tant de fois chanté dans mes ouvrages Des siècles à venir braverait les orages, Tu vivrais, ô ma belle! autant que l'univers. ”
Simone Ratel,
Isabelle Comtat
(1932-1935)
“ « Et ce n'est encore qu'un commencement, » soupira Isabelle, songeant à toutes les contraintes auxquelles elle-même avait dû plier sa nature rebelle. M. Alapetite venait à elle à travers le parloir. Elle vit avec sympathie sa haute figure, ses gestes mesurés, son visage aux plans nets, éclairé par de larges yeux noirs, dont le regard pensif, immobile, rappelait les personnages des fresques byzantines. ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ ALONSO. Quel soleil a ramené le sourire sur tes lèvres ? DON JUAN. Isabelle !... Ce n’est qu’Isabelle, mais cela rassure... Bonne Isabelle !... Brave Isabelle ! (Tendrement.) Comme elle a vieilli !... Cependant, je lui pardonne son teint légèrement couperosé en raison de cette petite visite encore adultère... Dix ans, mon cher... non, neuf... non, dix, parfaitement... que nous habitâmes six jours dans le même lit... sans compter le dimanche, bien entendu ! ALONSO. Tu vois que toutes les femmes ne sont pas également ingrates et qu’il en est de vertueuses ! DON JUAN. Elle ne pleure pas... ”
Pierre Corneille,
L'Illusion comique
(1636)
“ Qui néglige mes feux m’aime par raillerie, Me prend pour le jouet de sa galanterie, Et, par un libre aveu de me voler sa foi, Me jure qu’il m’adore, et ne veut point de moi. Aime en tous lieux, perfide, et partage ton âme ; Choisis qui tu voudras pour maîtresse ou pour femme Donne à tes intérêts à ménager tes vœux ; Mais ne crois plus tromper aucune de nous deux. Isabelle vaut mieux qu’un amour politique, Et je vaux mieux qu’un cœur où cet amour s’applique. ”
Walter Scott,
Le Lord des îles/Gosselin, 1824
“ Isabelle s’agenouille pour prier dans le recueillement ; un rayon du soleil, s’échappant à travers l’étroite jalousie, tombe sur son cou d’albâtre et sur ses cheveux noirs, qui ombragent sa tête dévotement inclinée. ”
Mme Tarbé des Sablons, Isabelle, par Mme Tarbé Des Sablons (1846)
“ Cette Isabelle est une vraie magicienne, se dit Mme de Vareilles; on ne l'aime pas, on l'idolâtre, et cela jusqu'à la sage Mme Delorme. Grâce au ciel, j'ai une bonne tête, et je ne me laisse prendre ni par les yeux, ni par les oreilles. ”
Joseph Doucet, Les tentations d'un curé de campagne (1863)
“ Tranquillisez-vous, Isabelle, vous vivrez pour votre enfant et pour moi. Dieu nous a éclairés trop vite, pour permettre que de nouveau la nuit du désespoir se fasse autour de nous. Il veut prolonger votre vie et la mienne, pour jouir en quelque sorte de notre reconnaissance. Abandonnezvous à sa Providence, elle veillera sur vous. ”
Philoxène Boyer,
Les Deux Saisons
(1867)
“ Mais, sur les escaliers d'un élégant château, Parmi les manteaux blancs et les casaques roses, Isabelle s'incline avec de molles poses Vers le galant songeur que lui donne Watteau. Ou bien, hors des sentiers de la Cythère heureuse, Fille de Caldéron, de Lope et de Rojas, Sur le banc des Prados consolant les Ruy-Blas, Isabelle est l'honneur de l'Espagne amoureuse. Sous le ciel grenadin qui n'a jamais d'hivers, Le laurier-rose éclôt pour fêter Isabelle, Et les musiciens toutes les nuits pour elle En brûlants concetti dévergondent leurs vers. ”
Anonyme, Lyndamine ou l’Optimisme des pays chauds (1794)
“ À dix-huit ans, la charmante Isabelle, Vivait et ne se doutait pas Qu’elle possédait mille appas, Et qu’elle était encor pucelle. Un jeune voisin sémillant, Et dont la mère était bien sûre, Fut seul admis comme galant De l’élève de la nature. Mais la nature, enfin, parla si haut, Que nos amants firent le saut. Isabelle portait des cottes, Et le beau Colas des culottes. ”
Jean-Nicolas Bouilly,
Contes à mes petites amies
“ La jeune princesse Isabelle appartient à une mère si parfaite, si simple dans ses goûts, et faisant si peu de cas du faste extérieur! Son bonheur, son occupation continuelle, est d'élever ses filles dans cette simplicité de moeurs qui prouve aux princes que c'est moins par l'éclat de la naissance qu'ils se font remarquer que par les qualités du coeur et par cette heureuse habitude de se confondre, avec une noble retenue, parmi toutes les classes utiles de la société. ”
James de Chambrier, Rols Catholiques. D'Isabelle I à Philippe II (1895)
“ Au contraire de Ferdinand, Isabelle avait l'âme enthousiaste, la conscience scrupuleuse, les élans généreux qui poussent aux grandes actions ; elle cherchait la vérité, malgré l'erreur que lui fit commettre son ardeur religieuse et ne voyait pas les choses par les petits côtés qui prenaient son époux. Elle s'éprit du mérite, l'accueillit sans ombrage, le soutint sans caprice ; excitée par le péril, s'animant à l'obstacle. ”
Mme Tarbé des Sablons, Isabelle, par Mme Tarbé Des Sablons (1846)
“ Clémence court à elle, la presse dans ses bras, tandis que Mme Delorme pousse Henri dans son boudoir. De là il peut voir Isabelle sans en être vu. L'âme entière du comte passe dans ses yeux, il regarde, et la figure d'Isabelle le ravit; il écoute, et sa voix le transporte : c'est la mélodie même. ”
Pierre Corneille,
L'Illusion comique
(1636)
“ Isabelle m’arrête, et ses yeux pleins de charmes Ont captivé mon cœur et suspendu mes armes. Géronte Si rien que son sujet ne vous tient arrêté, Faites votre équipage en toute liberté ; Elle n’est pas pour vous ; n’en soyez point en peine. Matamore Ventre ! que dites-vous ? je la veux faire reine. Géronte Je ne suis pas d’humeur à rire tant de fois Du crotesque récit de vos rares exploits. La sottise ne plaît qu’alors qu’elle est nouvelle : En un mot, faites reine une autre qu’Isabelle. Si pour l’entretenir vous venez plus ici... ”
Lucie Delarue-Mardrus,
Comme tout le monde
“ Isabelle n’est pas sensuelle. Ce mot ne l’enivre pas. Elle ne demande à l’amour que des regards et des causeries longues et douces. Le seul plaisir qu’elle imagine serait de passer sa paume sur les cheveux gris du marquis, d’embrasser ses paupières fatiguées. Le reste lui semble absurde et révoltant. ”
Marie Maréchal, Un mariage à l'étranger (1880)
“ Isabelle avait donc vécu, mais elle avait vu tomber un voile de crêpe noir en deçà de ses riantes espérances, de ses horizons enchanteurs. La jeunesse, l'enthousiasme s'étaient envolés ; le bonheur de vivre avait disparu, le coeur se sentait mort. ”
Lucie Delarue-Mardrus,
Comme tout le monde
“ Le mariage est une mamelle bien amère, n’est-ce pas ? Isabelle ne peut pourtant pas révéler à cette femme ce qui la fait surtout souffrir. Mais gagnée, séduite, ne s’appartenant plus, elle raconte pêle-mêle, en courtes phrases sanglotantes, tous ses petits rêves d’enfant, meurtris par la vie, les mauvaises humeurs de son mari, les souvenirs qu’elle a de Linda, de sa mère, le caractère étranger de sa fillette, ses mésaventures avec les bonnes, ses corvées de ménagère, son désir de chant, toute la mesquinerie de sa vie sans idéal, sans clarté, sans ailes. Elle parle, elle parle. ”
Théophile Gautier,
Le Capitaine Fracasse
(1863)
“ La couleur était revenue aux lèvres, et l’étincelle de la vie brillait dans les yeux. Isabelle était debout près du chevet. Le jeune duc lui tenait la main entre ses doigts fluets, et d’un blanc bleuâtre comme ceux des malades abrités du grand air et du soleil depuis quelque temps. Comme il lui était défendu de parler encore autrement que par monosyllabes, il témoignait ainsi sa sympathie à celle qui était la cause involontaire de sa blessure, et lui faisait comprendre combien il lui pardonnait de grand cœur. ”
Jean-Pierre Brès, Isabelle et Jean d'Armagnac, ou Les dangers de l'intimité fraternelle… (1804)
“ O Isabelle! tu m'oublieras; quelques-uns de nos camarades courront auprès de toi ; ils chercheront à se distinguer pour te plaire. Tu sais que je dois partir aussi, répliquait Isabelle ; que trois de nos camarades te suivent ; que les autres vont rentrer chez leurs parens. Mais quand ils resteraient tous ici avec moi, quand il en viendrait des plus beaux, des plus adroits de toutes les parties du monde, je les haïrais s'ils osaient prétendre à remplacer mon ami dans mon coeur. ”
