Marie Maréchal

Résumé

Marie Maréchal Un mariage à l'étranger (1880)

« Attendriez-vous quelqu'un ? » demande le baron surpris de tant d'élégance pour un dîner de famille.
Mlle Schultzer répond qu'elle n'attendait absolument personne, mais que, son coeur débordant de joie, d'allégresse, d'enthousiasme patriotique, il lui est impossible maintenant de porter la sombre livrée du deuil. Sa
bien-aimée Frédérica n'est pas oubliée : « Elle ne le sera jamais, » ajoute-t-elle avec une énergie des plus accentuées ; mais un sentiment nouveau est venu se placer dans son coeur à côté de ses éternels regrets et faire diversion à ses désespérantes pensées.
Source : Gallica

Marie Maréchal Un mariage à l'étranger (1880)

Ce qui tombe chaque jour dans l'oreille de monsieur le baron, cela n'a l'air de rien, et cependant cela fait son effet.
– Quel effet ? »
Cyprienne haussa les épaules.
« Tiens, » dit-elle, « prends tous les matins une parcelle de boue et jette-la sur la muraille bien blanche de ta cuisine : tu verras, au bout de quelque temps de ce manège, la couleur que ta muraille prendra à tes yeux.
– De la boue ! » s'écria Célestin, dont les yeux flamboyaient. « Ah ! je voudrais bien voir cela ! De la boue sur une sainte, sur un ange comme madame la baronne ! Perds-tu l'esprit, Cyprienne ? »
Source : Gallica

Marie Maréchal Un mariage à l'étranger (1880)

Cyprienne répondait alors qu'elle venait de chercher la limonade ou le sirop de groseille ou la glace apprêtés par Célestin.
Au bout de quelques réponses de ce genre, Isabelle comprit, elle aussi.
« Tu es bonne, mon enfant, » murmura-t-elle en tendant la main à la fidèle camériste.
Cyprienne baisa cette main avec ferveur. Quand elle se releva, ses yeux étaient pleins de larmes.
« O ma chère maîtresse, » répéta-t-elle par deux fois, « pourquoi sommes-nous venues dans ce vilain pays !
– Tais-toi, tais-toi, » dit la jeune femme
avec une sorte d'égarement.
Source : Gallica

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