“ Le bas-bleu, lecteur, c’est le hanneton, c’est le vésicatoire, c’est la mouche-à-miel de l’homme de lettres. Dès qu’elle vit que j’étais un écrivain, je fus perdu. La bas-bleu de l’Est, c’est déjà exaspérant, mais que dire du bas-bleu de l’Ouest ! Le vernis de lecture et de savantisme jeté sur cette couche raboteuse ! Que faire ? j’étais pincé : la résignation dans un cas pareil est sublime. Le bas-bleu est la seule femme qui ne se sauve pas de l’homme ”
Bas-bleu
Définition et enjeux
Le terme « bas-bleu » désigne, dans la littérature du XIXe siècle, des femmes impliquées dans la production écrite, souvent critiquées pour leur manque d’originalité ou leur tentative d’imiter les hommes dans le domaine intellectuel. Jules Barbey d’Aurevilly en dénonce l’ambition excessive, décrivant ces figures comme des « femmes lettrées » qui transforment leur plume en « marchandise », tandis qu’Han Ryner met en évidence leur désir d’égalité masculine à travers l’usage de pseudonymes masculins.
Les réflexions de ces auteurs révèlent une tension entre les normes sociales et les aspirations féminines, illustrant comment le « bas-bleu » incarne les enjeux liés à la place de la femme dans la création artistique et intellectuelle de l’époque.
Citations sur “bas-bleu”
Han Ryner,
Le Massacre des Amazones
“ Le hasard, bien méchant parfois, me fait lire en une semaine trois livres de bas-bleus : Mater gloriosa, de Paul Georges ; Joie morte, de Jean Laurenty ; Un vicaire parisien, de Paul Junka. Trois pseudonymes virils, car l’ambition du bas-bleu est la même que celle de l’enfant : il veut faire l’homme. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ Mme Colet a beau, en effet, s’absorber dans l’adoration de la Liberté et de la Révolution italienne et se plonger en leurs délices, il faudrait bien des révolutions, les unes sur les autres, pour empêcher sa personnalité de remonter à la surface, et pour faire disparaître de ses livres, cette petite vanité de bas-bleu, qui y remonte toujours, comme sur l’eau dans laquelle on le noie, un petit chat, impossible à tuer ! ”
Paul Féval, Le berceau de Paris (1860)
“ Ils ont eu tort. Ils ont forfait à leur devoir. Ils ont calomnié des siècles défunts qui ne pouvaient plus se défendre. Alors, comme aujourd'hui, le bas-bleu était une chose déshonnête et heureusement anormale. Alors , comme aujourd'hui, le bas-bleu était non-seulement la terreur de sa famille, mais l'effroi de son quartier. Que le bas-bleu porte une serpe d'or ou une plume de fer, qu'il ait nom Velléda ou Anastasie Godanchet, que nous fait cela ? ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ Mes conseils de s’arrêter à temps, de rester la femme d’un ou deux livres, et non pas de devenir le bas-bleu de toute une boutique, mes conseils furent emportés comme une digue démolie. Elle a débordé et maintenant elle fait eau partout. Il faut que ce soit une loi de la nature expansive de ces doux êtres : mais les femmes, même les plus contenues, deviennent incontinentes, dès qu’elles ont une plume à la main ! C’est que cette plume devrait rester sur leurs têtes ; et celle de Mme Claire de Chandeneux n’y est pas restée, non plus. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ Mme Raoul de Navery, un bas-bleu qui se trempe dans l’eau bénite pour y perdre, en s’y lavant, son diable de bleu, mais sans y parvenir, Mme Raoul de Navery, l’homme des Jésuites, a bien fini par envahir le feuilleton catholique, à force d’écrire et de filtrer chez les libraires pieux. Dans la débâcle de nos mœurs et de notre littérature, dans la confusion, enragée et voulue, des deux sexes, au sein d’une société, folle d’égalité et d’instruction obligatoire, qui fait de ses jeunes filles des bachelières et des licenciées (pour procéder plus tard à d’autres licences !) ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ D’un autre côté, qu’une femme comme Mme de Sévigné écrivît, si elle le pouvait, de charmants commérages à sa fille, ou comme Mme d’Aulnoy, des contes délicieux pour des enfants, ce n’étaient pas là non plus des Bas-bleus encore. Le Bas-bleu, c’est la femme littéraire. C’est la femme qui fait métier et marchandise de littérature. C’est la femme qui se croit cerveau d’homme et demande sa part dans la publicité et dans la gloire. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ Mais cette réimpression n’en est pas moins intelligente, comme toute réimpression d’œuvres complètes, qui ramène sous le regard, en une seule fois, les forces éparpillées d’un esprit qu’il s’agit de juger définitivement, et qui peut être aussi regardée comme le dernier coup de sonde donné à l’opinion publique. On saura maintenant si le bavardage effréné de ce bas-bleu qu’on appelle Mme Sophie Gay, au talent de qui nos pères ont cru avec tant de bonhomie ou de galanterie, peut être encore supporté et paraître quelque chose qui ressemble à du talent quelconque ! ”
Honoré de Balzac,
Traité de la vie élégante
“ « Il portait, dit Werdet, un habit bleu barbeau à boutons d’or ciselé, pantalon noir à sous-pieds, gilet blanc en piqué anglais, sur lequel chatoyaient les anneaux d’une chaîne d’or microscopique ; bas de soie noire à jours, souliers vernis, linge très fin, d’une blancheur irréprochable cette fois — note le narrateur ironiquement, — gants beurre frais, chapeau à larges bords en véritable castor et, comme de juste, sa fameuse canne. » ”
Honoré de Balzac,
Scènes de la vie de province. Tome premier
“ Elle ne donnait point, selon son expression, dans le clinquant et les colifichets; elle s'attachait au solide, et gardait, malgré la fête, son tablier noir dans les poches duquel sonnait un trousseau de clefs. Sa voix glapissante déchirait le tympan des oreilles. En dépit du bleu tendre de ses yeux, son regard rigide offrait une visible harmonie avec les lèvres minces d'une bouche serrée, avec un front haut, bombé, très impérieux. Vif était le coup d'œil, plus vifs étaient le geste et la parole. ”
Eugène Bossard,
Gilles de Rais dit Barbe-Bleue
(1885)
“ Sœur Anne monta rapidement. — « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » — « Hélas ! non, je ne vois que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie. » Cependant Barbe-Bleue criait d’en bas à sa femme : « Descendras-tu, ou je monte là-haut ! » — « Mon mari, j’ai encore mon collier de perles à mettre à mon cou ! » — « Presse-toi ! car je n’ai pas de temps à perdre, répondait Barbe-Bleue. » Puis sa femme répétait d’une voix plus pressante : « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » — « Je ne vois que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie. » ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ La Démocratie, mère du Bas-bleuisme, le culot mal venu de tous les bâtards qu’elle a faits, la Démocratie qui, pour avant-dernier chef-d’œuvre, a métamorphosé des êtres humains en unités arithmétiques, et mis en poussière ce qui fut, dès le commencement de l’univers, le ciment social, est arrivée, par la femme, au dernier atome de cette poussière. ”
Edmond de Goncourt,
Journal des Goncourt
“ « J’ai commandé une robe noire, que je porterai, si je ne suis pas en province... vous concevez, à Paris, n’être pas en noir... moi, ce serait ridicule. » Mardi 17 juillet. — Pendant que j’attendais des livres, dans la salle de lecture de la bibliothèque, je regardais un bossu : tout le haut de la tête d’un bossu, est dans le bas de sa mâchoire. ”
Honoré de Balzac,
Scènes de la vie de province. Tome premier
“ Malgré sa petite taille, le clerc avait à vingt-sept ans le buste développé comme peut l’être celui d’un homme de quarante ans. Des jambes grêles et courtes, une large face au teint brouillé comme un ciel avant l’orage et surmontée d’un front chauve, faisaient encore ressortir cette bizarre conformation. Aussi, son visage semblait-il appartenir à un bossu dont la bosse eût été en dedans. Une singularité de ce visage aigre et pâle confirmait l’existence de cette invisible gibbosité. ”
Paul Féval, Fontaine aux Perles
“ Car, parmi les préjugés que nourrissent de père en fils, avec un soin précieux, les bonnes gens de Paris, celui qui donne la lourdeur grossière et la pesante sauvagerie en partage aux enfants de la Basse-Bretagne n’est pas le moins bizarre et le moins éloigné du vrai. — À part le paysan, qui est grave et dont la tristesse se teint de poésie, le Bas-Breton est en général vif, étourdi, rapide à devancer la pensée par la parole. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ Le ridicule est toujours le viol d’une convention ou d’une convenance sociales — d’une manière générale de sentir et de penser ; et les Bas-bleus, avec leurs livres, leurs thèses et leurs affectations, ont tant bleui le monde, que le monde ne s’apercevra bientôt plus de la couleur de leurs bas ! Mais les époques ne sont qu’un jour dans la durée, et le ridicule individuel qui se perd dans le ridicule de toute une société et y devient imperceptible, l’Histoire le voit, le ramasse et le soufflette de sa lumière. L’Histoire ne fait pas toujours aux hommes l’honneur d’être sévère... ”
François-Marie Luzel,
Contes populaires de Basse-Bretagne
“ Le roi prit la princesse des bras du bossu et ils continuèrent de descendre la montagne. Ils arrivent au fleuve. Le bossu frappe l’eau par trois fois de sa baguette et la terre, du pied, et aussitôt le pont reparaît. Ils s’engagent dessus, passent, et le bossu, de trois autres coups de baguette, le fait disparaître sous l’eau. Il était temps ! Les géants allaient mettre le pied dessus, et alors, tout eût été perdu ! Les géants hurlaient et grinçaient les dents, de l’autre côté de l’eau ; le bossu et le roi riaient et les narguaient. ”
Honoré de Balzac,
Eugénie Grandet
(1834)
“ Au dessus du cintre régnait un long bas-relief de pierre dure sculptée, représentant les quatre Saisons, figures déjà rongées et toutes noires. Ce bas-relief était surmonté d’une plinthe saillante, sur laquelle s’élevaient plusieurs de ces végétations dues au hasard, des pariétaires jaunes, des liserons, des convolvulus, du plantain, et un petit cerisier assez haut déjà. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ Figurez-vous Mme de Staël, qui eut aussi des quarts d’heure de bas-bleuisme, qu’elle rachetait non par des inspirations momentanées comme Mme Émile de Girardin, mais par le génie, qui absout tout, figurez-vous Mme de Staël analysant, anatomisant le ridicule ! Vous avez un chef-d’œuvre de dissection, de profondeur subtile et de vérité. Mme Gay, au contraire, se contente de cette notion plus ou moins comique : « Le ridicule est la meilleure chance qu’ont les hommes d’être heureux, » et voilà le thème qu’elle brode ! ”
Léopold Favre, Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de l'Aunis (1867)
“ Disparaître, s'évaporer. On donne souvent à ce mot le sens de mourir. En roman basi signifie une tombe. « Gne savant jà qui basit ni qui vit. » (Prov. du XVe siècle.) BASSAIE, s. f. Baquet. Du celtique baz, peu profond, peu creux. BASSE, s. m. Petite cuve en bois qui sert pour écraser la vendange et pour la transporter, à dos de cheval, au pressoir. Du celtique bâs, bât, parce que ces cuves sont attachées à la selle d'une bête de somme pour transporter les vendanges. B. F.-J. BASSE-HEURE. Le soir, après le soleil couché. Du vieux français de la langue d'Oil : basse ore, soir. ”
Anatole Le Braz,
La Légende de la mort en Basse-Bretagne
“ Elle faisait mine de chercher, pendant quelque temps, grimpait sur les talus pour voir plus au loin, puis sautait à bas, dans le champ ou dans le chemin, en criant à haute voix, avec une moue de dépit : — Que sont encore devenues ces vilaines bêtes ? Ce manège lui réussissait toujours. Un éclat de rire chevrotant sortait soudain d’une touffe de genêts ou d’un buisson de lande. Et la tête du Vieux apparaissait, épanouie dans une folle grimace. ”
François-Marie Luzel,
Contes populaires de Basse-Bretagne
“ Mais, bientôt le bossu versa encore quelque chose dans l'oreille du cheval du roi, et il tomba aussi roide mort. — Que faire, à présent ? demanda le bossu. — Jetons sur la route, dit le roi, l'or et l'argent que porte un des mulets, et montons tous les deux sur son dos. C'est ce qu'ils firent, et ils continuèrent leur route, sur le mulet. La nuit les surprit dans un grand bois. — Entrez dans ce tas de feuilles sèches que voilà, afin de n'avoir pas froid, dit le bossu au roi, et moi, je monterai sur ce vieux chêne que voici, et de là, je veillerai sur nos mulets et sur vous. ”
Colonel Baratier, Revue des Deux Mondes tome 21, 1914
“ De la rive, pour signaler notre présence, les Bassas lancent un chant d’appel, une vocalise très haute, d’un ton presque aigu. Des baleinières, aussitôt, s’élève un chœur, un air sauvage, tantôt lent et doux, qui rase la surface du fleuve comme un oiseau aux ailes étendues, tantôt vif et rauque, qui monte au-dessus des arbres et remplit la vallée. Fait de dissonances, ce chant possède une harmonie étrange, mais réelle, puisée dans la nature au milieu de laquelle ces pagayeurs ont passé leur vie. ”
Marguerite Burnat-Provins , Le Chant du Verdier (1906)
“ Basile dans son champ : C’est solide comme un vieux mur, on en a une peine à pousser la charrue ! Il faudra bien aller tremper la bannière au torrent pour que l’eau se décide, le noir ne veut pas venir en bas. ”
Collectif, Biographie nationale de Belgique
“ BASSÉE (Adam DE LA) , DE BASSECA ou DE BASSEYA, poëte latin, musicien, chanoine de la collégiale de Saint-Pierre, à Lille, né à La Bassée, dans la premiére moitié du xiiie siècle, mort à Lille, le 25 février 1286. On conserve à la Bibliothèque impériale de Lille, sous le n° 95, un manuscrit, petit in-folio sur parchemin, intitulé : Ludus Adæ de Bassecia, canonici insulensis, super Anticlaudianum. C’est le seul ouvrage d’Adam de la Bassée que nous possédions encore. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Les Bas-bleus
“ Figurez-vous Balzac, faisant les Ménages militaires ! Lui qui pensait tout et qui pensait à tout, il avait dû les faire, sous un autre nom, dans son encyclopédique Comédie humaine, et c’est ce vide énorme laissé par Balzac qu’une femme aujourd’hui a cru pouvoir combler ! ”
Charles-Louis Philippe,
Marie Donadieu
“ Basile, avec ses gros souliers, appuyait à chaque pas, ferme et limité, écrasant sur le petit chemin sec les mottes de terre d’un coup sûr et suivant sa voie comme les hommes simples, qui n’ont qu’une pensée et ne regardent pas ailleurs. Elle baissait beaucoup la tête, mais elle vivait sa vie et considérait parfois un arbre, un fossé plein d’herbe, ou bien, au-dessus d’une haie, la tête attentive d’un bœuf qui les voyait passer et battait des paupières. Il lui fût venu des paroles comme ceci : « Grand-père, est-ce qu’il y a des bœufs qui ont les yeux bleus ? » ”
Honoré de Balzac,
La Comédie humaine - Volume 13
“ Mais l’hôtesse, qui avait demandé des nouvelles de la bossue aux deux brigands, les effraie, et ils remontent doucement dans le petit escalier de bois. La pauvre bossue se pelotonne de peur et les entend qui se disputent à voix basse. — Je te dis de la tuer. — Faut pas la tuer. — Tue-la ! — Non ! Ils entrent. Ma femme, qui n’était pas bête, ferme l’œil et fait comme si elle dormait. Elle se met à dormir, comme un enfant, la main sur son cœur, et prend une respiration de chérubin. ”
François-Marie Luzel,
Contes populaires de Basse-Bretagne
“ A mesure que le feu augmentait, les frères entendaient s’élever graduellement un bruit pareil à celui qu’ils avaient entendu dans la forêt, en venant, et, peu à peu, le drap sur lequel ils étaient se soulevait de terre, avec eux et leurs chevaux. Quand les habits du géant furent consumés, il s’éleva dans l’air, sous la forme d’une énorme boule de feu. Le drap noir s’éleva aussi à sa suite, emportant les cinq frères et leurs chevaux, et les voilà de voyager ensemble, à travers l’air. Au bout de quelque temps, le drap noir, avec les cinq frères et leurs chevaux, fut déposé sur une grande plaine. ”
Emmanuel Le Maout,
Le Jardin des plantes : description complète…
(1842-1843)
“ Le genre des Buses, de même que celui des Bondrées et des autres Faucons que nous allons observer, a les ailes longues, la queue égale, et le bec courbé dès sa base. Les Buses ont les larses très-courts et forts; mais les serres sont peu vigoureuses. Buse commune. La BUSE COMMUNE (Falco buleo, de Linné) habite l'Europe; elle est longue de vingt pouces, et son envergure est d'environ quatre pieds et demi ; le plumage est brun, plus ou moins ondé de blanc au ventre et à la gorge ; les tarses sont nus et écussonnés. C'est l'Oiseau de proie le plus abondant de nos contrées ”
Anatole Le Braz,
La Légende de la mort en Basse-Bretagne
“ La Basse-Bretagne, comme vous savez, nourrit son monde, mais ne l’enrichit pas. Jean l’Or se résolut à quitter une si pauvre terre. Il avait entendu parler de contrées merveilleuses où il suffisait, disait-on, de gratter le sol avec les ongles pour mettre à nu de véritables rochers d’or. Seulement, ces contrées-là étaient situées de l’autre côté du pays du bon Dieu, dans le domaine du diable. ”
“ Les coups de fusil crépitent de tous côtés. Tout à coup une balle claque net dans la terre du talus où je m’appuie. Je mets la face au créneau. Notre ligne serpente dans le haut du ravin: le terrain est en contre-bas devant moi, et on ne voit rien dans cet abîme de ténèbres où il plonge. Toutefois, les yeux finissent par discerner la file régulière des piquets de notre réseau plantés au seuil des flots d’ombre, et, ça et là, les plaies rondes d’entonnoirs d’obus, petits, moyens ou énormes; quelques-uns, tout près, peuplés d’encombrements mystérieux. La bise me souffle dans la figure. ”
