“ Ceux qui vivent sous les climâts où les quatre saisons sont aussi tranchées que dans notre pays ont peine à croire qu’il puisse exister des endroits où le ciel est « toujours bleu » et où le printemps règne éternellement ; ils accueillent avec un égal plaisir la venue de chaque saison, quoiqu’ils maugrèrent un peu contre l’automne, et saluent chacune comme une vieille connaissance dont l’arrivée met de la joie au cœur. ”
Quatre Saisons
Définition et enjeux
Citations sur “Quatre Saisons”
Jean-Baptiste Du Halde, Vers à soie, pratique industrielle des Chinois
“ Chaque jour, dit un auteur, est pour eux comme une année, et en a, pour ainsi dire, les quatre saisons; le matin, c'est le printemps ; le milieu du jour, c'est l'été ; le soir, c'est l'automne ; et la nuit, c'est l'hiver. En général voici des règles pratiques qui sont fondées sur l'expérience, et auxquelles il est bon de se conformer. ”
“ Partout au loin, c’était l’hiver, mais l’hiver comme dans les tableaux des Quatre-Saisons qui décorent les chambres des jeunes filles – l’Hiver, où des patineurs blancs et noirs, avec de grands foulards qui ondulent au vent, glissent au crépuscule sur un fond de forêts roses. ”
“ LES SAISONS HUMAINES Quatre saisons comblent la mesure de l'année; Quatre saisons se partagent l'esprit de l'homme: Il a son vigoureux printemps, lorsque sa pure fantaisie Saisit en tout la Beauté, simplement en étendant la main. Il a son Eté, lorsque voluptueusement Récoltant le miel des jeunes pensées printanières, il se plaît A ruminer, et, en s'élevant dans ces hauteurs de rêve, Il se rapproche le plus du ciel; de paisibles baies Abritent son âme en Automne, alors que, les ailes Etroitement repliées, il se contente de regarder Les brumes, dans l'oisiveté—de laisser les belles choses ”
Guy de Maupassant,
Clair de lune
“ Tout lui paraissait créé dans la nature avec une logique absolue et admirable. Les «Pourquoi» et les «Parce que» se balançaient toujours. Les aurores étaient faites pour rendre joyeux les réveils, les jours pour mûrir les moissons, les pluies pour les arroser, les soirs pour préparer au sommeil et les nuits sombres pour dormir.Les quatre saisons correspondaient parfaitement à tous les besoins de l'agriculture; ”
Conrad Malte-Brun,
Traité élémentaire de géographie…
(1830)
“ C'est depuis le 40e jusqu'au 60e degré que la succession des quatre saisons se montre la plus régulière et la plus sensible, sans cependant exposer la santé de l'homme. C'est aussi entre ces latitudes qu'habitent aujourd'hui les peuples les plus instruits, les plus civilisés, et ceux qui montrent le plus de courage sur mer et sur terre. ”
Voltaire,
Correspondance, V (1749-1753)
“ Il semble qu’on ne se doute pas en France, pendant l’été, qu’il y a quatre saisons, et que l’hiver en est une. On dit que c’est bien pis en Italie : les maisons n’y sont faites que pour respirer le frais, et quand les gelées viennent, toute la nation grelotte. ”
Adrien-Théodore Benoît-Champy, Fables et poésies. Passe-temps de vacances… (1871)
“ Et fronçant les sourcils : « Puisque aucune saison, » Dit-il à l'homme avec colère, « Malgré tous mes efforts, n'a le droit de te plaire, « Et que tantôt « Il fait trop froid, trop sec, trop humide ou trop chaud, « J'ordonne que l'année, « A partir de ce jour, « Sera désormais partagée cc En ces quatre saisons, d'une égale durée, « Que tu subiras tour à tour, « Pour tè punir de ton ingratitude ! » ”
Jules Helbig,
Histoire de la peinture au pays de Liége depuis l'introduction du christianisme jusqu'à la…
(1873)
“ Cette décoration, où le peintre a fait entrer bon nombre de figures de grandeur naturelle, représente les quatre saisons, ou plutôt les divertissements propres aux quatre saisons. Au printemps, une jeune fille, assise dans un jardin fleuri, cherche à faire dévoiler son avenir par une diseuse de bonne aventure. Une grande toile, consacrée à l'été, nous fait assister à une partie de danse champêtre. Les deux scènes destinées à caractériser les plaisirs de l'automne paraissent avoir été peintes après coup et sont d'un pinceau très-inférieur. ”
Confucius,
Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine
“ On peut le comparer au ciel et à la terre, qui contiennent et alimentent tout, qui couvrent et enveloppent tout; on peut le comparer aux quatre saisons, qui se succèdent continuellement sans interruption; on peut le comparer au soleil et à la lune, qui éclairent alternativement le monde. ”
Rosalba Carriera,
Journal de Rosalba Carriera pendant son séjour à Paris en 1720 et 1721
(1865)
“ Les Saisons, représentées par des jeunes filles ornées de fleurs et de fruits, pour les trois premières , et, pour l'Hiver, par une jeune femme vêtue d'un manteau rouge doublé d'hermine. Précieux pastels peints pour l'électeur de Cologne. 22 pouces de haut sur 17 de large. Prix : 3080 livres. Nous voyons reparaître plus loin ces quatre Saisons à la vente de Julienne, où elles furent vendues 4000 livres, avec un portrait de femme, coiffée en cheveux, tenant un portecrayon à la main, vendu 721 livres. ”
Morel Rathsamhausen, Description de la dernière époque géologique et explication des mythes et légendes cosmogoniques des divers peuples de l'antiquité… (1881)
“ L'inclinaison de l'axe terrestre a fait disparaître la température chaude et constante qui régnait dans les régions habitées par l'homme à l'époque falunienne, et inauguré les oppositions de température des quatre saisons. Toutes les traditions des divers peuples historiques s'accordent à cet égard; et la fastidieuse mythologie classique dit que la constante température printannière de l'âge d'or a ensuite cédé la place aux quatre saisons, printemps, été, automne, hiver. ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ Et ces statues des saisons, qui marquaient allégoriquement les quatre périodes de la vie de l’homme, que voulaient-elles dire, sinon que la nature accompagne l’homme à travers toutes les étapes de son pèlerinage, et que c’est elle qui lui fournit également des attraits pour le plaisir, des forces pour l’activité et des langueurs pour le repos ? ”
Charles Blanc,
Grandville : avec portrait et autographe
(1855)
“ Chose bizarre ! cet esprit si positif, si bien façonné à la critique de toutes les folies, était lui-même enclin aux chimères. Il côtoyait constamment les abîmes de la fantaisie. Ses publications, pourtant, ne révélaient pas encore cette tendance. En 1827, il avait mis au jour les Quatre Saisons de la Vie humaine, recueil de dix planches où il peignit les divers passe-temps de l'homme depuis l'âge de deux ans jusqu'à celui de soixante-dix. Rien de bien nou- veau dans cet ouvrage, rien de brillant ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ Le ciel est triste, nuageux ; La terre est froide et dépouillée ; Au bois plus de verte feuillée, Plus dans les airs d'accents joyeux : C'est l'hiver, en ces jours moroses, Parmi nous, hélas ! revenu. — Que n'êtes-vous donc continu, Doux temps où fleurissent les roses? Voici janvier morne et glacé ; En blancs flocons tombe la neige. C'est jour de repos.— Que ferai-je ?... Si je rappelais le passé?... — Où sont-elles, fraîches et roses, Les Saisons. 87 Bien des vierges dont le printemps Nous séduisait en nos vingt ans ? Où d'antan sont-elles les roses ? ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ J'aime au printemps, saison douce, animée, Saison des nids, des suaves senteurs, Aller le long de la verte ramée Ouïr les voix de gais oiseaux chanteurs. J'aime au printemps, saison douce, animée, A m'attarder dans la plaine embaumée Toute alors d'attraits séducteurs. II J'aime en été, souriant la nature, Quand du soleil sont ardents les rayons, A rencontrer, marchant à l'aventure, Chemins ombreux au frais où nous soyons. J'aime en été, souriant la nature, Voir les enfants courir à la capture , De diaphanes papillons. ”
Laurent Tailhade,
Les saisons et les jours
(1917)
“ Chaque moment de la belle saison s’est orné d’une parure individuelle, d’un parfum singulier. Il n’est herbe si menue, il n’est plante si rebutée et misérable qui pour glorifier le beau soleil, n’arbore quelque ornement. Les jardiniers se sont plu à dresser une horloge des fleurs. Pourquoi pas un calendrier du printemps ? ”
Comtesse de Bassanville,
Les Deux Familles, ou Bonne et mauvaise éducation…
(1859)
“ Cette lutte entre les saisons devint de jour en jour plus fréquente, et la nature, victime de leurs débats, perdit, l'aspect brillant que lui avait donné l'hiver, sans se revêtir encore de la séduisante parure que la belle saison apporte toujours avec elle. ”
Eugène Forcade, Revue des Deux Mondes
“ L’on a remarqué depuis longtemps qu’en politique l’année se partage en deux saisons : l’hiver et l’été. L’hiver est la saison des affaires, des luttes, des controverses, des agitations, des conflits ; l’été, la saison de l’apaisement, du repos, du sommeil. ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ C'est le printemps ! C'est le printemps Que l'on désire, Qui revient luire : — Oh ! le doux temps ! Oh ! le doux temps Pour les amants Qu'amour attire, Qu'amour attire Et va conduire Aux bois tentants ! Fuyez, autans ! Les Saisons. 11 LES VOIX PRINTANIERES Voici la saison printanière Que nous appelions de nos voeux; : Du soleil vive est la lumière, Et, parée à nouveau, la terre Sourit aux yeux ! Tout se réveille en la nature : La forêt reprend son murmure, Les oiseaux, leurs concerts joyeux ! ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ Lors des moissons, la récompense. Les Saisons. 81 L'HIVER Voici l'hiver de neige et de verglas, Qui nous revient après trop courte absence: C'est la saison que redoute ici-bas L'infortuné vivant dans l'indigence. Voici l'hiver !... C'est la saison, hélas ! Dont pour beaucoup funeste est l'inclémence ; C'est la saison où sur de durs grabats, Des pauvres gens augmente la souffrance ! En vous montrant et bons et généreux, C'est la saison, pour vous qu'on dit heureux, De soulager la misère profonde. Faisons le bien !... Riches, soyez humains ! ”
Ernest Cœurderoy,
Jours d’Exil, tome I
“ Pour ces hommes il n’est pas de saisons ; ils ne savent pas les brises embaumées du printemps, les nuits d’été dorées par les étoiles, les matinées d’automne argentées par le givre, et les soirées d’hiver empourprées par le feu des sarments. ”
Laurent Tailhade,
Les saisons et les jours
(1917)
“ C’est le faîte de l’année et la semaine des semaines, quand les ciels moroses du livide Occident se parent d’une grâce inconnue aux pays mêmes du lotus et de l’oranger. Le printemps s’achève ; l’été commence à peine. ”
Arthur Rimbaud,
Une saison en enfer
(1892)
“ Le chant des cieux, la marche des peuples ! Esclaves, ne maudissons pas la vie. ADIEU L'automne déjà ! — Mais pourquoi regretter un éternel soleil, si nous sommes engagés à la découverte de la clarté divine, — loin des gens qui meurent sur les saisons. L'automne. Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port de la misère, la cité énorme au ciel taché de feu et de boue. Ah ! les haillons pourris, le pain trempé de pluie, l'ivresse, les mille amours qui m'ont crucifié ! Elle ne finira donc point cette goule reine de millions d'âmes et de corps morts et qui seront jugés ! ”
Emile Bouant, Les grands froids
“ Chaque fois, et cela arrive souvent, qu'un hiver ou qu'un été ne présente pas exactement les caractères qu'on attend de lui, chacun déplore le dérèglement des saisons. Sur ce point, nous savons à quoi nous en tenir, et nous avons vu qu'au moyen âge ce prétendu renversement des saisons se produisait comme maintenant, faisait crier comme maintenant, et s'affirmait souvent par de désastreuses conséquences. ”
“ Par un égal bonheur au creux d’un même temps ; Vous n’avez plus connu vers un égal printemps L’égal déroulement des saisons gouvernées. Vous n’avez plus connu les saisons retournées Vers un égal bonheur et vers le même temps ; Vous n’avez plus connu vers le même printemps Le souple enroulement des saisons détournées. Vous n’avez plus connu de l’un à l’autre pôle La terre balancée ainsi qu’une nacelle ; Et le désistement et le retrait d’épaule D’une saison périe encor que jouvencelle. Vous n’avez plus connu de l’un à l’autre pôle La terre balancée ainsi qu’un beau trois-mâts ”
Caroline Normand, Souvenirs et pensées d'une jeune fille (1863)
“ En écoutant ces chants naïfs des vendangeurs, on oublie l'hiver et les frimas qui s'approchent; et puis les teintes de pourpre et d'or qui se mêlent à l'émeraude du feuillage, les brouillards du matin qui, à l'heure où le soleil les dissipe, se transforment en nuages légers et transparents, et vont, sous le souffle du vent, voiler l'éclat du ciel : tout cela est encore un charme de l'automne qui se sent mieux qu'il ne s'exprime. Oh ! oui, chaque saison a ses avantages particuliers. ”
“ Comme dans un temps il tourne vers le septentrion, et dans un autre vers le midi, cela forme les hivers et les étés, avec les deux saisons, dont l’une succède à la vieillesse de l’hiver, et l’autre à celle de l’été. ”
Jos Parker, Les Poètes du terroir
“ Ah ! qu’est-il de plus triste, en la saison d’automne. Que de vous voir joncher la terre de vos corps. Tandis que, sous le ciel humide et monotone, Les bois silencieux semblent pleurer leurs morts ! ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Portraits littéraires, Tome II
“ C’est qu’au spectacle du printemps l’imagination joint celui des saisons qui le doivent suivre ; à ces tendres bourgeons que l’œil aperçoit, elle ajoute les fleurs, les fruits, les ombrages, quelquefois les mystères qu’ils peuvent couvrir... ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ Printemps, jeunesse, amour, oh ! les charmantes choses Pour consoler de tant d'autres, hélas ! moroses ! 26 Rythmes variés. LE SOIR En le jour qui décline, L'astre au ciel nonpareil, Le soleil, Derrière la colline S'étant couché vermeil, Dans la saison heureuse Où brillent les bosquets Frais, Coquets, Pour notre âme rêveuse Que cette heure a d'attraits ! Alors si dans l'espace Parfois Un léger bruit Se produit, C'est un oiseau qui passe, Qui voltige et s'enfuit; C'est la brise légère Qu'attentif on surprend Les Saisons. ”
Rodolphe Töpffer,
Premiers voyages en zigzag, ou Excursions d'un pensionnat en vacances dans les cantons suisses et sur le revers italien des Alpes…
(1860)
“ Oui, du jour c'est le couchant qui nous plaît; des saisons, c'est l'automne qui est notre préférée; de la vie elle-même, si tant de voix n'étaient là pour nous contredire, nous penserions qu'une vieillesse saine, riche en fruits mûrs et en fruits tombés, calme et reposée comme l'arrière-saison, commé elle voisine du sommeil passager de l'hiver, est encore la portion la plus désirable. ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ Bien fol est qui d'entre nous, frère, Ayant pu soudain rencontrer Le bonheur, croit qu'il doit durer Sans le retour des maux sur terre. Les Saisons. 21 RONDEL Ont fait les jours d'hiver moroses Place au renouveau gracieux ; C'est la saison où sous les cieux On voit renaître toutes choses. C'est la saison des fleurs écloses, Des gais concerts, des doux aveux ! Ont fait les jours d'hiver moroses Place au renouveau gracieux. Les bois sont pleins de virtuoses Ailés ; les verts sentiers ombreux, De couples cheminant heureux ; Brillantes, embaument les roses. ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ LES JOURS D'ÉTÉ. Les jours d'été sont revenus. Le clair soleil, gai, plein de vie, Réjouit notre âme ravie ! Plus de frimas, plus d'arbres nus; A vivre aux champs tout nous convie : Les jours d'été sont revenus. Tout nous sourit dans la nature. Partout fleurissent à la fois Thym, roses, lis, à notre choix; Riche est la terre en sa culture : La plaine, les prés et les bois, Tout nous sourit dans la nature. Mille divins concerts joyeux En tous lieux captivent l'oreille, Et, de pureté sans pareille, Les Saisons. ”
Henri Bernardin de Saint-Pierre, Oeuvres choisies de Bernardin de Saint-Pierre (1836)
“ Les saisons s'y donnent la main comme les heures du jour. Le printemps, couronné de fleurs, y devance le char du soleil; l'été l'environne de ses moissons, et l'automne le suit avec sa corne chargée de fruits. ”
Victor Patard, Les saisons ; et Au pays des pommiers… (1885)
“ Vienne la saison des froids rigoureux. Les Saisons. 9 MARS Règne Mars. — Un heureux symptôme S'annonce dans tout à la fois : Sont, par soleil qui luit, moins froids Les jours; du ciel bleuit le dôme. Déjà la violette embaume, Et déjà poussent dans les bois Les bourgeons, tandis que la voix Des oiseaux réjouit le chaume. C'est, chassant l'hiver attristé, Le printemps aimable, fêté, Qui de nouveau vers nous s'avance. Pour qui préfère — avec raison — Aux frimas de l'âpre saison Verdure et fleurs, c'est l'espérance ! I. 10 Rythmes variés. ”
Ernest La Jeunesse,
L'Holocauste: Roman Contemporain
“ C’est la saison exquise où les forêts s’entr’ouvrant à peine et s’entr’ouvrant pourtant, se laissent violer doucement, à demi, et se font intimes, odorantes et charmantes pour ceux et celles qui veulent se risquer parmi elles en pèlerins, en flâneurs, en amants; c’est la saison où la mer berce en elle le soleil, la lune et les cieux, se joue avec les bras et les bouches des femmes ”
