Ernest La Jeunesse

Élements biographiques

Portrait de Ernest La Jeunesse Ernest La Jeunesse L'Holocauste: Roman Contemporain

De l'humanité et de la divinité, l'irréparable m'ont assailli au détour d'un chemin et j'ai la bouche amère d'un goût de volupté, le cœur tanné de regret et le corps oint d'une sueur avide.
Tu regrettes? Tant pis. Car il est encore temps, tu sais, il est encore temps! Et le souvenir, après tout, sera meilleur.
Non. Car on ne touche pas au passé.
Hélène, Hélène tu demeures songeuse. Tu imagines une cour selon les principes de l'hôtel de Rambouillet, une interminable école de fidélité, avant, un culte d'attente, de fièvre discrète, de respect et de subtilité dans l'innocence. Tu as tort encore.
Source : Gutenberg

Portrait de Ernest La Jeunesse Ernest La Jeunesse L'Holocauste: Roman Contemporain

Je n’ai jamais pu hurler avec les loups: c’est plus fort que moi: je murmure.
—Merci, chérie, mais écoute: je suis gentil avec toi, n’est-ce pas? parfait, lyrique, calme? Eh bien! il faut que j’use sur les gens la méchanceté qui me reste pour compte, que je sois dur, méchant, d’avance, pour venir à toi, purgé, lavé, libre, pur, tout de hautes pensées, tout cœur, tout rire—rire sans dessous—toute lumière et tous baisers.
—Je veux te donner assez de joie pour que tu en éclates, pour que, de toi, il en jaillisse aux autres, pour qu’ils soient heureux par moi, par toi
Source : Gutenberg

Portrait de Ernest La Jeunesse Ernest La Jeunesse L'Holocauste: Roman Contemporain

Les femmes sont mères: c’est entendu, c’est une La Palissade, c’est une fonction, mais [309] jamais les hommes ne furent pères. Ils ne sont pères qu’après, quand il n’y a plus à avoir mal, quand il n’y a plus l’œuvre de gésine, quand il n’y a plus de danger dans la chair, quand il n’y a plus que les molles et inoffensives inquiétudes morales. Moi, je suis père, comme j’aurais été mère, si j’avais été femme, de tout moi, de mon ventre, de mon sang et de ma chair, de mes entrailles contractées et saignantes, de mon mal de cœur, de mon mal de tête, de mes évanouissements et de mes nausées.
Source : Gutenberg

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