Résumé

Portrait de Ernest La Jeunesse Ernest La Jeunesse Le forçat honoraire: roman immoral

On a peur du chaud qui est atroce, du feu qui est possible, de tous les assassinats qu'on a commis soi-même ou qui ont été commis autour de vous. Je passai des heures à me chanter en moi-même et pour moi seul des scies grotesques qui me dégoûtaient à Paris et qui, là, m'apportaient je ne sais quel parfum du boulevard et ce brave goût de la boue et de pis qu'on subit autour de l'Opéra et qui garde de l'émotion, de la distinction et de la peine. Je me pelotonnai, je m'accroupis sur mes souvenirs de femmes, en tas.
Source : Gutenberg

Portrait de Ernest La Jeunesse Ernest La Jeunesse Le forçat honoraire: roman immoral

Comme c'est triste! dit Bihyédout. Il faut sortir du bagne pour s'attacher à la grandeur, à la tendresse, à l'infini de ce paysage engeôlé! Et encore, toi, tu dois n'y rien comprendre: tu ne t'es pas évadé! Mais pour moi, ce sont les lacs, les entrelacs et les lacis de toutes les Guyanes avec les routes pour gardes-chiourmes français et indiens et les baraques, à droite et à gauche, où dorment, d'un œil, les guet-apens, les fers et les boucles!... C'est délicieux, tout de même.
Source : Gutenberg

Portrait de Ernest La Jeunesse Ernest La Jeunesse Le forçat honoraire: roman immoral

Un couteau vous fait autant de bien à voir au bagne qu'une belle bouée de sauvetage en pleine mer, dans l'eau. C'est le fruit défendu, c'est l'outil, c'est la liberté, c'est l'âme même. On se sent vivre puisqu'on peut tuer et se tuer. Mais ce couteau-là! Je ne le reconnaissais pas, je lui appartenais. C'était mon couteau, à moi, mon crime, ma peine, mon existence!
Source : Gutenberg

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