Résumé

Antoine Mesclon Comment j'ai subi quinze ans de bagne (1931)

« La baille restera là », une clameur formidable, et que j'eus l'impression d'être unanime, éclata.
Les soixante-dix incos de la case se dressant, comme des ressorts, sur leur bas-flanc, hurlèrent d'une voix où la révolte était nettement affirmée : « Si elle sortira. »
Le surveillant devint blême. Autant surpris que lui, je me retournai et, à ces hommes dressés, je criai :
« Assez, assez », et peu après, comme le surveillant s'esquivait : « C'est moi qui vais payer cela ».
Le surveillant revint avec un porte-clés et la corvée se fit alors comme d'habitude.
Source : Gallica

Antoine Mesclon Comment j'ai subi quinze ans de bagne (1931)

Vous, Monsieur l'honnête homme, descendez au fond de votre conscience si tant est que vous en ayez une, et après avoir comparé votre sort au mien, inscrivez-vous en faux, si vous l'osez, contre mon raisonnement et continuez de vitupérer contre les embusqués du bagne. Pour moi qui n'aspire plus qu'à l'oubli du passé et qu'au repos de la tombe, je mourrai comme j'ai vécu, c'est-à-dire sans haine au cœur pour personne, car s'il me fallait maudire tous les honnêtes gens dont j'ai eu à souffrir et dont je souffre encore, une nouvelle existence ne me suffirait pas.
Source : Gallica

Antoine Mesclon Comment j'ai subi quinze ans de bagne (1931)

J'admire, d'autre part, le miséricordieux conseil que vous donnez à nos gouvernants en leur donnant à entendre que si, dans le nombre des embusqués du bagne que l'on enverra à l'abattoir quelques-uns en réchappent, on devra les faire bénéficier, non pas d'une grâce entière et de la réhabilitation, mais d'une réduction de peine. C'est ce que vous appelez être juste, même envers les maudits. Quelle grandeur d'âme ô Tartufe! ô pied-plat! De qui tiens-tu ce pouvoir de lier et de délier, d'avilir et de réhabiliter qui bon te semble? De ta conscience d'honnête homme, dis-tu?
Source : Gallica

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