Albert Londres,
Au bagne
(1924)
“ Le bagne n’est pas une machine à châtiment bien définie, réglée, invariable. C’est une usine à malheur qui travaille sans plan ni matrice. On y chercherait vainement le gabarit qui sert à façonner le forçat. Elle les broie, c’est tout, et les morceaux vont où ils peuvent. Matelots, garçons de famille, porte-clés, et autres combinards, ne doivent pas faire illusion. La Guyane n’est d’ailleurs pas pour eux la vallée des Roses. Être condamné à laver, à servir, à vidanger — à l’œil et avec le sourire — ne correspond probablement pas aux rêves de jeunesse de ces messieurs. ”
