“ Georges reconnaissait des gens célèbres, la duchesse de Terracine, le comte et la comtesse de Ravenel, le général prince d’Andremont, la toute belle marquise des Dunes, puis tous ceux et toutes celles qu’on voit aux premières représentations. On le saisit par le bras et une voix jeune, une voix heureuse lui murmura dans l’oreille : — Ah ! vous voilà enfin, méchant Bel-Ami. Pourquoi ne vous voit-on plus ? C’était Suzanne Walter le regardant avec ses yeux d’émail fin, sous le nuage frisé de ses cheveux blonds. ”
Bel-Ami
Définition et enjeux
Bel-Ami, roman réaliste de Guy de Maupassant publié en 1885, explore l’ascension ambiguë d’un homme ambitieux, Georges Duroy, à travers les enjeux du journalisme parisien et des relations de pouvoir. L’auteur démontre comment la presse, le capitalisme et les dynamiques sociales s’entrelacent, tout en soulignant l’influence discrète des femmes dans ce monde dominé par les hommes.
À travers les réseaux de relations et les manœuvres de Duroy, Maupassant satirise les mécanismes de la société de la Troisième République, illustrant la montée d’un individu sans scrupules. Le roman, d’abord publié en feuilleton, révèle une critique acérée des pratiques journalistiques et des enjeux politiques de l’époque.
Citations sur “Bel-Ami”
“ Quand Du Roy entra, le patron poussa un cri de joie : — Ah ! quelle chance, voilà Bel-Ami ! Il s’arrêta net, un peu confus, et s’excusa : — Je vous demande pardon de vous avoir appelé ainsi, je suis très troublé par les circonstances. Et puis, j’entends ma femme et mes filles vous nommer « Bel-Ami » du matin au soir, et je finis par en prendre moi-même l’habitude. Vous ne m’en voulez pas ? Georges riait : — Pas du tout. Ce surnom n’a rien qui me déplaise. Le père Walter reprit : — Très bien, alors je vous baptise Bel-Ami, comme tout le monde. Eh bien ! voilà, nous avons de gros événements. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami/Édition Conard, 1910
“ Bel-Ami est le chef-d’œuvre de ce jeune pessimiste, un modèle de satire en action, un tableau tout en repoussoirs. Jamais on n’a raconté avec tant de verve, le triomphe d’un gredin qui n’est pas même un homme de talent dans son métier : la vraisemblance y perd même un peu. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Bel-Ami, à genoux à côté de Suzanne, avait baissé le front. Il se sentait en ce moment presque croyant, presque religieux, plein de reconnaissance pour la divinité qui l’avait ainsi favorisé, qui le traitait avec ces égards. Et sans savoir au juste à qui il s’adressait, il la remerciait de son succès. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Un coup de timbre les fit tressaillir ; et, d’une secousse, ils s’éloignèrent l’un de l’autre. Elle murmura : — Ce doit être Laurine. L’enfant parut, puis s’arrêta interdite, puis courut vers Duroy en battant des mains, transportée de plaisir en l’apercevant, et elle cria : — Ah ! Bel-Ami ! Mme de Marelle se mit à rire : — Tiens ! Bel-Ami ! Laurine vous a baptisé ! C’est un bon petit nom d’amitié pour vous, ça ; moi aussi je vous appellerai Bel-Ami ! Il avait pris sur ses genoux la fillette, et il dut jouer avec elle à tous les petits jeux qu’il lui avait appris. ”
“ Les femmes ont besoin d’être matées».Madeleine l’attendait.Page 386, ligne 1, Du Roy, qui était d’humeur querelleuse, feignit...Page 390, ligne 21, Clotilde.«Demain deux heures chez nous, n’est-ce pas.»Il signa «Bel-Ami» comme il faisait avec elle depuis la reprise de leur amour. En rentrant...Page 395, ligne 11, lentement...—Non. Pas du tout.Page 397, ligne 15, douteuse. Des passants parfois s’arrêtaient pour le regarder passer avec envie.La lance des arroseurs donnait des désirs de douche et le pavé de bois fumait un peu sous la pluie tiède qui s’évaporait aussitôt. Du Roy tira... ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ — Ma chère amie, tu me vois fort troublé, fort triste et fort embarrassé de ce que j’ai à t’avouer. Je t’aime beaucoup, je t’aime vraiment du fond du cœur, aussi la crainte de te faire de la peine m’afflige-t-elle plus encore que la nouvelle même que je vais t’apprendre. Elle pâlissait, se sentant trembler, et elle balbutia : — Qu’est-ce qu’il y a ? Dis vite ! Il prononça d’un ton triste mais résolu, avec cet accablement feint dont on use pour annoncer les malheurs heureux : — Il y a que je me marie. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Ils avaient eu un été d’amour charmant, un été d’étudiants qui font la noce, s’échappant pour aller déjeuner ou dîner à Argenteuil, à Bougival, à Maisons, à Poissy, passant des heures dans un bateau à cueillir des fleurs le long des berges. Elle adorait les fritures de Seine, les gibelottes et les matelotes, les tonnelles des cabarets et les cris des canotiers. Il aimait partir avec elle, par un jour clair, sur l’impériale d’un train de banlieue et traverser, en disant des bêtises gaies, la vilaine campagne de Paris où bourgeonnent d’affreux chalets bourgeois. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Ils prirent un fiacre découvert, gagnèrent les Champs-Élysées, puis l’avenue du Bois-de-Boulogne. C’était une nuit sans vent, une de ces nuits d’étuve où l’air de Paris surchauffé entre dans la poitrine comme une vapeur de four. Une armée de fiacres menait sous les arbres tout un peuple d’amoureux. Ils allaient, ces fiacres, l’un derrière l’autre, sans cesse. Georges et Madeleine s’amusaient à regarder tous ces couples enlacés, passant dans ces voitures, la femme en robe claire et l’homme sombre. C’était un immense fleuve d’amants qui coulait vers le Bois sous le ciel étoilé et brûlant. ”
“ Georges et Madeleine se retrouvaient là dans le défilé des voitures ramenant au logis, au lit désiré, l’éternel couple, silencieux et enlacé. Il semblait que l’humanité tout entière glissait à côté d’eux, grise de joie, de plaisir, de bonheur. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Georges, affolé de joie, se croyait un roi qu’un peuple venait acclamer. Il serrait des mains, balbutiait des mots qui ne signifiaient rien, saluait, répondait aux compliments : « Vous êtes bien aimable. » Soudain il aperçut Mme de Marelle ; et le souvenir de tous les baisers qu’il lui avait donnés, qu’elle lui avait rendus, le souvenir de toutes leurs caresses, de ses gentillesses, du son de sa voix, du goût de ses lèvres, lui fit passer dans le sang le désir brusque de la reprendre. Elle était jolie, élégante, avec son air gamin et ses yeux vifs. ”
“ Duroy avait trouvé le corton de son goût et il laissait chaque fois emplir son verre. Une gaieté délicieuse entrait en lui ; une gaieté chaude, qui lui montait du ventre à la tête, lui courait dans les membres, le pénétrait tout entier. Il se sentait envahi par un bien-être complet, un bien-être de vie et de pensée, de corps et d’âme. Et une envie de parler lui venait, de se faire remarquer, d’être écouté, apprécié comme ces hommes dont on savourait les moindres expressions. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Et pourtant chacun porte en soi le désir fiévreux et irréalisable de l’éternité, chacun est une sorte d’univers dans l’univers, et chacun s’anéantit bientôt complètement dans le fumier des germes nouveaux. Les plantes, les bêtes, les hommes, les étoiles, les mondes, tout s’anime, puis meurt pour se transformer. Et jamais un être ne revient, insecte, homme ou planète ! Une terreur confuse, immense, écrasante, pesait sur l’âme de Duroy, la terreur de ce néant illimité, inévitable, détruisant indéfiniment toutes les existences si rapides et si misérables. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ C’était une chambre de maison garnie, aux meubles communs, où flottait cette odeur odieuse et fade des appartements d’hôtel, odeur émanée des rideaux, des matelas, des murs, des sièges, odeur de toutes les personnes qui avaient couché ou vécu, un jour ou six mois, dans ce logis public, et laissé là un peu de leur senteur, de cette senteur humaine qui, s’ajoutant à celle des devanciers, formait à la longue une puanteur confuse, douce et intolérable, la même dans tous ces lieux. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Elle me gâte tout ce que je fais, tout ce que je vois, ce que je mange et ce que je bois, tout ce que j’aime, les clairs de lune, les levers de soleil, la grande mer, les belles rivières, et l’air des soirs d’été, si doux à respirer ! ”
“ Il est si profond et si triste, le silence de la chambre où l’on vit seul. Ce n’est pas seulement un silence autour du corps, mais un silence autour de l’âme, et, quand un meuble craque, on tressaille jusqu’au cœur, car aucun bruit n’est attendu dans ce morne logis. ”
“ Le soleil, un puissant soleil de mai, répandait sa lumière oblique sur les embarcations et sur le fleuve calme qui semblait immobile, sans courant et sans remous, figé sous la chaleur et la clarté du jour finissant. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Nous ne pouvons même pas avoir une voiture à nous avec ça. Ils arrivaient au dernier salon, et, en face d’eux s’ouvrait la serre, un large jardin d’hiver plein de grands arbres des pays chauds abritant des massifs de fleurs rares. En entrant sous cette verdure sombre où la lumière glissait comme une ondée d’argent, on respirait la fraîcheur tiède de la terre humide et un souffle lourd de parfums. C’était une étrange sensation douce, malsaine et charmante, de nature factice, énervante et molle. On marchait sur des tapis tout pareils à de la mousse entre deux épais massifs d’arbustes. ”
“ Et penser qu’un être humain, si songeur et si tourmenté, n’est qu’un imperceptible grain de la poussière de vie semée sur notre petite terre qui n’est elle-même qu’un grain dans la poussière des mondes. ”
“ Chaque pas m’approche d’elle, chaque mouvement, chaque souffle hâte son odieuse besogne. Respirer, dormir, boire, manger, travailler, rêver, tout ce que nous faisons, c’est mourir. Vivre enfin, c’est mourir ! ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Elle avait l’air d’une frêle poupée blonde, trop petite, mais fine, avec la taille mince, des hanches et de la poitrine, une figure de miniature, des yeux d’émail d’un bleu gris dessinés au pinceau, qui semblaient nuancés par un peintre minutieux et fantaisiste, de la chair trop blanche, trop lisse, polie, unie, sans grain, sans teinte, et des cheveux ébouriffés, frisés, une broussaille savante, légère, un nuage charmant, tout pareil en effet à la chevelure des jolies poupées de luxe qu’on voit passer dans les bras de gamines beaucoup moins hautes que leur joujou. ”
Guy de Maupassant,
Bel-Ami
(1885)
“ Il s’effaça à l’entrée de la descente étroite qu’éclairait un bec de gaz ; et la brusque transition de la lumière du jour à cette clarté jaune avait quelque chose de lugubre. Une odeur de souterrain montait par cette échelle tournante, une senteur d’humidité chauffée, de murs moisis essuyés pour la circonstance, et aussi des souffles de benjoin qui rappelaient les offices sacrés, et des émanations féminines de Lubin, de verveine, d’iris, de violette. ”
Clément Marot, Les œuvres de Clément Marot
“ J'attens le jour, que l'on m'escondira, Ou que de tout la Belle me dira, Amy t'amour sera recompensée. Mon alliance est fort bien commencée. Mais je ne sçay, comment il en yra, Car s'elle veult, ma vie perira, Quoy qu'en Amour s'attend d'estre avancée. ”
“ — Je ne sais pas faire de discours, Emma, dit-il ; si je vous aimais moins peut-être pourrais-je parler plus. Mais vous me connaissez : vous n’avez jamais entendu de moi que la vérité ; je vous ai souvent fait des reproches et vous m’avez écouté avec patience. Supportez encore une fois, ma chère Emma, l’expression de la vérité. J’ai toujours été un amoureux bien froid, mais vous m’avez compris, j’espère. Je ne demande maintenant qu’à entendre de nouveau votre voix. ”
Louisa May Alcott,
Les Quatre Filles du docteur March
(1868)
“ « Quant à vous, Amy, dit Meg continuant sa réprimande, vous êtes à la fois prétentieuse et raide ; c’est quelquefois drôle, mais, si vous n’y faites pas attention, vous deviendrez une petite créature remplie d’affectation. Vous êtes gentille quand vous êtes naturelle ; mais vos grands mots, que vous écorchez et que vous ne comprenez pas toujours, sont aussi mauvais dans leur genre que les mots trop familiers que vous reprochez à Jo. ”
Honoré de Balzac,
La peau de chagrin
(1831)
“ Les deux amis étendirent la serviette et y superposèrent la Peau de chagrin. Émile, dont la main semblait être plus assurée que celle de Raphaël, décrivit à la plume, par une ligne d’encre, les contours du talisman, pendant que son ami lui disait : — J’ai souhaité deux cent mille livres de rente, n’est-il pas vrai ? Eh bien, quand je les aurai, tu verras la diminution de tout mon chagrin. ”
Rudyard Kipling,
Histoires comme ça pour les petits
“ Suleiman-bin-Daoud était un réellement vraiment sage monarque, Mieux Aimée. Après cela, il n’oublia jamais plus que c’est bête de vouloir étonner les gens ; et maintenant commence la partie vraiment historique de mon histoire. Il épousa des femmes tant et plus. Il épousa neuf cent quatre-vingt-dix-neuf femmes, sans compter Balkis la Très Adorable ; et elles vivaient toutes dans un grand palais d’or, au milieu d’un ravissant jardin d’eaux vives. La vérité, c’est qu’il n’avait pas besoin de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf femmes ; ”
Louis Bel, Lettre de Monseigneur Louis Bel… (1868)
“ Elle consiste pour nos Abyssins, comme pour la majorité des Chrétiens d'Orient, voire même les Musulmans, dans l'opiniâtre et aveugle attachement à certaines pratiques de dévotion extérieure qui ne sont qu'un fantôme, un simulacre de la vraie religion, laquelle, comme son Divin Fondateur, demande avant tout des adorateurs en esprit et en vérité, et ne cesse de répéter avec lui : « Ce peuple m'honore du bout des lèvres, tandis que son cœur est loin de moi. » Ou bien ces autres paroles : « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements. Dieu ne rejette jamais un cœur contrit et humilié ! » ”
Marc Ami,
Le naufrage de l’Annie Jane
“ On l’appela pendant longtemps et avec raison, le Missionnaire de la cité. Travailleur assidu et fortement trempé pour la lutte, il se dépensa sans ménagement, au triomphe de la vérité et au soulagement des souffrances humaines. Nous le voyons, année après année, parcourir les rues de la ville, visiter la place du marché, distribuant l’Évangile, répondant aux attaques des fanatiques, luttant contre le courant envahisseur de l’ignorance et des préjugés, et faisant bonne contenance partout où son devoir l’appelait. Peu de missionnaires, au Canada, eurent à subir autant d’outrages que van Buren. ”
Honoré de Balzac,
La Fausse Maîtresse
“ On eût dit que, semblable à l'une de ces princesses des Mille et un Jours, Émilie fût assez riche, assez belle pour avoir le droit de choisir parmi tous les princes du monde; ses objections étaient plus bouffonnes les unes que les autres: l'un avait les jambes trop grosses ou les genoux cagneux, l'autre était myope; celui-ci s'appelait Durand, celui-là boitait; presque tous lui semblaient trop gras. ”
Gustave Flaubert,
Madame Bovary
(1856)
“ La journée du lendemain était affreuse, et les suivantes étaient plus intolérables encore par l’impatience qu’avait Emma de ressaisir son bonheur, — convoitise âpre, enflammée d’images connues, et qui, le septième jour, éclatait tout à l’aise dans les caresses de Léon. Ses ardeurs, à lui, se cachaient sous des expansions d’émerveillement et de reconnaissance. Emma goûtait cet amour d’une façon discrète et absorbée, l’entretenait par tous les artifices de sa tendresse, et tremblait un peu qu’il ne se perdît plus tard. ”
Théophile Gautier,
Le Capitaine Fracasse
“ «Mes premiers pas sur la scène, dit en riant le Baron, ont pour spectateurs des veaux et des bêtes à cornes; il y aurait de quoi humilier mon amour-propre, si j’en avais.—Et ce ne sera pas, répondit Bellombre, la dernière fois que vous aurez un tel public; il y a toujours dans la salle des imbéciles et des maris.» ”
Louisa May Alcott,
Les Quatre Filles du docteur March
(1868)
“ C’est très bien d’avoir des talents et d’être distingué, mais non d’en faire parade ou de se pavaner parce qu’on en a, reprit pensivement Amy. — Il faut laisser aux autres le soin de les remarquer ; chercher à les faire valoir, c’est leur faire perdre tout mérite, dit M me Marsch. « Quand on se paie soi-même, les autres ne vous doivent plus rien », vous avez dû lire cela dans la Morale familière, Amy. ”
Maurice Leblanc,
La Femme aux deux sourires
“ Pour ne pas retomber au silence, et pour satisfaire au vœu de Thérèse en détournant les soupçons de la jeune fille, il dit : — J’ai été l’ami de votre mère, Antonine, et l’ami, le confident de celui... ”
Gustave Flaubert,
Madame Bovary
(1856)
“ non, n’est-ce pas, aucune ne te plaît ? Il y en a de plus belles ; mais, moi, je sais mieux aimer ! Je suis ta servante et ta concubine ! Tu es mon roi, mon idole ! tu es bon ! tu es beau ! tu es intelligent ! tu es fort ! Il s’était tant de fois entendu dire ces choses, qu’elles n’avaient pour lui rien d’original. Emma ressemblait à toutes les maîtresses ; et le charme de la nouveauté, peu à peu tombant comme un vêtement, laissait voir à nu l’éternelle monotonie de la passion, qui a toujours les mêmes formes et le même langage. ”
