Maurice Maeterlinck,
Serres chaudes
“ Mes mains cueillent de l’herbe sèche, Et mes yeux ternis de sommeil, Sont des malades sans eau fraîche, Et des fleurs de cave au soleil. J’attends de l’eau sur le gazon Et sur mes songes immobiles, Et mes regards à l’horizon Suivent des agneaux dans les villes. Âme de serre Je vois des songes dans mes yeux ; Et mon âme enclose sous verre, Éclairant sa mobile serre, Affleure les vitrages bleus. Ô les serres de l’âme tiède, Les lys contre les verres clos, Les roseaux éclos sous leurs eaux, Et tous mes désirs sans remède ! ”
