André Baillon

Résumé

André Baillon Par fil spécial (1924)

Un banquier a besoin d’un million : il rêve qu’il a découvert une mine. Il se rend à l’UPRÈME ; il paie. Qu’il ait payé, ce n’est pas de l’information. Qu’il ait rêvé, ce n’est pas de l’information. « Le banquier a découvert une mine ». Voilà notre information !
Il arrive qu’une information soit vraie : ce n’est pas nécessaire. Qu’elle soit fraîche et, si possible, sensationnelle.
D’un journal à l’autre, on trouve l’information qui sert à tous : le prix du bœuf à l’Abattoir, le satyre, la catastrophe de chemin de fer, l’éruption du Vésuve.
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André Baillon Par fil spécial (1924)

Le chapeau de Richard salue très haut sa Majesté.
Comment voulez-vous que sa photo soit un peu floue ?
— Et celle-ci, Richard ?
— Belle, n’est-ce pas ? Le cortège passait. J’étais sur une échelle. Il aurait pu ne pas me voir, et puis un roi qui regarde en l’air, c’est bête. Je redescends, je me glisse jusqu’au cordon des gardes, je me couche entre les pattes d’un cheval : comme ceci, et, clic.
— En effet, Richard. Mais il me semble, que ce que l’on voit le mieux, c’est quelque chose de rond, on dirait le ventre d’un cheval.
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André Baillon Par fil spécial (1924)

Il y a des téléphones, des oreilles pour les cornets de ces téléphones, des mains qui portent aux oreilles ces cornets de téléphone.
Il y a des machines. Des machines à écrire, des machines à calculer, des machines à dicter, des doigts pour ces machines, des cerveaux et des yeux pour les doigts de ces machines.
Après les petites, il y a de grandes machines : des rotatives, des foreuses, des fraiseuses, des transporteuses, des linotypes.
Il y a des moments : des moments où l’on court, des moments où l’on rit, des moments où l’on se tait si fort que l’on pense à la mort.
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