André Baillon

Résumé

André Baillon La Vie est quotidienne

« Tiens ! une pancarte », puis cette même voix qui jure : « Ah ! nom de Dieu ! les cochons !... » Le temps de s’arranger comme s’il était là depuis longtemps, Jean Lhair paraît. Gros ventre, crâne qui brille : une bonne tête. L’expression du petit enfant qu’il n’est plus, et de l’homme mûr, qu’il est hélas ! Sa bonne tête ne demande qu’à rire, mais aujourd’hui, après cette pancarte, tout ce qu’elle porte de graisse, de peau, de rides, pend avec l’air de pleurer.
M. Sinet, en le voyant, s’est mis à ressembler très fort à un renard. Il plonge, plus avant, dans ses paperasses.
Source : Wikisource

André Baillon La Vie est quotidienne

Il se promène. Quand il pense à l’anglais des patrons, il pouffe. Mais cet anglais est pour « l’embêter » alors il rage. Comme il s’arrête un moment pour relire sa pancarte, il jette un coup d’œil à l’horloge qui marque midi moins cinq et quelque chose se met à rayonner dans le visage de Jean Lhair. On dirait la lune qui se lève. Avec les aiguilles qui avancent, cette lune devient plus claire ; à midi moins deux, c’est presque la pleine lune ; à midi, comme le secrétaire qui va déjeuner pique une tête, c’est la pleine lune tout entière.
M. Sinet (imitant la voix lugubre de Jean Lhair.)
Source : Wikisource

André Baillon La Vie est quotidienne

C’est exquis. On a envie de souffler dessus, tant c’est froid. Cela fond dans la bouche comme une fraîcheur. Quand on mange le blanc, on avale un parfum de vanille ; le brun est au moka. Mais le rouge, Madame ! Pour peu qu’on ait la chance de tomber sur le rouge, on se croirait au fond d’un bois, à croquer la framboise sur les lèvres d’une maîtresse !
Et ce n’est pas tout ! Pour que ce soit meilleur, il arrive qu’on saupoudre la bombe avec de petits machins verts, hachés menu. Oh ! non ! pas du persil ! De l’angélique, ou, comme vous dites, de la pistache, Madame !
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature