Paul Arène,
Nouveaux contes de Noël
(1890)
“ Car, dans les champs sans route où marque, noire au milieu d’une nappe blanche, la piste matinale du facteur rural, s’avancent des troupeaux de dindes qu’on mène, gloussant, au marché. Un printemps qui annonce Noël : le grand repas, la bûche bénie ; le nougat au miel, brun tambour-major de tout un régiment de friandises ; et les bouteilles de clairette jetant leur bouchon au plafond dans une éruption de mousse en perles ; et les poires d’hiver à peau glacée qu’on va, pour le dessert de minuit, chercher avec grand’mère, sur la paille où mûrit la sorbe, dans la bonne odeur du fruitier. ”
