Jean Aicard

Jean Aicard

Résumé

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard L'Été à l'ombre (1895)

Les hommes marchent, les souliers s’usent. Pan, pan ! de bas en haut ; tac, tac, de droite à gauche !... Toute la vie, Martin, tu tireras l’alène et tu frapperas du marteau, assis sur ta chaise basse, dans ta boutique étroite, dans un coin de la place de mon village, devant l’église d’où sortent, tous les dimanches, des chants monotones comme l’éternité dont ils parlent, comme l’enfer et le paradis, comme notre vie mortelle qui va, tac, tac, de droite à gauche, de la crainte à l’espérance, toujours, toujours !
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard L'Été à l'ombre (1895)

Le brick s’éloignait fièrement. Il se balançait comme pour faire le beau. Le jour éclatait, empourprant sa haute voilure d’été, blanche, nettement découpée sur du bleu sans bords.
Les voix du brick m’arrivaient à présent confuses ; et, sur le quai, non loin, des cueilleuses d’immortelles, qui riaient parce qu’elles avaient seize ans, passaient, se rendant à leur travail, aux cultures étagées là-bas sur la colline ; et le chanteur de la veille, ayant mis à la mode, dans tout le village, la chanson du conscrit, elles redisaient en chœur avec des voix fraîches comme la jeunesse
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard L'Été à l'ombre (1895)

A toi, le peintre exact des étés qui chauffent à blanc, et des ombres couleur de pervenche, je dédie ce livre, parce que tu y retrouveras quelques souvenirs de notre pays où ta bastide n’est pas loin de la mienne, où la lumière et l’azur sont des réalités brutales, où l’ombre est un rêve en vain désiré.
Tu retrouveras, dans ce petit livre, le potier notre voisin, le savetier et le maçon de notre village, la culture ardente des immortelles, inaltérables fleurs du souvenir, et cette histoire des deux étameurs, bonne à réjouir des simples, des enfants, des villageois restés candides.
Source : Gutenberg

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