Spitz

Définition et enjeux

André Baillon,  Moi quelque part

“ C’est étonnant, dit Spitz, je n’ai rien entendu.
À la promenade, Spitz court en avant, le corps oblique comme s’il traînait une brouette. Il en a traîné beaucoup dans sa vie : c’est sa déformation professionnelle. J’ai beau le savoir, je m’étonne chaque fois de lui trouver la tête si près du derrière, comme s’il n’avait pas de ventre.
C’est Spitz qui me guide. Il devine les sentiers que je prendrai. S’il se trompe, je le suis quand même. Le soleil n’est pas meilleur à gauche qu’à droite et partout il y a de la bruyère.
”
Source : Wikisource

André Baillon,  Moi quelque part

“ Étalée sur le flanc, Spitz se dégonfle d’un chiot, à tête noire, les pattes couleur de chair, dont je me déferai sans peine, puisqu’il est déjà mort.
Je tâte le ventre à ma bête. De sac est vide. Enfin seuls !
Spitz a de la race : c’est un noble, un vrai, pas un de ces freluquets à blason que l’on fabrique dans les chenils de la ville. Chien de berger, il est né dans une étable, au milieu du troupeau que surveillait sa mère. Il a des crins, des dents à mordre à travers la laine les cuisses aux moutons.
”
Source : Wikisource

André Baillon,  Moi quelque part (1920)

“ Eh bien, bonsoir, Benooi.
Tant pis, s'il me voit courir. Bientôt, je perçois devant moi le craquement d'une charrette qui roule, puis je la devine tout près dans le noir. Attention! Je m'avance à sa hauteur, et avec tout ce que je puis de ma lanterne, je la tire hors de l'ombre. C'est bien une roulotte, peinte en rouge; derrière, la femme qui pousse ; devant, l'homme qui fait le cheval et courant de l'un à l'autre, quelque chose d'obscur, un chien, grand comme Spitz, qui pourrait être Spitz, mais qui n'est pas Spitz puisque Spitz est noir et celui-ci tout jaune.
”
Source : Gallica

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