“ Les mouettes s’en vont vers la mer, vers le Nord, Affermissant leur vol pour la lutte et l’effort. L’air du large frissonne et souffle dans leurs ailes... Les mouettes s’en vont vers la mer, vers le Nord... ”
Citations sur “moue”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Poésies
“ Parmi la mousse et l’herbe, avec un long murmure Jaillir un courant d’eau. Pourtant jamais aux bords de l’onde murmurante, Malgré le poids du jour et la soif dévorante, Ne boit le voyageur ; Jamais un front de vierge, incliné sur la rive, N’y mire, en se lavant, sa parure naïve Et sa chaste rougeur. Car qu’importe la mousse, et l’ombre, et le silence, Et qu’en effleurant l’onde un souffle frais balance Les rameaux sur son cours ? Cette onde dans sa source est comme du bitume ; Elle brûle et dévore, et toujours elle écume, Et bouillonne toujours. ”
Alfred Driou, Le Livre d'or des grandes curiosités du globe… (1870)
“ Vous aimez les eaux, n'est-ce pas, que ces eaux soient un ruisseau, une rivière, un fleuve ou un lac, un torrent ou une cascade? En effet, un paysage, une vallée, un site quelconque sans eau, c'est une perspective inerte, car elle est sans mouvement et sans vie. Il est si charmant de voir le ruisseau naître d'une goutte d'eau, ou bien tomber en écharpe irisée que lutine la brise, de la fissure d'un rocher ! ”
Louis Bertrand,
Revue des Deux Mondes
“ Et partout une boue profonde, épaisse, gluante, envahissante, qui jaillit sous les roues, en éclaboussures explosantes comme une mitraille, une mer de boue se déroulant à l’infini sous la désolation du ciel bas, — toute la boue des automnes et des hivers lorrains, où s’enliza ma morne enfance. ”
Eugène Pelletan,
Le Monde marche, Lettres à Lamartine
“ Le vent souffle, le fleuve coule, la plante fleurit, et l’animal, type unique en réalité, mais rayonnant, mais progressant à l’infini vers un idéal suprême encore absent, glisse, nage, court, bondit, vole, sur l’herbe, sous l’eau, dans la plaine, dans la forêt, dans le nuage. ”
Madame Mallès de Beaulieu, La Petite société savante, ou Entretiens de quelques enfans sur les sciences qu'ils doivent étudier plus tard… (1836)
“ Les rivières sont des eaux de sources qui coulent dans un lit, et se jettent dans des fleuves. LUCIE. —Qu'est-ce que c'est que les fleuves ? je l'ai oublié. CÉCILE. — Ce sont aussi des eaux courantes , mais plus considérables , et qui vont se perdre dans la mer. GEORGE. — Et l'endroit où une rivière tombe dans une autre se nomme confluent ; celui où un fleuve se jette dans la mer s'appelle embouchure. CÉCILE. — Les montagnes sont des éminences considérables sur la surface de la terre ; celles qui sont petites se nomment collines. ”
Théodore Hannon,
Au clair de la dune
“ En son beau geste fait au moule, Bénir l’huître noble et sa sœur Plus démocratique, la moule ? Quoi qu’il en soit, déjà le flot À venir vers lui nous invite : Nous allons former un bon lot De beaux diables dans l’eau bénite. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Poésies
“ Qui murmure voilé sous les fleurs du berceau, Qu’un fleuve résonnant dans un grand paysage ! Car le fleuve avec lui porte, le long des bords, Promeneurs, mariniers ; et les tonneaux des ports Nous dérobent souvent le gazon du rivage. ”
Élisée Reclus,
Histoire d’un ruisseau
“ C’est précisément dans ses plus petites retraites que la nature montre le mieux sa grandeur. Étendu sur un tapis de mousse, entre deux racines qui me servent d’appui, je contemple avec admiration ces hautes berges, ces défilés, ces cirques, ces gradins et la sombre voûte de feuillage qui me racontent avec tant d’éloquence l’œuvre grandiose de la goutte d’eau. ”
“ Font le doux bruit de l’eau qui glisse dans les bois, Sur un lit de verdure et de feuilles froissées. Ta voix, vive et légère, est comme l’eau qui fuit. Elle chante comme elle, et comme elle soupire. ”
Louis Boué, Encore une Obole ! Aux Bordelais… (1875)
“ Le ruisseau devint fleuve et le fleuve océan. L'onde alors, sous l'effort de son fougueux élan, Commença follement sa course furibonde... Avez-vous vu des champs que le torrent inonde ? Tandis que le Silence horrible y règne seul, La nappe d'eau sur eux s'étend comme un linceul ! ”
Élisée Reclus,
Histoire d’un ruisseau
“ Ainsi que l’indiquent les plongeons et les émersions successives de la feuille entraînée, l’eau qui vient de descendre vers le fond, remonte par une nouvelle courbe vers la surface, s’étale à la lumière, puis disparaît encore au-dessous de courbes liquides, qui, elles aussi, viennent de couler vers le fond du lit. ”
Sénèque le Jeune,
Œuvres complètes de Sénèque le Jeune
“ Pourquoi s’étonner qu’une portion si considérable de la nature puisse fournir d’elle-même à des écoulements perpétuels ? Tout comme l’air, qui est aussi l’un des quatre éléments, produit les vents et les orages, ainsi l’eau produit les ruisseaux et les fleuves. Si le vent est un cours d’air, le fleuve est un cours d’eau. ”
Joseph Vianey, Les Sources de Leconte de Lisle…
“ Les fleuves sont ses veines ; les collines qui s’élèvent à la surface de la terre sont les poils qui croissent sur le corps de celui dont l’univers est le corps ; son souffle est le vent dont la force est infinie ”
Victor de Laprade,
Les Symphonies
“ Exhalent à nos pieds les soupirs de son onde !LE PÀTRE. J’entends sur les cailloux le bruit clair du ruisseau, Du ruisseau qui gazouille aussi gai que l’oiseau ; Chacun se réjouit d’en habiter la rive ; Car l’eau donne à ses bords une voix toujours vive. ”
Jean Auvray,
Le Banquet des Muses
“ C’est comme un petit vent qui esbranle des fueilles Un ruisseau qui gazouille en ses rivages cois. Puis, quand d’un grave ton et rehaussant ta voix, D’yambes furieux tes jaloux tu esveilles, Je songe à ces torrens aux roideurs nompareilles Qui raflent bleds, bergers, bornes, buissons et bois. ”
Victor Hugo,
Les Quatre Vents de l’esprit
“ Se dressent de tous côtés Comme des talons énormes D’archanges précipités. L’eau bat le roc qu’elle insulte, Le vent bat l’eau qu’il poursuit ; Toute l’onde est un tumulte De montagnes dans la nuit. ”
“ Ciel, terre, arbres, fleuve se dégagent ternes et brumeux... Enfin, crevant l'horizon, miroitant sur l'eau, scintillant à travers les feuilles, le soleil paraît. Un cri a retenti de l'autre côté de l'eau, et des cabarets, des bateaux, des gens, invisibles tout à l'heure, s'élancent vers le pont, d'autres se hâtent de détacher leurs barques et gagnent à force de rames le milieu du fleuve. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ Tiens ! le voilà qui court au rivage !... Vraiment, il est au bord de l’eau !... Et puis il revient accomplir mon ordre avec la vitesse de l’éclair !... Une seconde fois ! Comme le bassin se remplit ! comme les vases vont et viennent bien sans répandre ! ”
Antony Valabrègue, Le Parnasse contemporain/1876
“ Tes pieds foulaient la mousse où tu t’étais assise. Les profondeurs du bois, à mes yeux éblouis, Te cachaient dans les flots de leur ombre indécise. Le soir autour de nous tombait en soulevant Les feuillages épars et les verdures frêles ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Poésies
“ Que pour l’œuvre l’eau bouillonne et ruisselle, et sepanche en bain a large seau ! Bravo ! il descend au rivage ; en vérité, il est déjà au fleuve ! et, plus prompt que l’éclair, le voilà ici de retour avec un flot rapide. Déjà, une seconde fois ! comme chaque cuve s’enfle ! comme chaque vase s’emplit jusqu’au bord ! Arrête, arrête ! car nous avons assez de tes services. ”
Marie Allo,
Les fontaines : poèmes
(1923)
“ Nos corps transparents aux formes fluides Suivent de la mer le long rythme mou, Enlaçant les flancs des vagues rapides, Dans l'immensité nous allons... vers où ? Le flot indolent suivant ses caprices, Nous tord, ou nous plie, ou vient dérouler L'enchevêtrement de nos rubans lisses, Et, souples, sur l'eau les fait onduler. Sur le sable, blond, parfois nous dépose L'onde qui soudain recule et s'enfuit... ”
Émile Le Roux, Ecrins et Joyaux, poésies (1932)
“ Et le flot, plein de fougue, est déjà le torrent. Dans les âpres couloirs de la gorge rocheuse, En tumulte s'agite une onde impétueuse Avide d'emporter les obstacles barrant Sa route aventureuse. Soudain vient de surgir un formidable roc Et, dressant son effort, la vague mugissante Se balance, déferle et vaincue, impuissante. ”
Leconte de Lisle,
Derniers Poèmes
“ Sous les mornes que l’aube arrose. La brume, qui palpite et n’ose, Par frais soupirs s’épanouit Dans l’air léger, dans l’azur rose. Et la mer, où le ciel repose, Fait monter son vaste et doux bruit Sur les mornes que l’aube arrose. ”
Théophile Gautier,
Œuvres de Théophile Gautier
“ Dans les airs, retombe, roule Et s’écoule En un ruisseau bruissant. Plus rapide que la brise, Elle frise, Dans son vol capricieux, L’eau transparente où se mire Et s’admire Le saule au front soucieux ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ La tête couverte de mousse, vous jetez sur vos compagnes, à vos pieds renversées, un regard triste mais majestueux ! La terre, les débris, nous les cachent ; des ronces et de hautes herbes les couvrent encore de leur ombre. ”
Hélène Swarth,
Octobre en fleur
“ J’ai pris de l’eau plein mes deux mains, Pour ma soif, le long des chemins. L’eau du ruisseau tranquille et frais Aura l’arôme des forêts. L’eau du ruisseau rose de soir Aura le goût de mon espoir. ”
Jean de La Bruyère,
Les caractères
(1688)
“ Les comparaisons tirées d’un fleuve dont le cours, quoique rapide, est égal et uniforme, ou d’un embrasement qui, poussé par les vents, s’épand au loin dans une forêt où il consume les chênes et les pins, ne leur fournissent aucune idée de l’éloquence ; montrez-leur un feu grégeois qui les surprenne ou un éclair qui les éblouisse, il vous quittent du bon et du beau. ”
Lucrèce,
De la nature des choses
“ Ou bien, lorsque les vents fouillent le fond des mers, 740Le sable soulevé s’amoncelle en travers Du fleuve. L’estuaire est barré. L’onde accrue, Moins libre, cherche en vain dans le lit qui s’obstrue La pente nécessaire à son écoulement. Peut-être encor la source enfle subitement. Le souffle étésien vers ces lointains parages Pousse en les condensant les amas des nuages, Et broie aux flancs des monts son pluvieux fardeau Qui sous le poids s’écroule et crève en torrents d’eau. ”
Onésime Reclus,
France, Algérie et colonies
“ Goutte, ruisseau, rivière, fleuve, torrent, trombe, voyage calme ou course effrénée, elle fait, défait, refait le lieu de notre court passage, et chaque seconde qui se perd derrière nous dans le gouffre donne à l’eau des monts comme à l’eau des mers le temps de changer un peu la forme de notre séjour. ”
Emmanuel Le Maout,
Le Jardin des plantes : description complète…
(1842-1843)
“ En approchant du rivage, elle lève la tête hors de l'eau, et regarde de tous côtés; lorsqu'elle s'est un peu avancée, elle s'arrête encore, et, si elle aperçoit un homme, elle reprend aussitôt le chemin de la mer. ”
M. V. de Rochas, Le Tour du monde
“ La rivière qui cherche, pour l’établissement de son lit, non-seulement les pentes les plus favorables à son écoulement, mais les couches de terrain qui lui opposent le moins de résistance, se glisse tortueuse à travers les mille accidents du sol, contournant les roches les plus cohésives, ravinant et traversant les plus molles. ”
Élisée Reclus,
Histoire d’un ruisseau
“ Enfin, nous avons triomphé de nos puériles terreurs, nous décrivons notre courbe au-dessus du courant et nous sentons l’air siffler à nos oreilles ; l’eau, qui s’ouvre sous nos têtes, mugit autour de nous : nous sommes comme perdus dans un abîme grondant qui se referme. ”
Ivanhoë Caron, Deux voyages sur le Saint-Maurice
“ En bas de cette grande vague, on voit deux ou trois vagues plus petites, et il y a encore un poste d’observation en cet endroit. De là vous voyez venir cette masse d’eau énorme : quel grand, quel magnifique spectacle ! Ô œuvres de mon Dieu que vous êtes admirables ! Qu’êtes-vous, œuvres de l’homme, auprès de cette sublime nature ? Cependant l’eau arrive au bas de la chute avec la vitesse prodigieuse que nous venons de lui voir ; elle franchit un certain espace libre, et va frapper un rocher coupé à pic, qui s’élève en face de la chute. ”
Victor Hugo,
En voyage, tome I
“ Rien ne se ressemble moins en apparence qu’un arbre et un fleuve ; au fond pourtant l’arbre et le fleuve ont la même ligne génératrice. Examinez, l’hiver, un arbre dépouillé de ses feuilles, et couchez-le en esprit à plat sur le sol, vous aurez l’aspect d’un fleuve vu par un géant à vol d’oiseau. Le tronc de l’arbre, ce sera le fleuve ; les grosses branches, ce seront les rivières ; les rameaux et les ramuscules, ce seront les torrents, les ruisseaux et les sources ; l’élargissement de la racine, ce sera l’embouchure. ”
Léon Tolstoï,
Compositions et adaptations pour les enfants
“ Des sources et des marais, l’eau coule dans les ruisseaux, des ruisseaux, dans les rivières, des rivières, dans les mers. De tous côtés, des fleuves arrivent dans la mer, et depuis que le monde est créé, tous les fleuves coulent à la mer. ”
Gérard de Nerval,
Choix de poésies de Nerval
“ Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, — Et la route et le bruit sont bien vite oubliés ! On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre. De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre, Et sans penser à rien on regarde les cieux... ”
Ludovic Hébert Beauvoir, Voyage autour du monde : Java, Siam… (1870)
“ A notre gauche, en un point où nous étions précisément placés il y a cinq minutes, la terre se boursoufle, craque et se fend ! Un ruisseau de boue est soulevé en jet d'eau à plusieurs pieds de hauteur , et retombe en nous éclaboussant affreusement. ”
Sénèque le Jeune,
Œuvres complètes de Sénèque le Jeune
“ Après une longue et fatigante route, ils découvrirent des fleuves immenses, de vastes réservoirs d’eaux dormantes, pareils à nos lacs, et au-dessus desquels la terre, loin de s’affaisser, se dégageait, se prolongeait en voûte, spectacle qui les lit frissonner. ”
J. Dumas, La Science des fontaines, ou Moyen sûr et facile de créer partout des sources d'eau potable… (1857)
“ Qu'ainsi les eaux, qui sont engendrées au dedans des montagnes par la fraîcheur des pierres, et au dehors par celle de la nuit, coulent insensiblement, s'amassent de çà et de là en petits ruisseaux qui, en se réunissant, forment un fleuve médiocre, et que plusieurs de ces petits fleuves réunis constituent un grand fleuve. ”
Amédée Baillot de Guerville, Au Japon (1904)
“ Ruisselant de sueur, couvert de boue ou de poussière, par le vent, la pluie, la neige, ou sous les rayons d'un soleil brûlant, il court, court, dévorant les kilomètres avec une souplesse et une vigueur admirables. ”
Jérôme et Jean Tharaud, Revue des Deux Mondes
“ Vous entrez sous la voûte, assez large pour donner passage à une voiture à deux chevaux, et vous voilà dans une cour grossièrement pavée, où pousse l’herbe, avec un puits dans un coin, et tout autour, des constructions dont les vieux toits de tuiles plaies s’inclinent rapidement vers la terre. ”
André Theuriet,
Revue des Deux Mondes
“ Parfois, dans l’herbe assis, nous lisions, et les saules Aux troncs moussus prêtaient ses rondes épaules Leur ombre et leur appui; Hélas! du corps charmant leur tronc garde la place, Et la mousse jaunie où s’imprima sa trace A duré plus que lui... ”
Élie Berthet,
La malédiction de Paris ; précédée des Souvenirs d'une cigale pythagoricienne
(1852)
“ Le fleuve ! le fleuve ! Il souffle et mugit de colère, il ouvre sa vaste gueule pour nous engloutir tous à la fois; et j'ai entendu derrière moi les derniers hurlements des loups et des chats sauvages qu'il vient de saisir dans sa course impétueuse! ”
“ Avancez seulement sur le rivage écumant: les flots grondants semblent frapper les nuages; les lames chassées par le vent, soulevées en masses énormes, semblent jeter leurs eaux sur l'ourse brûlante, et éteindre les étoiles qui gardent le pôle immobile. ”
“ S’épanouissent les espèces Que jamais ne verront nos yeux, Les frondaisons intarissables Qui dans les vases et les sables Poussent leurs jets silencieux. Arbres fous, folles graminées Au fond du gouffre enracinées, Et dont les sombres destinées Ont le plafond des flots pour cieux. ”
Charles-Avila Wilson,
Voyage autour du monde
“ Les rivières teignent l’océan de leurs eaux boueuses à dix, vingt, trente milles de leur embouchure. La mer est grosse ; comme nous avons vent arrière, le roulis est doux et le tangage nullement désagréable. ”
André Chevrillon , Revue des Deux Mondes
“ Nous glissons dans une sorte de vide, dans une profondeur incolore et claire. Clarté plus douce et plus puissante par en bas, où tout est reflet, image illusoire, sauf, çà et là une herbe, une bulle d’air, quelque mol ondoiement lustré, révélant la présence du plan liquide. ”
