Résumé

Portrait de Jean Auvray Jean Auvray,  Le Banquet des Muses

“ Justice, l’œil du monde et l’organe des lois,
La baze de l’Estat, le bras dextre des rois.
Fille aisnée de Dieu, sans laquelle les hommes
Vivroient brutallement en la terre où nous sommes,
Nourrice de la Paix, dont l’image doré
Des injustes volleurs est mesme reveré.
Voire l’Enfer, qui n’est qu’un ordonné desordre,
Sans justice verroit desordonner son ordre.
Et vous la banissez, hommes vrayment du temps,
Vous vendez ceste nimphe à beaux deniers contans.
Vous mettez à l’encan le droit et la justice.
”
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Portrait de Jean Auvray Jean Auvray,  Le Banquet des Muses

“ Il est vray, du grand Dieu la dextre vengeresse
Trouve bien les tirans au milieu de la presse
De leurs peuples armez : tous ces nombreux scadrons
De soldats aguerris sont trop minces plastrons
Pour parer à ses coups ; voire leur ame immonde
Commence bien souvent son enfer dès le monde.
Ce roy des orgueilleux, ce monstre assirien,
Jadis à son malbeur l’experimenta bien,
Quand, a ventre rampant, brutal il paissoit l’herbe :
Quel Dieu s’égale à moy !
”
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Portrait de Jean Auvray Jean Auvray,  Le Banquet des Muses

“ M’ayme-tu de bon cœur, ou si tu le déguise ?
Ma foy, soit que tu ayme, ou que tu n’ayme point :
Tu as beaucoup d’amour, ou beaucoup de feintise.
Mais si tu n’ayme point, à quoy tant de douceurs ?
Et si tu aymes bien à quoy tant de rudesses ?
Faut-il nourrir amour de haineuses rigueurs,
Et la haine allaicter d’amoureuses carresses ?
Souvent un faux amour est si bien coloré
Qu’il est bien mal aisé d’en découvrir la feinte,
Puis ce qu’on ayme tant, n’est jamais asseuré
Un tel thresor ne peut se posseder sans crainte.
”
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