Résumé

E. Bernier Du caractère de l'épopée dans "La légende des siècles" (1886)

Là où il touche à quelque haute vérité de la philosophie morale, son style acquiert cette aisance noble, cette élévation recueillie du discours, qui convient si bien aux choses de philosophie.
Les Châtiments sont comme les Annales de Tacite et les Satires de Juvénal, une œuvre de protestation nationale, un livre d'éducation pour les peuples, une sorte d'épopée sombre où l'on retrouve la justice anticipée de la poésie sur l'histoire. La politique de Victor Hugo, appuvée sur la morale, en est
inséparable, et il juge la vie des peuples, comme celle des individus, d'après la règle du devoir.
Source : Gallica

E. Bernier Du caractère de l'épopée dans "La légende des siècles" (1886)

Derrière Eviradnus ou Roland, il y a l'humanité dans sa portion la plus chevaleresque et la plus dévouée. Derrière les dieux de l'Olympe, il n'y a que la théogonie des Latins et des Grecs. Derrière Jésus et Mahomet, il y a l'avenir du monde et la morale universelle.
Achille et Énée ne sont que les instruments d'un fait providentiel. Tout, dans l'Iliade et l'Énéide, est fait pour la Grèce et pour Rome et en vue de leur histoire; tout, dans la Légende, est fait en vue de l'humanité.
Source : Gallica

E. Bernier Du caractère de l'épopée dans "La légende des siècles" (1886)

Obéissant à cette loi, l'épopée d'Hugo, comme son drame, est une tragédie sous une comédie, l'âme sous le corps. Il aime à passer du grave au doux, du plaisant au sévère, à nous conduire à chaque instant du sérieux au rire, des excitations bouffonnes aux émotions déchirantes, nous reposant ainsi d'une impression par une autre, aiguisant tour à tour le tragique sur le comique, le gai sur le terrible, les opposant à l'envi l'un à l'autre comme deux principes, deux symboles qui se disputent le monde.
Source : Gallica

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