Résumé

Émile Montégut La Légende des Siècles, de M. Victor Hugo

Non, la légende de l’humanité, ce n’est pas Anytus, c’est Socrate; ce n’est pas Denys de Syracuse, c’est Pélopidas et Dion; ce n’est pas Héliogabale, c’est Marc-Aurèle; ce n’est pas Richard III, c’est saint Louis; ce n’est pas Théodora et Marozie, c’est Jeanne d’Arc. Voilà les personnages qui composent la légende des siècles, qui forment la chaîne de la tradition humaine. Quant à ces personnages dont s’effraie la sombre imagination de M. Hugo, ils n’ont jamais eu de place dans la légende, et c’est à peine s’ils en ont aujourd’hui une dans l’histoire.
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Émile Montégut La Légende des Siècles, de M. Victor Hugo

Sur l’un des revers de la médaille apparaît l’effigie du méchant, sur l’autre l’effigie du justicier. De ces deux effigies néanmoins, la plus remarquable est peut-être celle du méchant; on voit que le poète l’a gravée avec une haine amoureuse et une colère complaisante. Le méchant joue donc le premier rôle dans la Légende des Siècles. En vain vous changez d’époque, de civilisation, de climat; vous la rencontrez partout et toujours, cette bête fauve à face humaine, sifflant, rampant, hurlant, mentant, les mâchoires ensanglantées, des lambeaux de chair aux griffes.
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Émile Montégut La Légende des Siècles, de M. Victor Hugo

C’est dans cette science de magicien que réside le secret de la toute-puissance de M. Hugo. Ne lui demandez donc plus pourquoi dans ses œuvres les ténèbres sont si noires et les clartés si éblouissantes; l’arrivée des esprits est toujours précédée d’épaisses ténèbres, et ils opèrent leurs apparitions au milieu d’une lumière qui éclipse l’éclat du jour. Ne lui demandez plus pourquoi son imagination manque de sérénité; le nécromancien qui évoque les ombres et fouille les secrets de la mort a bien le droit d’être sombre.
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