Charles Maurras

Charles Maurras

Poètes (1924)

Résumé

Portrait de Charles Maurras Charles Maurras Poètes (1924)

Ce fond peut être faux, ce qui est fâcheux même pour la pure beauté de l'œuvre ; néanmoins, pourvu que le poète y croie sincèrement et naturellement, l'ode vit, elle se développe par sa propre vertu et n'a besoin que d'elle-même pour épanouir une passion, une logique, une âme. Au lieu que, sans nous donner le sentiment d'une foi bien profonde, le Hugo de Plein Ciel en appelle sans cesse au témoignage de faits futurs en termes si formels que leur désaveu d'aujourd'hui fait tort à la structure, à l'âme du poème, au prestige de la vision.
Source : Gallica

Portrait de Charles Maurras Charles Maurras Poètes (1924)

Telle que la voilà dans ce rare sonnet, elle donne l'aveu parfait de la faiblesse, de l'impuissance, du découragement et de la décadence secrète du poète. Syntaxe faible, prosodie désorganisée, pensées tout amollies, il en tombe d'accord sans difficulté. Or, en art moins qu'ailleurs, les fautes avouées sont des fautes remises. La conscience de la laideur et du mal est d'un efficace médiocre, si elle n'est accompagnée d'un ferme élan vers la beauté.
Cet élan, Verlaine a passé ses dernières années à se l'interdire à lui-même autant qu'à ses jeunes disciples. Il fit école de langueur.
Source : Gallica

Portrait de Charles Maurras Charles Maurras Poètes (1924)

Or, en tous, qui que nous soyons, une sensibilité est en nous : une femme, une enfant pleurante, et rusée, et capricieuse, habite donc, cachée, dans un coin obscur de nos âmes. C'est elle que berce M. Verlaine dans ses Romances sans paroles et dans tous les poèmes analogues qu'il a écrits. C'est à elle qu'il plaît et c'est elle qui, se confondant volontiers avec la raison et le goût, avec de plus hautes émotions esthétiques, aime le proclamer notre plus grand poète.
Source : Gallica

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