Stéphane Mallarmé

Définition et enjeux

Collectif Mercure de France

Stéphane Mallarmé est mort.
La vie lui fut avare et fourbe. Il ne lui demandait pourtant rien de ce qu’on exige d’elle d’ordinaire. Il voulut simplement être et être pour penser. Le reste lui importait peu, car nul ne fut mieux que lui épuré des bassesses humaines. Il ne rechercha jamais ce à quoi s’acharne le commun des vivants, et cela par une sorte d’indifférence naturelle à tout ce qui ne servait pas ses visées spirituelles. Il n’emprunta qu’à lui-même la substance de ses architectures idéales. C’est en elles qu’il se contentait. Il ne posséda guère que soi.
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Portrait de Charles Maurras Charles Maurras Poètes (1924)

Sans doute la préface de Vathek et l'œuvre entière de Stéphane Mallarmé ne ressemblent point mal à une mystification. Elles donnent constamment l'idée d'une intelligence plus ingénieuse et spirituelle que vaste ou que profonde ou que ferme. Partout l'auteur semble ruser et jouer avec le lecteur. Il affiche un amour du rare si sérieux et si vif qu'on admet difficilement qu'il ait eu le loisir d'aimer la beauté et la vérité. Des personnes qui ont approché Mallarmé ou regardé ses meilleurs portraits, quelques-unes ont rapporté un sentiment qui confirme bien nos impressions de lecture.
Source : Gallica

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