“ Par l’irascible vent des mots qu’il n’a pas dits, Le néant à cet Homme aboli de jadis : « Souvenir d’horizons, qu’est-ce, ô toi, que la Terre ? » Hurle ce songe ; et, voix dont la clarté s’altère, L’espace a pour jouet le cri : « Je ne sais pas ! » Le Maître, par un œil profond, a, sur ses pas, Apaisé de l’éden l’inquiète merveille Dont le frisson final, dans sa voix seule, éveille Pour la Rose et le Lys le mystère d’un nom. Est-il de ce destin rien qui demeure, non ? Ô vous tous, oubliez une croyance sombre. Le splendide génie éternel n’a pas d’ombre. ”
Stéphane Mallarmé
Résumé
“Poésies”, est une œuvre de Stéphane Mallarmé. Des thèmes tels que Vers et prose, Le Parnasse contemporain ou pleurs y sont abordés.
Citations de Poésies (Stéphane Mallarmé)
“ Et je meurs, et j’aime — Que la vitre soit l’art, soit la mysticité — À renaître, portant mon rêve en diadème, Au ciel antérieur où fleurit la Beauté ! Mais, hélas ! Ici-bas est maître : sa hantise Vient m’écœurer parfois jusqu’en cet abri sûr, Et le vomissement impur de la Bêtise Me force à me boucher le nez devant l’azur. Est-il moyen, ô Moi qui connais l’amertume, D’enfoncer le cristal par le monstre insulté, Et de m’enfuir, avec mes deux ailes sans plume, — Au risque de tomber pendant l’éternité ? ”
“ Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête En qui vont les péchés d’un peuple, ni creuser Dans tes cheveux impurs une triste tempête Sous l’incurable ennui que verse mon baiser : Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes Planant sous les rideaux inconnus du remords, Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges, Toi qui sur le néant en sais plus que les morts : Car le Vice, rongeant ma native noblesse, M’a comme toi marqué de sa stérilité, Mais tandis que ton sein de pierre est habité Par un cœur que la dent d’aucun crime ne blesse, Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul, ”
