Résumé

La Conque

“ HENRY BÉRENGER.
L’ASCENSION
La nuit tombe, Jésus a disparu, ravi
Dans une gloire d’or vers une autre demeure :
L’âme du monde en deuil se désespère et pleure
Le départ du rêveur que son rêve a suivi ;
Madeleine à genoux sanglote un peccavi
Suprême et songe au vain délice enfui de l’heure
Où l’Amant-Dieu charmé baisait comme on effleure
Ce front plus pur que ceux des vierges de Lévi ;
Et le Disciple élu, Jean, les yeux levés, semble
Dire à son Maître absent quelque chose en secret :
« Te ressouviendras-tu que nous fûmes ensemble ? »
Puis il s’afflige
”
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La Conque

“ Et cela reste en nous comme un parfum trop fort,
Ou comme un vieux refrain boîteux que l’on épèle...
— Mon Dieu ! Trouverons-nous le repos dans la mort ?
LÉON BLUM.
L’ASCÈTE
L’œil fixé vers le ciel, mains jointes, à genoux,
L’ascète aux yeux profonds, à la face blêmie,
Songe, et dans le repos de la terre endormie
Son âme immaculée invoque Dieu pour nous.
Aux rumeurs d’ici-bas ses oreilles sont closes,
En vain l’aile du soir fait tressaillir les bois
Dans sa pieuse extase, il n’entend pas la voix,
La voix qui lentement la nuit monte des choses.
”
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La Conque

“ Mes désirs vers tes yeux n’iront plus te proscrire
Je sais trop le néant que recèle ton voile
Ton pâle regard n’est malgré tout son sourire
Qu’un trou dans le brouillard où brûle un jour d’étoile :
Mes bras levés vers tes cheveux mystérieux
S’enfonceraient en vain dans tes profonds orbites,
Sans l’atteindre, astre clair, jour lointain de tes yeux.
Au souffle suppliant que ma lèvre suscite
Vers ta bouche nocturne et ton baiser obscur
S’éparpille ton voile, et la brûme envolée
Devant l’éveil du rêve a montré, désolée,
Le solitaire Ennui de l’éternel Azur.
”
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