André Gide

Définition et enjeux

Portrait de André Gide André Gide,  Les Faux-monnayeurs

“ — Vous ne connaissez rien de la vie. Vous pouvez tout attendre d’elle. Savez-vous quelle a été ma faute ? De ne plus en attendre rien. C’est quand j’ai cru, hélas ! que je n’avais plus rien à attendre, que je me suis abandonnée. J’ai vécu ce printemps, à Pau, comme si je ne devais plus en voir d’autres ; comme si plus rien n’importait. Bernard, je puis vous le dire, à présent que j’en suis punie : ne désespérez jamais de la vie. ”
Source : Wikisource

Portrait de André Gide André Gide,  Philoctète (1899)

“ Prophète ; c’est aux autres seuls que j’ai prédit. — On partait en troupe pressée, on ne savait ni pour quoi, ni pour où. Ils me payèrent afin de les distraire ; ainsi je me joignis à eux ; je leur chantais des chants d’amour dans l’ennui de la longue route et pleurais avec eux les femmes que nous n’avions pas emmenées ; ainsi je me fis aimer d’eux. Nous avancions vers le désert. Devant nous cheminait le prince, porté sur une litière fermée ; nul de nous ne pouvait le voir. La nuit il dormait seul sous sa tente et nul de nous n’en approchait ; des esclaves muets en protégeaient la solitude. ”
Source : Gutenberg

Portrait de André Gide André Gide,  Vers et prose

“ Le fils prodigue se jette en sanglotant le visage contre terre :
— Mon père ! mon père ! Le goût sauvage des glands doux demeure malgré tout dans ma bouche. Rien n’en saurait couvrir la saveur.
— Pauvre enfant ! — reprend le père qui le relève, — je t’ai parlé peut-être durement. Ton frère l’a voulu ; ici c’est lui qui fait la loi. C’est lui qui m’a sommé de te dire : « Hors la Maison, point de salut pour toi. » Mais écoute : C’est moi qui t’ai formé ; ce qui est en toi, je le sais. Je sais ce qui te poussait sur les routes
”
Source : Wikisource

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