Ramon Fernandez

Ramon Fernandez

André Gide (1931)

Résumé

Portrait de Ramon Fernandez Ramon Fernandez André Gide (1931)

L'amour est pour lui un fantôme qui ne se laisse entrevoir que dans le désir. Chez ses personnages, l'exaltation, toute d'imagination, ne suit jamais la satisfaction du sexe. Bien mieux, cette satisfaction ils l'obtiennent, à de rares intervalles, par des moyens si détournés et si pénibles qu'il faut bien conclure que le tempérament le plus pauvre règle pour eux les caprices monotones du sentiment. C'est dire que l'expérience même de l'amour physique, dans l'univers proustien, rare et bizarrement réalisée, excluait la merveilleuse ivresse qui va chez Gide jusqu'à l'extase.
Source : Gallica

Portrait de Ramon Fernandez Ramon Fernandez André Gide (1931)

Au reste, Gide sait bien comme moi que le « respect » de la femme, aujourd'hui, c'est affaire de propriété, et je m'étonne que l'auteur des Nourritures Terrestres retrouve tout à coup, vis-à-vis de la femme, ce respect qu'il a par ailleurs si superbement décrié. Il sait bien qu'on respecte toujours aisément ce qu'on ne désire point, et que lorsque l'on désire, le respect cède la place à d'autres hommages qui le valent bien. Ce qui revient à dire que la valeur ici est commandée par le désir, et que tous les arguments de Corydon ne sont que les habillements de sa passion.
Source : Gallica

Portrait de Ramon Fernandez Ramon Fernandez André Gide (1931)

Un récit bien fait ne témoigne pas d'autre
chose que de cette adaptation de la poésie à l'objet qui définit l'art selon Gide. Or, il n'est point de style plus divers, plus nuancé, plus multiforme que celui d'un roman, où la poésie doit rejoindre et éclairer, sans la déformer, la réalité la plus quotidienne, la plus banale. « Ah! que la vie est quotidienne! » s'écriait Laforgue avec une ironique hostilité. Mais c'est justement dans cette hostilité que l'artiste pleinement conscient décèle un piège du diable préposé à la poésie.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature