Ramon Fernandez,
André Gide
(1931)
“ L'amour est pour lui un fantôme qui ne se laisse entrevoir que dans le désir. Chez ses personnages, l'exaltation, toute d'imagination, ne suit jamais la satisfaction du sexe. Bien mieux, cette satisfaction ils l'obtiennent, à de rares intervalles, par des moyens si détournés et si pénibles qu'il faut bien conclure que le tempérament le plus pauvre règle pour eux les caprices monotones du sentiment. C'est dire que l'expérience même de l'amour physique, dans l'univers proustien, rare et bizarrement réalisée, excluait la merveilleuse ivresse qui va chez Gide jusqu'à l'extase. ”
