Charles Du Bos

Charles Du Bos

Résumé

Portrait de Charles Du Bos Charles Du Bos Extraits d'un journal, 1908-1928 (1928)

« La musique de Bach, c'est la musique de la contrition ». Elle excelle dans ce que l'Eglise définit comme la contrition parfaite, c'est-à-dire dans un état tout purifié du sentiment, où la faute n'est plus qu'en fonction de l'offense faite à la Perfection elle-même. Elle est comme un perpétuel mea culpa.
Et c'est la musique de l'absolue solitude. Plus rien que le dialogue de l'âme avec soi. Elle s'élève, et c'est la voix
d'un être retiré à la tombée du jour dans le coin le plus sombre de la pièce.
Source : Gallica

Portrait de Charles Du Bos Charles Du Bos Extraits d'un journal, 1908-1928 (1928)

L'enveloppe fait défaut parce que c'est l'âme qui la donne, — et que dans la jeunesse on n'a pas d'âme, de spiritualité véritable, alors que pourtant plus que jamais on croit témérairement en avoir. C'est bien plus tard, quand on est le moins assuré d'avoir une âme, qu'on l'a le plus.
Le Quintette m'apparaissait aujourd'hui comme le plus formidable des orages d'été. C'est un monde à part, complet. Toutes les fois que je l'entends, je songe au mot de Poussin : « Chaque grand artiste est créé comme un monde ».
Source : Gallica

Portrait de Charles Du Bos Charles Du Bos Extraits d'un journal, 1908-1928 (1928)

Dépourvu de toute autre imagination, de toute autre invention que l'imagination, l'invention des idées, l'idée cependant n'existe pour ainsi dire jamais pour moi à l'état abstrait : elle est une sensation qui
s'épanouit en un sentiment, mais à aucun moment elle ne se différencie de la sensation et du sentiment au point de s'en détacher: l'intellectualisation — si l'on entend par là l'opération qui dans un acte de pensée isole sévèrement l'élément intellectuel, le doue d'une vie indépendante et lui confère une valeur stricte — ne s'accomplit jamais chez moi.
Source : Gallica

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