Léon Tolstoï

Définition et enjeux

Portrait de Stefan Zweig Stefan Zweig Tolstoï (1928)

L’année 1900, Léon Tolstoï a franchi le seuil du siècle à soixante-douze ans. L’esprit toujours en éveil et pourtant déjà personnage légendaire, l’héroïque vieillard marche vers sa perfection. La face du vieux pèlerin de l’univers brille plus douce qu’autrefois, sous sa barbe de neige, et sa peau peu à peu jaunissante est comme un parchemin transparent, couvert de rides et de runes innombrables. Un sourire patient et résigné niche souvent maintenant autour de sa lèvre apaisée
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Guerre et Paix (1869)

C’est par lui que Moscou périt ! disait Rostoptchine d’une voix forte, raide. Mais tout à coup, il baissa rapidement ses regards sur Vereschaguine qui continuait de rester dans la même pose docile. Comme si cette vue l’eût excité, il s’écria, s’adressant au peuple :
— Faites-en votre affaire ! Je vous le livre ! La foule se taisait et se serrait seulement de plus en plus. Se tenir les uns contre les autres, respirer dans cette chaleur empestée, ne pas pouvoir se remuer et attendre quelque chose d’inconnu, d’incompréhensible et de terrible, devenait insupportable.
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Portrait de Stefan Zweig Stefan Zweig Tolstoï (1928)

Jamais, pas une seule seconde, Léon Tolstoï n’a baissé ou fermé lâchement les yeux devant le tragique du destin, ces yeux qui sont les plus vigilants, les plus sincères et les plus incorruptibles de notre art moderne : par conséquent, rien n’est plus grandiose que cette tentative héroïque pour donner encore un sens créateur même à l’insaisissable et pour prêter sa vérité à ce qu’il est impossible d’écarter.
Source : Gutenberg

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