“ Pourquoi, aujourd’hui, ne voulez-vous pas dire la vérité ? Tu t’en souviens, Missy ? — ajouta Catherine Alexéïevna, se tournant vers Missy qui venait d’entrer. — Alors, c’était un jeu, — répondit gravement Nekhludov. — Au jeu tout est permis. Mais dans la vie réelle nous sommes si mauvais... c’est-à-dire, je suis si mauvais... que moi, au moins, je n’ai pas le droit de dire la vérité. — Ne vous reprenez pas ; dites plutôt que nous tous sommes mauvais, répartit Catherine Alexéïevna, en jouant sur les mots, sans prendre garde à la gravité de Nekhludov. ”
Léon Tolstoï
Résumé
Résurrection, roman de Léon Tolstoï publié en 1899, suit le parcours du prince Dmitri Nekhlioudov, un aristocrate en quête de rédemption après avoir abandonné Katioucha Maslova, une servante qu’il a mise enceinte et chassée.
Lorsqu’il apprend sa condamnation à la prison de Sibérie, il décide de la sauver, révélant ainsi la corruption sociale et les injustices profondes. À travers ses rencontres avec les prisonniers et ses réflexions sur l’éthique, Tolstoï examine la renaissance spirituelle de l’individu face à la souffrance humaine, concluant par une recherche de vérité et de justice.
Citations de Résurrection (Léon Tolstoï)
“ « Doux Jésus, gloire des Apôtres, Jésus, louange des Martyrs, Seigneur Tout-Puissant, sauve-moi ! Jésus mon sauveur, Jésus mon plus beau, j’ai recours à toi ! Sauve-moi ! Jésus, aie pitié de moi ! Par les prières de ta naissance, Jésus ; par tous tes saints, tous les Prophètes sauve-moi Jésus ! Accorde-moi les douceurs du Paradis, Jésus, ô toi qui aimes les hommes ! » Ici il s’arrêta, respira, se signa, se prosterna jusqu’à terre ; et tous firent de même. Le directeur, les surveillants, les prisonniers, tous s’inclinèrent ; et, en haut de la nef, le tintement des chaînes s’accentua. ”
“ Mais Nekhludov fut stupéfait de voir que ce sacristain ne comprenait pas que tout ce qui se faisait dans l’église, tout ce qui se faisait dans le monde, ne se faisait que pour Katucha, et qu’elle seule ne pouvait pas rester inaperçue, puisqu’elle était le centre de l’univers entier. C’est pour elle que brillait de l’or de l’iconostase, pour elle que brûlaient les cierges du candélabre ; c’est pour elle que s’élevaient tous ces chants joyeux : « La Pâque du Seigneur ! hommes, réjouissez-vous ! » Et tout ce qu’il y avait de bon et de beau sur la terre n’était que pour elle. ”
