Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Le Faux Coupon et autres contes

À ce moment Eugène se trouvait près du lit. Lise le regardait. D’une de ses mains moites, qui étaient sur la couverture, elle lui saisit la main et la serra. « Supporte-la pour moi ; elle ne nous empêchera pas de nous aimer, » disait son regard.
— Je ne ferai rien, lui murmura-t-il en baisant sa longue main humide, puis ses beaux yeux qui se fermèrent sous son baiser.
— Sera-ce encore la même chose ? demanda-t-il. Comment te sens-tu ?
— C’est terrible de se tromper, mais j’ai le sentiment qu’il vit et vivra, dit-elle en regardant son ventre.
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Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Le Faux Coupon et autres contes

Stepan n’avait rien dit. Il restait assis, pensif, comme s’il écoutait, mais déjà il n’entendait plus ce que lisait Tchouieff.
« Alors voilà en quoi consiste la vraie religion. Seuls seront sauvés ceux qui auront nourri les pauvres, visité les prisonniers ; et ceux qui n’auront pas fait cela iront en enfer. Et cependant le brigand ne s’est repenti que sur la croix et il est allé tout de même en paradis. » Stepan ne voyait là aucune contradiction ; au contraire, l’un confirmait l’autre. Les bons iront au paradis, les méchants en enfer : cela signifiait que tous doivent être bons.
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Vis avec ta femme ; travaille ; sois sobre ; ne sois pas vaniteux ; et ici, les hommes intelligents, savants, qui connaissaient les vraies lois, vivaient tous pour leur plaisir. Et tout était bien.
Avant l’histoire du coupon, Vassili ne croyait pas que les maîtres n’ont aucune loi morale. Mais après cette histoire, et surtout après le faux serment, lequel, malgré sa crainte, n’avait été suivi d’aucun châtiment, au contraire, on lui avait donné dix roubles, il acquit la conviction profonde qu’il n’y a aucune loi et qu’il faut vivre pour son plaisir.
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