Résumé

Ossip Lourié La Psychologie des romanciers russes du XIXe siècle

Créateur du roman russe et — avec Pouchkine — de la langue nationale, Gogol resta toujours une énigme, comme homme.
« Personne n’a pu me deviner complètement, écrit-il à sa mère, à l’âge de vingt ans [1] . À la maison, vous me considérez comme un pédant capricieux, insupportable, qui se croit plus spirituel que tout le monde. Ici, on me croit un idéal de douceur et de patience. Pour les uns, je suis modeste, poli ; pour les autres, je suis sombre, rêveur, inculte, ou alors bavard, ennuyeux à l’excès ; ici, j’ai de l’esprit, là, je suis un sot. »
Gogol s’ignore lui-même.
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Ossip Lourié La Psychologie des romanciers russes du XIXe siècle

Jeune, il suffit à Tolstoï de vivre, de rendre sa vie plus complète, plus intense. Son exubérance vitale se donne libre cours. À l’âge viril, dans la plénitude de ses forces, il aspire à produire, il a — à travers des moments de doute — la foi dans le progrès, dans l’action. L’âge de fatigue vient, Tolstoï brûle ce qu’il adorait et, pour éviter le vide de l’existence, il se crée une nouvelle foi, un nouveau sens de la vie... Il en est de même dans son œuvre.
I
Léon Nikolaïevitch appartient à une famille de haute noblesse russe, d’origine allemande, émigrée en Russie en 1353.
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Ossip Lourié La Psychologie des romanciers russes du XIXe siècle

S’il n’avait pas assez de courage pour se tuer avant le crime, il eut dû le faire après, puisque son crime était, avant tout, un acte de révolte et un acte de volonté. En Sibérie, il regrette de vivre, mais il ne se suicide toujours pas. Il n’y a de salut pour celui qui souffre réellement de lui-même qu’en la mort rapide [3] . On pourrait peut-être objecter que Raskolnikov ne souffre pas seulement de lui-même, qu’il souffre aussi et surtout des autres... Et puis, Dostoïevsky avait besoin de montrer la possibilité de la résurrection morale de Raskolnikov.
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