“ Tolstoï est né d’une famille noble, des premières du pays, mêlée en tout temps à son histoire. Le grand seigneur, aujourd’hui même, en Russie, est encore un produit de l’artifice. À ne le prendre qu’en ce qu’il montre de lui, nulle part un tel abîme ne sépare le peuple de l’homme de la première classe. Il est ce qu’on veut qu’il soit. ”
Tolstoï
Définition et enjeux
Le thème de Tolstoï, figure centrale de la littérature russe, englobe ses œuvres, ses idées et son influence sur la pensée moderne. André Suarès souligne son rôle d’« homme le plus humain », incarnant une universalité rare, tandis que Romain Rolland met en évidence son lien avec les « hommes ordinaires », dépassant les divisions intellectuelles.
Alexandre Goldenweiser et Louis Gillet, eux, débattent de ses paradoxes : à la fois prophète moral et source de discordes. Les réflexions de Th. Bentzon ou Anatole Leroy-Beaulieu insistent sur sa nature ambiguë, à la croisée du mysticisme et de l’utopie. Cette diversité d’interprétations révèle la complexité d’un auteur dont l’œuvre continue d’interroger les rapports entre art, conscience collective et transformation sociale.
Citations sur “Tolstoï”
Romain Rolland,
Vie de Tolstoï
(1911)
“ Et qui ne voit qu’avec beaucoup d’utopies et quelques puérilités, la conception de Tolstoï est vivante et féconde ! Oui, l’ensemble de notre art n’est que l’expression d’une caste, qui se subdivise elle-même, d’une nation à l’autre, en petits clans ennemis. Il n’y a pas en Europe une seule âme d’artiste qui réalise en elle l’union des partis et des races. ”
Th. Bentzon, Revue des Deux Mondes
“ Tous les réformateurs, tous les maîtres de la pensée, ont été plus ou moins compromis par leurs disciples. Tolstoï a d’ailleurs bien raison de dire qu’il n’a pas de doctrine. Il n’est ni savant, ni philosophe ; son génie est l’âme même de la Russie, une grande âme confuse, incohérente, éperdument généreuse, chez qui la soif de l’immolation volontaire est une passion et dans le mysticisme de laquelle passe comme un souffle du Nirvana bouddhique ; le rayon divin destiné à triompher y lutte encore contre le chaos, ce chaos grandiose et redoutable des mondes commençans. ”
Léon Tolstoï,
Guerre et Paix
(1869)
“ C’est par lui que Moscou périt ! disait Rostoptchine d’une voix forte, raide. Mais tout à coup, il baissa rapidement ses regards sur Vereschaguine qui continuait de rester dans la même pose docile. Comme si cette vue l’eût excité, il s’écria, s’adressant au peuple : — Faites-en votre affaire ! Je vous le livre ! La foule se taisait et se serrait seulement de plus en plus. Se tenir les uns contre les autres, respirer dans cette chaleur empestée, ne pas pouvoir se remuer et attendre quelque chose d’inconnu, d’incompréhensible et de terrible, devenait insupportable. ”
“ Chaque époque a son héros : Tolstoï est celui de la nôtre ; car il est le plus humain de tous les hommes. Pour isolé soit-il, pour peu compris qu’il puisse être, il n’est pas moins le seul homme, où presque tous puissent reconnaître quelque chose de soi, et le seul qui pour chacun ait quelque chose. Une paysanne, un idiot, et même, pour ainsi dire, un chien, une bête, un humble animal, ont quelque lien avec lui, comme Napoléon, une âme d’acier ou un esprit de prince. Le cœur de Tolstoï, et son imagination, sont l’espace le plus vaste qu’il y ait, aujourd’hui, dans le monde ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
Revue des Deux Mondes
“ Ce qui est chimérique, devons-nous répéter à Tolstoï, ce n’est pas votre panacée évangélique, c’est l’espoir de la faire adopter de tout un peuple, fût-ce votre bon et grand peuple russe. N’importe, Tolstoï a raison dans sa folie. Les fous, peut-il dire, sont tes hommes assez aveugles pour refuser de le suivre. Malgré ses illusions et ses outrances, la doctrine de Tolstoï est d’un esprit sain. La terre promise éternellement rêvée, il la cherche au dedans de l’homme plutôt qu’au dehors. ”
Romain Rolland,
Vie de Tolstoï
(1911)
“ Tolstoï ne parle pas aux privilégiés de la pensée, il parle aux hommes ordinaires — hominibus bonæ voluntatis. — Il est notre conscience. Il dit ce que nous pensons tous, âmes moyennes, et ce que nous craignons de lire en nous. Et il n’est pas pour nous un maître plein d’orgueil, un de ces génies hautains qui trônent dans leur art et leur intelligence, au-dessus de l’humanité. ”
“ Quand je lis Tolstoï, je ris de ces écrivains russes qui s’appliquent à être bien russes, à nous peindre l’âme russe, et qui mettent du caviar dans tout. Les héros de Tolstoï sont tout de suite nos amis ; ils nous plaisent sans chercher à nous plaire, et souvent sans se montrer. ”
Louis Gillet,
Revue des Deux Mondes
“ C’est un crime de l’encourager dans sa fainéantise, en lui répétant : « A quoi bon ? » Parfois, ce prodigieux Tolstoï, avec son génie « monstrueux, » apparaît à Gorki comme « une immense montagne » qui se dresse entre son peuple et l’Europe, pour détourner la Russie en marche vers l’Occident et la rejeter là-bas vers les steppes de l’Asie, dans l’enfance du monde et la patrie des rêves stériles. Oui, il y a des moments où Tolstoï lui paraît presque le « mauvais génie » de la Russie, le dangereux charmeur qui envoûte son peuple et l’empêche de lutter contre le mal de vivre. ”
Th. de Wyzewa, Revue des Deux Mondes
“ Or, les Contes de Tolstoï, qui tous sont postérieurs à sa conversion, abondent en images pareilles à celles-là. Ces contes sont le chef-d’œuvre de leur auteur. L’âme populaire russe s’y révèle à nous dans sa naïve beauté, et sans que la critique la plus sévère puisse prétendre que, seule, telle ou telle partie de cette âme s’y trouve décrite. Et si même la conversion du comte Tolstoï n’avait valu à la littérature que les Deux Vieillards ou De quoi vivent les hommes, aucun lettré russe n’aurait encore le droit de la juger inutile. ”
Romain Rolland,
Vie de Tolstoï
(1911)
“ Enfin, plus ouvertement encore que dans Guerre et Paix, Tolstoï a juxtaposé sa personnalité morale et ses idées philosophiques au spectacle de la vie. Mais l’œuvre n’en est pas moins d’une richesse merveilleuse. Même profusion de types que dans Guerre et Paix, et tous d’une justesse frappante. Les portraits d’hommes me semblent même supérieurs. ”
“ Mais Tolstoï n’idéalise pas le peuple russe. Le réalisme qui lui est particulier ne le quitte jamais, et le sentiment de franchise et de véracité ne lui permet pas de se taire sur le côté sombre de la vie du peuple. ”
“ Tolstoï a toujours été solitaire ; il est de ces hommes à qui il faut un trop grand espace : ils prennent tout l’air autour d’eux ; et à mesure qu’ils se répandent, ou ils attirent les environs, ou ils y font le vide. Il faut leur appartenir, ou les fuir. Il faut un peuple à Tolstoï. Puis il est rebuté d’eux ; il s’emporte contre leur mauvaise volonté : dans la Guerre et la Paix, dans Anna Karénine, et ailleurs, Tolstoï passe aussi souvent pour misanthrope que pour dévoué et charitable. ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
Revue des Deux Mondes
“ En histoire, il est vrai, dans la guerre comme dans la paix, Tolstoï ne croit qu’au peuple, aux masses obscures, aux forces inconscientes, aux infiniment petits. Il est étranger au culte des héros : l’esprit russe, dit-il, ne reconnaît guère de grands hommes. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Revue des Deux Mondes
“ Tolstoï se promène dans la société humaine avec une simplicité, un naturel qui semblent interdits aux écrivains de notre pays ; il regarde, il écoute, il grave l’image et fixe l’écho de ce qu’il a vu et entendu ; c’est pour jamais, et d’une justesse qui force notre applaudissement. ”
Romain Rolland,
Vie de Tolstoï
(1911)
“ Tout Tolstoï est déjà dans le héros de cette première nouvelle [32] : sa vision nette et ses illusions persistantes. Il observe les gens avec un réalisme sans défaut ; mais, dès qu’il ferme les yeux, ses rêves le reprennent, et son amour des hommes. Mais Tolstoï, en 1850, est moins patient que Nekhludov. Iasnaïa l’a déçu ; il est las du peuple, comme de l’élite ; son rôle lui pèse : il n’y tient plus. D’ailleurs ses créanciers le harcèlent. En 1851, il s’enfuit au Caucase, à l’armée, auprès de son frère Nicolas, officier. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Revue des Deux Mondes
“ Mû par cette pensée et prenant courage, Tolstoï toucha doucement le tsarévitch, avec ces mots : «Altesse! levez-vous! » — Il ouvrit les yeux, ne comprit pas, se dressa sur son séant et nous regarda, muet de saisissement. Tolstoï se pencha vers lui : « Altesse ! les grands de la terre russe vous ont condamné à mort, pour vos trahisons envers le tsar, votre sire et votre père. Par ordre de Sa Majesté, nous venons à vous pour exécuter cette sentence ; préparez-vous par la prière et le repentir à sortir de ce monde, car votre vie touche à son terme. » ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
Revue des Deux Mondes
“ Il n’est pas seulement cordonnier, il sait encore réparer les poêles. Mais c’est toujours la terre qui garde ses préférences : la large main qui a écrit Guerre et Paix se délecte à conduire la charrue. Pour prendre en pitié les faiseurs de livres, Tolstoï n’a pas cependant jeté la plume. Il ne sème pas seulement le seigle ou l’avoine, il est aussi un semeur d’idées, un laboureur d’âmes. Il se plaît à défricher les esprits incultes de ses frères du peuple ; les vérités qu’il a découvertes, il les répand à poignées sur les champs vierges de la Russie paysanne. ”
Louis Gillet,
Revue des Deux Mondes
“ Je sais que je blasphème, parce qu’il est convenu que Tolstoï est quelque chose de plus qu’un écrivain ordinaire. Mais quelle raison y a-t-il pour le mettre en dehors et au-dessus de l’humanité ? Tolstoï n’est ni un héros ni un saint : il est poète, et cela suffit. ”
Ossip Lourié, La Psychologie des romanciers russes du XIXe siècle
“ Jeune, il suffit à Tolstoï de vivre, de rendre sa vie plus complète, plus intense. Son exubérance vitale se donne libre cours. À l’âge viril, dans la plénitude de ses forces, il aspire à produire, il a — à travers des moments de doute — la foi dans le progrès, dans l’action. L’âge de fatigue vient, Tolstoï brûle ce qu’il adorait et, pour éviter le vide de l’existence, il se crée une nouvelle foi, un nouveau sens de la vie... Il en est de même dans son œuvre. I Léon Nikolaïevitch appartient à une famille de haute noblesse russe, d’origine allemande, émigrée en Russie en 1353. ”
Romain Rolland,
Vie de Tolstoï
(1911)
“ Tolstoï publia, dans ces années, une série d’œuvres retentissantes : Guerre et Révolution [5] , le Grand Crime, la Fin d’un Monde [6] . Durant cette dernière période de dix ans, il occupe une situation unique, non seulement en Russie, mais dans l’univers. Il est seul, étranger à tous les partis, à toutes les patries, rejeté de son Église qui l’a excommunié [7] . La logique de sa raison, l’intransigeance de sa foi, l’ont « acculé à ce dilemme : se séparer des autres hommes, ou de la vérité. » Il s’est souvenu du dicton russe : « Un vieux qui ment, c’est un riche qui vole » ”
Romain Rolland,
Vie de Tolstoï
(1911)
“ La grande âme de Russie dont la flamme s’allumait, il y a cent ans, sur la terre, a été, pour ceux de ma génération, la lumière la plus pure qui ait éclairé leur jeunesse. Dans le crépuscule aux lourdes ombres du xixe siècle finissant, elle fut l’étoile consolatrice, dont le regard attirait, apaisait nos âmes d’adolescents. Parmi tous ceux — ils sont nombreux en France — pour qui Tolstoï fut bien plus qu’un artiste aimé, un ami, le meilleur, et, pour beaucoup, le seul ami véritable dans tout l’art européen, — j’ai voulu apporter à cette mémoire sacrée mon tribut de reconnaissance et d’amour. ”
Stefan Zweig,
Tolstoï
(1928)
“ Et, comme un malade, en proie aux tourments, à qui la science n’a fait aucun bien, va avec ses infirmités vers les remèdes de bonne femme et les bains de village, Tolstoï, l’homme le plus intellectuel de la Russie, dans la cinquantième année de sa vie, va vers les paysans, vers le « peuple », pour apprendre d’eux, les illettrés, enfin, la véritable foi, — pour apprendre la sagesse auprès des ignorants. ”
Anatole Leroy-Beaulieu,
Revue des Deux Mondes
“ Peu lui importe que le monde, déjà vieux, ait peiné des siècles sur le saint livre et sur les éternelles énigmes, il a le goût du Russe pour la table rase. Il prétend tout apprendre par ses propres lumières et se persuade aisément que tout est encore à trouver. Tolstoï s’étonne, un moment, d’avoir vu le premier ce que des millions de chrétiens avaient cherché avant lui ; mais cela ne le fait pas douter de sa découverte. Il a la confiance de l’adolescent ou de l’homme du peuple qui croit qu’on peut tout découvrir et tout résoudre. ”
“ La foi est à ce prix : c’est le point où toute philosophie, digne de ce nom, rencontre la religion ; quelles que soient leurs trajectoires, le terme des forces est unique, et elles y coïncident. Le Bien est cet infini où Tolstoï ne conçoit même pas que le néant de l’homme résiste, car il ne prend quelque réalité que par rapport à lui. Tous les Russes, à cet égard, ont l’imagination orientale. L’individu leur semble un point, et sa prétention de compter par lui-même une vanité absurde. La politique slave est une expression concrète de cet esprit. La vie universelle hante leur pensée ”
“ On a dit de cette haute classe, où la Russie recrute presque tous ses hommes éminents et ses hommes d’État, qu’elle forme un des groupes humains le mieux doués, le mieux armés pour la vie, et le plus hardis en entreprises, qui se soient produits sur la scène du monde. Tolstoï aurait compté dans leur nombre, s’il avait voulu. Comme ils sont à la tête de la société qu’il voue à la destruction, Tolstoï ne se lasse pas de les combattre : son opiniâtreté et ses sarcasmes sont la mesure de ce qu’ils valent. ”
Paul Féval, Les Mystères de Londres
“ Tolstoï recula comme s’il eût reçu un coup dans la poitrine. — Milord, je n’en gardai qu’un, reprit Rio-Santo avec son implacable courtoisie ; — un seul, le plus petit de tous, — trois lignes écrites et signées avec du sang. — Le serment ! balbutia Tolstoï anéanti. — Précisément, milord. — Le serment où je jurais... Mon Dieu ! mon Dieu ! — Où vous juriez de mettre votre poignard dans la poitrine de Sa Majesté... La Jeune-Allemagne n’y va pas par quatre chemins. — Mon Dieu ! mon Dieu ! répéta le pauvre Tartare, rendu plus faible qu’un enfant par ce choc mortel et imprévu. ”
“ L’action n’est point dans les formes de l’acte : elle dépend de la force de l’âme. Que les âmes soient capables d’agir, — voilà le point. Où le mieux voir qu’en Tolstoï ? — Art, foi, ou religion ; peintures de la guerre et de la paix ; œuvres didactiques ou apostolat parmi les paysans en proie à la famine, — c’est toujours la même force qui agit. C’est toute celle d’un peuple. Toute la vie de la Russie est dans cette âme. Elle doute de soi ”
Antonin-Dalmace Sertillanges,
Le sermon sur la montagne : évangile de guerre et de paix…
(1916)
“ Tolstoï a le malheur de voir le christianisme à travers les déformations schismatiques, et son action à travers les menées de groupes en faveur desquels les portraits qu'il en trace ne nous donnent guère d'estime. Il a goûté la vie sans la foi et elle l'a rebuté par sa sécheresse décevante. « Je suis un oiselet tombé sur le dos, qui crie dans l'herbe haute », soupire-t-il. Il aperçoit par contre de pauvres gens, paysans des steppes russes, qui dans une vie très dure goûtent la paix. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Revue des Deux Mondes
“ Démissionnaire à la paix, le comte Tolstoï voyagea, vécut à Saint-Pétersbourg et à Moscou dans son milieu naturel ; il vit la société et la cour comme il avait vu la guerre, de cet œil attentif, implacable, qui retient la forme et le fond des choses, arrache les masques, perce les cœurs. ”
Stefan Zweig,
Tolstoï
(1928)
“ Tolstoï se réveille de sa profonde méditation; il étreint puissamment de ses genoux les flancs de la jument, afin de sentir maintenant, dans le sifflement du vent, non pas seulement quelque chose de petit et de délicat, mais aussi le fougueux emportement et la passion des sens. Et il galope, il galope, il galope, heureux et sans pensée ; il parcourt ainsi vingt verstes, jusqu'à ce qu'une sueur brillante couvre déjà d'une blanche écume le flanc de la jument. Puis il la guide vers la maison, d'un trot paisible. Ses yeux sont toute lumière, son âme est toute allégée. ”
Romain Rolland,
Vie de Tolstoï
(1911)
“ Comme si nos coteries, d’un jour, pouvaient être la mesure d’un génie !... Et que m’importe à moi que Tolstoï soit ou non de mon parti ! M’inquiété-je de quel parti furent Dante et Shakespeare, pour respirer leur souffle et boire leur lumière ? Nous ne nous disions point, comme ces critiques d’aujourd’hui : « Il y a deux Tolstoï, celui d’avant la crise, celui d’après la crise ; l’un est le bon, et l’autre ne l’est point. » Pour nous, il n’y en a eu qu’un, nous l’aimions tout entier. Car nous sentions, d’instinct, que dans de telles âmes tout se tient, tout est lié. ”
Dimitri Merejkovski,
Le Tsar et la Révolution
“ Tolstoï prit ce vide pour du plein, ce bouddhisme pour du christianisme. Il est plus fort dans sa négation que dans son affirmation religieuse : ce qu’il faut renverser, il le renverse, mais ce qu’il faut créer, il ne le crée pas. C’est un titan aveugle qui creuse dans les ténèbres souterraines et ne voit pas lui-même quel s blocs il déplace et quels cataclysmes pourraient se produire s’il savait où creuser. ”
