Th. Bentzon

Élements biographiques

Th. Bentzon,  Revue des Deux Mondes

“ Tout à coup, par un geste d’une grâce humble et timide, elle la souleva de terre, en voyant entrer Mme d’Estève, comme pour s’abriter derrière cette raison d’être venue. Et la mignonne tendit les bras ; elle riait. Avait-elle oublié déjà qu’elle était orpheline ? En réalité, elle ne l’était plus, car Mme d’Estève s’était élancée vers elle d’un mouvement irrésistible et la serrait contre son cœur :
— Guy ! mon pauvre Guy ! Ah ! c’est vraiment Guy dans ce temps-là, quand il m’est resté après la mort de son père, comme le seul bien que j’eusse au monde !
”
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Th. Bentzon,  Un roman américain. — Ma femme et moi…

“ Les fenêtres de certaines maisons semblent bâiller d’un air de paresse ou d’ennui, d’autres s’ouvrir d’un air de cordialité hospitalière. La maison d’Éva est toute chaleur et toute gaîté : elle est l’expression même des qualités de la fée qui l’habite ; elle ne ressemble à aucune. La simplicité de cette maisonnette éclipse, par le goût et l’esprit aimable qu’elle trahit, le faste des plus riches demeures ; — mais elle est dans un quartier excentrique, dans le voisinage immédiat de petites gens ; — mais il y manque beaucoup de choses qui pour les femmes du monde sont le nécessaire. ”
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Th. Bentzon,  Revue des Deux Mondes

“ C’est là que l’inspiration est venue à Sidney Lanier, là sur « la plage grise, étincelante comme la ceinture même de l’aurore ». Son âme « tout le jour avait bu dans les nefs de la forêt l’âme du chêne », et maintenant, affermi contre les hommes, le poète ose aborder « la longueur, la largeur, la majestueuse courbe des immenses marais de Glynn ». Ils l’attirent, le fascinent ; je ne crois pas qu’on ait jamais poussé plus loin le choix des mots qui évoquent les visions de la nature et qui sont en eux-mêmes musique, couleur, parfums. ”
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