Résumé

Th. Bentzon Les Humoristes américains

J’envie aux Européens, nous dit-il, de se reposer si souvent. Le charme principal de la vie européenne est le loisir ; en Amérique, nous nous hâtons toujours, et, le travail de la journée fini, nous ne parvenons pas à nous en distraire, comme font les Européens, qui prennent des glaces ou d’autres breuvages doux en écoutant de la musique, vont se coucher d’assez bonne heure et dorment bien. La nuit, nous pensons à nos pertes, à nos gains, nous emportons nos affaires au lit ; nous nous dévorons de soucis et d’excitations ; nous sommes vieux quand un Européen est encore à la fleur de l’âge.
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Th. Bentzon Les Humoristes américains

MARK TWAIN. Le pays qui a produit Rabelais et Voltaire, les Pamphlets de Courier et les Lettres persanes n’a certainement rien à envier sous le rapport de la raillerie légère et piquante ni de la gaîté spirituelle : nous avons, de l’aveu général, poussé au suprême degré l’art délicat du badinage ; il n’en est pas moins vrai que l’humour, bien qu’il relève de l’esprit, dont la vraie patrie est en France, nous demeure étranger à ce point que nous n’avons su jusqu’ici ni traduire le mot, ni définir la chose.
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Th. Bentzon Les Humoristes américains

L’humour, quelque ingénieux qu’il soit, nous semble être une sorte de maladie propre aux parages brumeux, autant pour le moins qu’une qualité littéraire. Si, comme l’a fait Alfred de Musset par exemple, nous lui empruntons son amertume exotique pour l’ajouter au sel plus franc de notre gaîté gauloise, éclose, épanouie en plein soleil, ce n’est jamais sans précautions ni méfiance : nous craindrions de jongler trop hardiment avec le crâne de Yorick et encore plus avec les facétieuses planètes de Jean-Paul. L’humour anglais, lugubre en somme, nous serre le cœur
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