Résumé

Léon Boucher Charles Dickens et son dernier biographe

Nicholas Nickleby, qui marque dans la manière de Dickens un sensible progrès, indique que l’horizon de l’écrivain s’est agrandi. Ce ne sont plus seulement des scènes détachées comme dans Pickwick, ou des peintures du monde des voleurs comme dans Oliver Twist; c’est avec la même verve, avec le même bonheur d’observation, un plus grand emploi de la gaîté, de l’imagination et de l’art d’écrire. Ce n’est plus seulement pour amuser que Dickens prend la plume, c’est pour attaquer des abus ou pour défendre une cause. Le romancier, devenu moraliste, se fait une arme du roman.
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Léon Boucher Charles Dickens et son dernier biographe

Ce ne sont pas seulement les esprits fins et lettrés qu’il a charmés pendant un quart de siècle, c’est tout un peuple qu’il a eu pour admirateur. Il y a là une raison de gloire durable. Savoir plaire à la fois aux délicats et à la foule, c’est le secret des maîtres, et la façon dont Dickens a pénétré dans l’esprit et dans le langage même de ses contemporains prouve que ce secret-là ne lui a pas été inconnu. Si jamais l’auteur de David Copperfield venait à ne plus avoir de prise sur les âmes de ses compatriotes, c’est que l’Angleterre elle-même serait bien changée.
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Léon Boucher Charles Dickens et son dernier biographe

Comme naguère dans Pickwick, c’était à torrens que débordait la gaîté, tantôt ironique et mordante, tantôt fantastique et bouffonne, et toujours sous cette forme imprévue qui était un des grands charmes de ce jeune talent. A ce courant s’entremêlait un élément pathétique de bon aloi; on était pris par les entrailles, et, larmes de rire ou larmes de pitié, les yeux se mouillaient sans cesse. Et c’est là, pour le dire en passant, un point où Dickens se montrait supérieur à ses maîtres, Smollett et Fielding, et aux romanciers de l’âge précédent.
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