Théodore Jouffroy

Résumé

Théodore Jouffroy Revue des Deux Mondes

Quelle figure espérez-vous faire à leurs yeux, vous qui reconnaissez des nobles et des rois, vous qui admettez qu’il y ait des hommes plus sages que d’autres, et devant l’opinion desquels il est bien de courber la sienne ; vous, qui en un mot, reconnaissez une autorité supérieure à celle de l’individu ? L’Américain a pitié de vous ; il vous considère comme des aveugles ou des sots, portant le joug des vieux préjugés de l’Europe, infiniment en arrière de la jeune Amérique dans la carrière de la civilisation. Vous lui êtes inférieurs en politique, donc vous lui êtes inférieurs en tout.
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Théodore Jouffroy Revue des Deux Mondes

Dans les démocraties, le peuple gouvernant lui-même, la politique l’absorbe, et la religion n’a plus sur lui qu’une faible prise. Mais cela n’est vrai que des hommes qui seuls gouvernent, et ne saurait l’être des femmes, enveloppées par la démocratie dans le même délaissement que la religion, et toujours d’autant plus amoureuses de Dieu qu’elles sont plus négligées des hommes. De là aux États-Unis ce singulier phénomène exprimé et résumé par mistress Trollope dans cette phrase concise : « Je ne sache pas un pays où la religion ait tant d’empire sur les femmes et si peu sur les hommes. »
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Théodore Jouffroy Revue des Deux Mondes

J’en voudrais beaucoup à mistress Trollope si elle n’eût pas gardé fidélité à nos bonnes habitudes monarchiques. Je déclare qu’en les sacrifiant à des idées, à de pures idées, elle se perdait entièrement dans mon imagination. J’en aurais conclu qu’elle n’a jamais été belle, et me souvenant de lady Morgan, j’aurais mis sur le compte de sa figure un libéralisme aussi impitoyable. Quelle femme, en effet, a pu jouir du pouvoir de sa beauté, et pourrait renoncer à un principe de gouvernement qui met la beauté sur le trône et le monde à ses pieds ?
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