“ C’est ainsi, par exemple, que la sensibilité féminine ayant été examinée par lui sous la plupart de ses aspects, une étude des principaux types de femmes, surtout des femmes contristées et torturées par l’existence, se trouvera être en même temps une étude de la sensibilité féminine. ”
Condition féminine
Définition et enjeux
Citations sur “condition féminine”
R. von Krafft-Ebing, Étude Médico-Légale: Psychopathia Sexualis
“ Quand on est obligé de cacher son état à sa femme dont on devine les pensées, parce qu'on est aussi femme, tandis qu'elle a nettement deviné qu'on s'est transformé d'âme et de corps! Et les tourments que nous causent les combats que nous avons à soutenir pour surmonter la mollesse féminine! ”
Auguste Comte,
Système de politique positive, ou Traité de sociologie…
(1851)
“ Tel est le but essentiel de l'existence domestique, et le caractère général de ses perfectionnements successifs. Dans chacune de ses phases naturelles, l'influence féminine se présente toujours comme devant prévaloir, d'après une meilleure aptitude au mode correspondant d'évolution morale. Nous sommes, à tous égards, et même physiquement, beaucoup plus les fils de nos mères que de nos pères. ”
Léon Abensour, Histoire générale du féminisme
“ En même temps que les hommes, les femmes, celles du moins qui pensent et qui réfléchissent, recommencent, comme elles le firent au seizième siècle et au début du dix-septième, à s’agiter pour l’émancipation au moins morale et intellectuelle de leur sexe. Et sous des plumes féminines, renaissent des apologies. ⁂ Les philosophes et la question féminine. — Pas de philosophe, disons-nous, qui, à propos de morale, de théologie, de législation ou de sentiment, n’étudie un des aspects multiples du grand problème que posent dans la famille ou la société les rapports des sexes. ”
Fredrika Bremer,
Nouveaux Tableaux de la vie privée…
(1862)
“ Pourquoi suis-je une femme? Si j'étais homme, la vie et l'action me seraient faciles. Comme femme, je suis obligée de m'incliner pour conquérir la liberté. Misérable dépendance ! misérable condition de la femme ! ”
Lucie Delarue-Mardrus,
Comme tout le monde
“ — Ils veulent être trompés, ma chère. Cela leur ôte un peu du fardeau de l’âme féminine. C’est trop lourd à porter pour un seul, l’âme d’une femme. ”
Mór Herczeghy,
La femme au point de vue physiologique…
(1864)
“ Si l'on considère, dit-elle, en les comparant, trois femmes célèbres qui ont fixé les regards de la France moderne, on reconnaîtra dans leur génie, avec les qualités les plus opposées, qu'il faut attribuer, je crois, au milieu très-différent dans lequel elles ont vécu, un défaut identique, inhérent peut-être à la nature féminine. ”
Georges Bellerive, Brèves apologies de nos auteurs féminins
“ Évoquer ce nom, n’est-ce pas se souvenir de toute une longue série d’efforts, de dévouements, de sacrifices au bénéfice des classes féminines ? N’est-ce pas se convaincre de tout ce que peut faire une femme de bien pour le bonheur et l’avancement de son sexe ? ”
“ Nous n’avons d’abord, probablement, qu’une petite inclination vers notre sexe ; puis chaque circonstance favorable qui se produit dans le cercle de notre existence vient renforcer cette inclination... ”
H M Gourrier, Réglementation de l'union conjugale… (1875)
“ Au point de vue moral, c'est le sexe qui fait l'être, l'individualité. C'est par le sexe et le libre arbitre bien ou mal régis que l'adulte marche bien ou mal en ce monde. Enlevez au sujet le sexe, et vous effacez à la fois de la vie le mariage, le but et la couleur. Vous altérez le sentiment, le cœur, l'amour, la poésie. ”
“ Si j’ai repris les vêtements et les occupations de mon sexe, je n’en ai pas moins conservé en moi cet instinct de la grandeur morale et ce calme de la force qu’une éducation mâle a développés et cultivés dans mon sein. Il me semble toujours que je suis quelque chose de plus qu’une femme, et aucune femme ne peut m’inspirer ni aversion, ni ressentiment, ni colère. ”
Louise-Félicité de Keralio,
Amélia et Caroline, ou L’amour et l’amitié
“ On a reconnu de tout temps chez les femmes un tact fin, un sentiment délicat des convenances sociales et ce sont des femmes qui placent le plus souvent leurs héroïnes dans des situations tout à fait inconvenantes, au sexe, à l’âge, et je dirai même à la constitution. ”
Robertine Barry,
Chroniques du lundi
“ Cependant, en approfondissant bien la question de l’émancipation de la femme, on peut se demander à quoi on doit ce mouvement féministe, qui s’accentue tous les jours davantage, et qui, par quelques exagérations même, dépasse peut-être le but mais pour mieux l’atteindre ? ”
Paul Flat, Nos femmes de lettres
“ Créer, Conserver... ce sont les deux termes où vient aboutir l'effort du sexe qui nous donna nos mères, nos sœurs, nos amantes et nos épouses. Si puissante l'unité de constitution mentale qui les régit, que cherchons en chacune les mêmes traits fondamentaux, diversifiés seulement dans le détail par les exigences de notre nature subordonnée elle-même à la volonté de vie qui se perpétue par elles. ”
Léon-Paul Fargue,
Le Piéton de Paris
“ Le développement de l’égalité sexuelle par les vagues de sport, la mise à nu des femmes dans les music-halls, la vulgarisation de la poudre de riz, des massages et du bas de soie ont tué le mystère indispensable à la primauté féminine et à l’éclat du Parisianisme. ”
Jean-Jacques Rousseau,
Émile, ou De l’éducation
(1762)
“ Après avoir tâché de former l’homme naturel, pour ne pas laisser imparfoit notre ouvrage, voyons comment doit se former aussi la femme qui convient à cet homme. Voulez-vous toujours être bien guidé, suivez toujours les indications de la nature. Tout ce qui caractérise le sexe doit être respecté comme établi par elle. Vous dites sans cesse : les femmes ont tel & tel défaut que nous n’avons pas. Votre orgueil vous trompe ; ce seroient des défauts pour vous, ce sont des qualités pour elles ; tout iroit moins bien si elles ne les avoient pas. ”
Charles François Menville, Histoire médicale et philosophique de la femme… (1858)
“ La femme, cette plus belle moitié de nous-mêmes, cette tige essentielle du genre humain, cette fleur de la nature vivante, y paraît dans toute sa beauté, dans toute sa puissance, dans toute sa fragilité. ”
George Sand,
Lucrezia Floriani
“ Travailler à l’aiguille, s’occuper des petits soins de l’intérieur, cultiver la superficie de quelques talents, devenir épouse et mère, s’habituer à allaiter et à laver des enfants, voilà ce qu’on appelle être une femme faite. ”
“ Or, on s’ingénie et s’évertue à élever les filles comme les garçons, à vouloir, en dépit de la nature et du bon sens, que la femme, qui est anatomiquement, dans son sexe, un homme retourné, un mâle à l’envers, et, par conséquent, devrait faire tout le contraire du mâle, ait les mêmes occupations, les mêmes devoirs, les mêmes charges, le même rôle que lui; on fait tout, en d’autres termes, pour éloigner et dégoûter l’homme de la femme. ”
Séverin Icard, La femme pendant la période menstruelle… (1890)
“ Il y a une fonction chez les femmes qui, même dans l'état physiologique, ébranle souvent leur moral et a fait dire de celles qui ont été célèbres par leur esprit viril, qu'elles cessaient alors d'être femmes. ”
André Laurie,
L'héritier de Robinson,
(1884)
“ Les femmes donnaient à leur parure un temps et des soins tout à fait exagérés. Les hommes les suivaient dans cette voie, oubliaient les exercices et les travaux de leur sexe pour les niaiseries d'une vie molle et sédentaire. ”
Rodolphe Rey, Genève et les rives du Léman (1868)
“ Tandis que le sexe réputé fort et qui se donne pour raisonnable, dérive vers la matière, le sexe fragile, imaginatif, travaillé par la délicatesse de ses organes, est celui qui donne l'exemple du renoncement et de la conduite. ”
Charles Dubreuilh, Quelques considérations sur le développement de la sensibilité aux diverses époques de la vie de la femme… (1859)
“ La sensibilité de la femme appartenant aux rangs inférieurs de la société ne nous apparaîtrait qu'avec des caractères qui ne lui appartiennent point en propre. Comment suivre, d'ailleurs, cette sensibilité dans toutes les péripéties douloureuses d'une existence livrée au hasard des influences que la civilisation multiplie chaque jour? ”
Julie-Victoire Daubié,
L’émancipation de la femme
“ D’autres appliqueraient un jugement aussi sévère à la manière dont les fonds d’éducation et de bienfaisance qui autrefois étaient destinés aux hommes et aux femmes, aux garçons et aux filles, ont été accaparés pour le seul bien du sexe le plus faible, non, je me trompe, du sexe le plus fort. ”
Anne-Thérèse de Lambert,
Réflexions nouvelles sur les femmes
“ Je crois, dit-il, moins impossible de trouver dans les Femmes la saine raison des hommes, que dans les hommes les agremens des Femmes. Je demande aux hommes de la part de tout le sexe : Que voulez-vous de nous ? vous souhaitez tous de vous unir à des personnes estimables, d’un esprit aimable & d’un cœur droit. Permettez-leur donc l’usage des choses qui perfectionnent la raison. Ne voulez-vous que des grâces qui favorisent les plaisirs ? Ne vous plaignez donc pas si les Femmes étendent un peu l’usage de leurs charmes. ”
Fredrika Bremer,
La vie de famille dans le Nouveau-Monde
“ En lui faisant ma visite de remercîment, j’ai trouvé en elle une personne vive, à cœur chaud, zélée surtout pour le développement de son sexe, sous le rapport d’une vie matérielle, aussi bien qu’intellectuelle plus indépendante. ”
Camille Pert,
La petite Cady
(1910)
“ C’est le satiné, la fermeté, la fraîcheur savoureuse de l’épiderme qui rend irrésistibles tant de femmes à peine jolies... Est-ce qu’il ne vaut pas mieux consacrer des heures à sa toilette, aux mille soins intimes de son corps — un trésor sans pareil, vois-tu, que le corps féminin — que de s’occuper de politique, de piocher les sciences, le droit, la médecine, même les arts ?... ”
Jeanne Louise Henriette Campan,
Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette
(1822)
“ Elle estimera, comme femme de mérite, l’institutrice qui, avec fermeté, exige de ses élèves de remplir tous leurs devoirs, et regardera comme une femme dénuée de toutes les qualités qui distinguent notre sexe, celle qu’elle appelait dans sa première jeunesse toute bonne et toute aimable, parce qu’elle cédait à ses caprices et favorisait sa paresse. ”
Lawson Tait,
Traité clinique des maladies des femmes
(1891)
“ Pendant la plus grande partie de mon existence, je me suis occupé de l'étude et de la pratique des maladies spéciales au sexe féminin, et je me félicite vivement d'avoir le bonheur d'appartenir à l'autre sexe. ”
Marcel Prévost,
Lettres à Françoise
(1910)
“ D’abord, convenons que le type de la jeune fille frêle, vaporeuse, délicate de la poitrine, type cher aux conteurs de la période romantique, n’est pas celui dont rêvent aujourd’hui les courtisans de votre sexe. La science moderne, avec ses précisions vulgarisées, est la cause principale du changement. ”
Charles Dubreuilh, Quelques considérations sur le développement de la sensibilité aux diverses époques de la vie de la femme… (1859)
“ La femme, Messieurs, n'est pas seulement femme par une série ou un appareil d'organes où la physionomie sexuelle se montre avec plus d'expression, ou par des attributs enchanteurs que nous nommons charmes; elle est femme par son excessive sensibilité, qui forme le fond de tous les tableaux que la plupart des moralistes ”
Pierre-Joseph Proudhon,
La Pornocratie, ou les Femmes dans les temps modernes
“ Faites de la lumière dans les intelligences, elles reviendront aux bonnes mœurs ; faites de la lumière dans les consciences, obligez les cœurs à croire à la justice, ils se referont bientôt des théories, une doctrine, une philosophie, une science universelle. C’est pourquoi la femme, dont les allures, les habitudes, l’esprit ou les mœurs, sont en sens contraire des aptitudes de son sexe, ne tarde pas à perdre, avec toutes les vertus de ce sexe, le sens moral et le sens commun. ”
L. Étienne, Le Théâtre de 1869 à 1872
“ L’auteur qui a divisé quelque part tout le sexe féminin en deux classes, celle des demoiselles et celle des mères, a exprimé dans cette phrase un sentiment très honnête et très pur, mais qui découronne en un sens la vie humaine et la prive d’une de ses beautés. ”
Olympe de Gouges,
Les droits de la femme
“ En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivans de la Femme et de la Citoyenne. ”
“ Question grave qui ne résulte pas d’un caprice de la mode ou d’un engouement passager, le féminisme crée un courant chaque jour plus profond et plus fort. Ce courant atteint les idées et emporte les mœurs. ”
Jean-Jacques Rousseau,
Émile, ou De l’éducation
“ Je vois où tendent les maximes de la philosophie moderne en tournant en dérision la pudeur du sexe et sa fausseté prétendue ; et je vois que l’effet le plus assuré de cette philosophie sera d’ôter aux femmes de notre siècle le peu d’honneur qui leur est resté. ”
Odette Dulac,
La Houille rouge
“ Quand l’œil du mâle se complait dans une ligne, la femelle l’exagère d’elle-même pour exaspérer le désir dont dépend son état de mineure légale. Donc, vous le voyez, le ventre rentre, les hanches se resserrent et nous arrivons insensiblement à gêner toutes les fonctions de l’être féminin. ”
Clarisse Arnoult, La régénération pratique et sociale (1872)
“ Tout en sachant garder la loi suprême de son sexe, la femme, qu'une instruction supérieure est venue, en quelque sorte , polir et compléter, admirera le monde avec ses beautés ravissantes; la société avec ses sérieux devoirs, avec ses charmes qui énervent, et considérera avec dignité les déceptions dont elle est l'objet. Ainsi se révèle dans le monde la femme qui sait résister aux faiblesses de son sexe, à l'orgueil dans sa plus grande élévation, et à l'abattement dans la douleur. ”
Armand Pierre Gourvat, Le trésor de la femme et de la jeune fille… (1879)
“ Apprendre à la femme à se connaître dans ce qui la distingue de l'homme, lui dévoiler les secrets de son organisation, le cours normal et régulier des fonctions inhérentes à son sexe, lui montrer les entraves et les désordres graves qui peuvent en troubler l'harmonie, lui faire saisir les causes multiples du dérangement et de la suppression de ses attributs essentiels et spéciaux. ”
Hippolyte Rigault,
Conversations littéraires et morales
(1859)
“ Quand vous réfléchissez, messieurs, vous daignez reconnaître que les femmes sont douées des mêmes facultés que vous : les degrés diffèrent, et non pas les natures; il n'y a pas de sexe pour les esprits. ”
Léon Bloy,
Lettres à sa fiancée
(1922)
“ Le central concept de ce livre est le sexe physiologique de la femme autour duquel s’enroule ou se débobine implacablement sa psychologie tout entière. Pour parler net, la femme dépend de son sexe, comme l’homme dépend de son cerveau. ”
Paul Otlet,
Les Problèmes internationaux et la guerre…
“ Au point de vue de la finalité profonde et naturelle de l’instinct sexuel, celui-ci, avec tous les sentiments, instincts et passions qui s’y rattachent, est ordonné à la transmission de la vie, à la génération. ”
Michel Villemont, Hygiène de l'amour et du mariage… (1883)
“ Si les femmes en prenaient, avait-il la faculté d'exciter les sens dans un sexe tandis qu'il rendait l'autre insensible? Ne croyons pas aveuglément toutes les anecdotes qui se trouvent dans l'histoire des sciences et des arts. ”
Séverin Icard, La femme pendant la période menstruelle… (1890)
“ La femelle n'a qu'à se laisser guider par l'instinct, tandis que la femme, supérieure par la raison, se trouve arrêtée par mille considérations de morale, d'honneur, d'intérêt, par les principes de son éducation et par toutes les entraves que la société moderne apporte aux mouvements les plus impérieux et à la réalisation des aspirations les plus naturelles. ”
Albert Callet, Une grande dame de la cour de Louis XV: La duchesse d'Aiguillon…
“ Or, dans la vie familiale et dans la vie mondaine—les deux pôles contraires de notre organisme social—la femme trouve des éléments d’observation qui aiguisent ses relations épistolaires, si banales soient-elles, des traits les plus fins et les plus délicats. ”
Jenny d’Héricourt,
La Femme affranchie
(1860)
“ Ainsi Messieurs, toute ma pensée sur la nature et les fonctions de la femme peut se résumer dans les quelques propositions suivantes : Je crois, parce qu’une induction physiologique m’y autorise que, sur le fonds général de l’humanité, commun aux deux sexes, la sexualité imprime un cachet. ”
