Léon Bloy,
Lettres à sa fiancée
(1922)
“ Dire que l’âme est petite parce que le corps est petit, c’est une niaiserie à faire reculer les étoiles.Assez de critique, n’est-ce pas ? Ma Jeanne bien-aimée, je suis ton pauvre amant bien triste, bien seul, et dont le cœur a bien froid quand tu lui manques. Ta pensée ne me quitte pas un seul instant. Quand je souffre, je te parle en te supposant présente, je t’implore comme une consolatrice, comme j’implorerais Dieu lui-même. Quand je ne souffre pas, je te parle encore. Le jour, la nuit, tu es dans mes bras, sur mon cœur. Enfin je ne vis qu’avec toi, pour toi, par toi et en toi. ”
