Résumé

Portrait de Pierre-Joseph Proudhon Pierre-Joseph Proudhon La Pornocratie, ou les Femmes dans les temps modernes

L’homme, c’est Adam ; c’est la nature, la chair, la matière. La femme, c’est Ève, c’est la vie, c’est l’âme, c’est le mystérieux tétragramme הדוה ou ידוה de l’ineffable toute-puissance divine. Aussi la femme est-elle le complément de la création ; après lui avoir donné l’existence, Dieu se reposa comme fatigué d’une œuvre aussi parfaite. La femme eut pour berceau le paradis, l’homme reçut le jour au milieu des brutes. La femme est supérieure à l’homme par l’esprit autant que par la beauté, ce reflet de la divinité, ce rayon de la céleste lumière ; bien plus, la femme, c’est Dieu lui-même.
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Rien de ce que possède l’homme, de ce qu’il peut créer ou acquérir, ne saurait payer la beauté. Les caresses mêmes de l’amour ne sont pas un prix digne d’elle : des amants qui se prennent pour cause de volupté sont des égoïstes, leur union n’est point un mariage, la conscience universelle l’a appelée fornication, paillardise, libertinage. L’homme digne, dont le cœur aspire à la possession de la beauté, comprend de suite une chose, c’est qu’il ne peut l’obtenir que par le dévouement. Lui qui a la force, il se met aux pieds de la femme, il lui consacre son service et se fait son serviteur.
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En fait, nous ne connaissons, nous ne saisissons, voyons, touchons, palpons, mesurons que des collectivités, des groupes, des volumes, des conglomérats ; l’unité élémentaire ne se laisse prendre nulle part. Le réel, c’est le multiple, la série, la synthèse ; l’abstrait, l’absolu, c’est l’atome. Comment donc se fait-il, madame, que, cherchant le réel, le concret, l’idéal, et fuyant l’absolu, vous arriviez constamment, dans votre philosophie, à vous tromper d’adresse ; que vous preniez toujours l’absolu pour le relatif, le concret pour l’abstrait et vice versa ?
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