Marcel Prévost,
Lettres à Françoise
(1910)
“ N’y cédez pas, Françoise. A l’aube du mariage, faites comme votre mère, comme vos aïeules, le traditionnel pèlerinage vers l’inconnu, vers la solitude à deux, vers le rêve. Sans doute la vie est un tissu de joies et de peines; il faut se fortifier le cœur à l’avance pour soutenir tous les chocs qu’elle nous destine. Est-ce une raison pour refuser, dès le commencement de la route, le meilleur viatique: l’espoir—dût à cet espoir se mêler une dose d’illusion?...—Les sages, voyez-vous, ma jolie nièce, se gardent bien de chasser l’illusion de leur vie, sous prétexte d’éviter les déceptions. ”
