“ Hélas ! cette pure et tendre union ne peut être que passagère ; la nature nous pousse en avant, et ne permet pas à l’amour de revenir vers lui-même. Opération douloureuse, de séparer le cœur du cœur, de calmer, d’harmoniser ce naïf élan de l’enfant, de l’amener à la sagesse : « Chère enfant, dans ce bel âge de vie puissante et rayonnante qui te vivifie toute chose, une t’échappe qu’il faut bien te rappeler parfois, la mort ! « Notre amour immortel pour toi n’y fait rien ; ta mère et moi, bientôt nous t’échapperons... Que serait-ce, si, m’aimant trop, tu épousais en moi... le deuil ?... » ”
Jules Michelet
Résumé
La Femme, œuvre majeure de Jules Michelet, explore avec passion les rôles de la femme dans la société, celui de mère, d’épouse et d’éducatrice. Publié dans un contexte où les rapports de genre sont en transformation, le texte mêle réflexions philosophiques et émotions poétiques, soulignant la tension entre amour et devoir.
À travers des thèmes comme la maternité, la tendresse et la bonté, Michelet célèbre la force spirituelle et morale de la femme, tout en abordant ses combats intérieurs. L’ouvrage, structuré comme un essai, invite à une réflexion sur l’harmonie entre vie affective et responsabilités sociales, affirmant que la femme, par son amour, façonne le monde.
Citations de La Femme (Jules Michelet)
“ C’est comme la mère blessée en allaitant, et qui veut allaiter. Un étrange combat se fait, où celui qui désire résiste au dévouement. S’il est fort, magnanime, s’il se prive, à force d’amour, oh ! son cœur fond, à elle, et, dans son attendrissement, elle paye surabondamment de caresses, de baisers, de larmes, et le comble, et l’enivre. Elle ne compte plus avec lui, se donne en cent choses charmantes, bref, rend la sagesse impossible. Le vertige l’emporte. Il prend dans le remords la volupté amère. Mais, n’ayant de l’amour que le côté sublime, elle, dans la douleur, elle goûte la divine unité. ”
“ La douleur, se taisant, fait place à un doux engourdissement qui n’est pas sans quelque charme, comme celui du blessé qui se plaît à voir écouler sa vie. Mais ici c’est un bonheur ; si elle diminue en elle, elle se sent augmenter en lui. Elle en éprouve un étrange et profond ébranlement jusqu’aux sources de son être, et dit : « Bois, c’est mon plaisir ! » Lui, son invincible puissance qui fait que, quoi qu’il advienne, elle ne peut plus s’en détacher, c’est que, la connaissant, l’aimant, il est, et de sa vie physique, et déjà de son jeune cœur, tout en elle, en elle absorbé. ”
