“ C’est la tendresse de l’homme qui manque à ces enfants de vingt ans. L’affection des parents, la camaraderie, l’activité intellectuelle, l’ambition permise ne comblent pas un cœur de jeune fille, et le désir masculin qui s’offre lui fait pressentir, plus amèrement, à certaines minutes de clairvoyance, ce que pourrait être le bonheur, si le désir était l’amour. C’est le drame de la jeunesse d’aujourd’hui, ce besoin de l’amour qui existe, dans le cœur des filles, même dans le cœur de celles qui ont donné ou laissé prendre leur corps. ”
Marcelle Tinayre
Résumé
"Marriage", œuvre de Marcelle Tinayre, explore les enjeux émotionnels et sociaux des relations conjugales à travers les destins de personnages comme Juliette et Philibert. En s'appuyant sur des thèmes tels que l'amour, la jalousie, la maternité et la rivalité féminine, Tinayre dévoile les tensions entre désir et devoir, intimité et retenue.
Les citations révèlent une réflexion sur la vulnérabilité des femmes face à l'isolement conjugale, la complexité des liens familiaux, et la recherche de bonheur dans un cadre social rigide. L'œuvre dialogue avec des textes similaires comme "Le Bonheur conjugal", en questionnant les fondements de l'union matérielle et affective.
Citations de Mariage (Marcelle Tinayre)
“ C’est un cas de jalousie rétrospective qui peut exister dans une liaison chaste, et qui vient du cœur et de l’esprit sans émouvoir les sens. Même dans une passion où les sens ont suivi le cœur, la jalousie du passé n’est pas ordinaire aux femmes. Elles savent bien que leur mari ou leur amant a eu des maîtresses, et elles n’en souffrent guère pourvu qu’elles soient sûres d’être préférées. L’instinct de rivalité qui fait la femme impitoyable à la femme, dès que l’amour est en cause, y trouve même une satisfaction. Il y a les femmes qui plaignent une rivale malheureuse, et lui rendent justice. ”
“ Elle est l’amour ; elle n’est que l’amour ; elle est tout l’amour. Sa tendresse maternelle est dissociée de cette passion, puisque sa fille n’est pas la fille de Victor Hugo. L’amitié lui est interdite. Sa vie intellectuelle, resserrée dans l’œuvre hugolienne, ne peut ni s’étendre, ni se nourrir d’aliments nouveaux. La décision sans appel du maître condamne son corps et sa pensée à la réclusion. Il ne lui est permis que d’aimer. Aussi l’amour, la jalousie inséparable de l’amour, et la servitude passionnée, apparaissent-ils, à nu, chez Juliette. Le fond primitif du Féminin s’y révèle. ”
