Léon Abensour

Élements biographiques

Léon Abensour Histoire générale du féminisme

Là l’amour est au contraire le grand, le seul mobile ; ce sont les orages de la passion et de la jalousie qui, dans le beau poème où vivent les sublimes figures d’Ysolde et de Tristan, seuls déchaînent la guerre. C’est pour plaire à une femme, mieux, pour la mériter, que Lancelot, que Perceval le Gallois s’en vont par le monde, bravant les périls. C’est jeu pour le vrai chevalier que de briser les obstacles qui se dressent devant son amour. Pour être digne de l’aimée, pour mériter le don précieux de son corps, le don plus précieux de son âme, il s’imposera des épreuves inutiles.
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Léon Abensour La Femme et le Féminisme avant la Révolution

Des femmes galantes moins en vue se dessinent à demi dans une lumière sans éclat qui leur donne une douceur et semble leur laisser une modestie. L’amour vénal qu’elles représentent emprunte à la jeunesse de leurs goûts, à l’air qu’elles respirent, à la campagne qu’elles habitent, je ne sais quelle innocence légère mêlée à un vague parfum d’idylle... Le xviiie siècle cache parmi ses courtisanes toute une famille de femmes semblables qui sauvent tout ce que la femme peut sauver d’apparences dans le vice aimable, tout de de constance dans l’amour qui se livre et qui s’attache.
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Léon Abensour La Femme et le Féminisme avant la Révolution

Comme tout régime d’autorité, comme la Rome républicaine, comme la France de Napoléon, la monarchie absolue a pour substruction première une très forte organisation de la famille : l’autorité du père, héritier du pater familias, doit, sur la femme comme sur les enfants, s’exercer sans restriction aucune. Parler aux femmes d’émancipation, c’est les dresser contre leur maître légitime, contre celui qui dans la famille représente le roi et Dieu. C’est porter l’anarchie au sein de la petite société qui est l’image réduite de l’État.
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