Eugène-Louis Blanchet, En représailles (1918)
“ Et depuis deux mois, au réveil, c'est la sensation de la faim torturante... Et voici les colis ! Nous rions comme des gosses, nous caressons des boîtes de conserve, des paquets de riz et de farine, des boîtes de chocolat. A quatre, il m'en souvient, certes, nous mangeons six grosses boîtes de viande, une énorme gamelle de pâtes, un fromage entier, trois pots de confiture. Quel festin ! Ces quinze ou vingt colis qui nous arrivent à la fois, il faut les dévorer dans le plus bref délai car on nous a dit que nous allons quitter le cantonnement et qu'aucun supplément de bagage ne sera autorisé. ”
